À chaque fois qu’il semble tituber, le DG des Penguins de Pittsburgh, Jim Rutherford, nous surprend.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Rutherford jonglait avec l’idée de faire exploser son noyau vieillissant cet été. Il ne s’en est même pas caché. Finalement, il s’est contenté d’échanger Phil Kessel, à couteaux tirés avec son entraîneur.

La défense semblait défaillante. Il l’a rebâtie en deux temps, trois mouvements. Sa nouvelle deuxième paire de défenseurs, Marcus Pettersson et John Marino, lui a coûté Daniel Sprong, toujours dans les mineures, et un choix de sixième ronde.

Marino, un droitier de 22 ans, est le défenseur le plus utilisé à l’heure actuelle après Kristopher Letang. Repêché en sixième ronde par les Oilers d’Edmonton en 2015, il n’avait toujours pas signé de contrat et planifiait disputer une quatrième saison à Harvard cet hiver. Rutherford l’a obtenu pour une bouchée de pain.

L’échange pour Pettersson, en décembre 2018, n’a pas fait l’unanimité au départ. Daniel Sprong a jadis été considéré comme le meilleur espoir à l’attaque des Penguins. Mais il demeurait un marqueur plutôt unidimensionnel.

Rutherford a mal paru dans les mois après l’échange. Sprong a marqué 14 buts en seulement 47 matchs à son arrivée à Anaheim. Mais le jeune homme a passé l’essentiel de la saison actuelle dans la Ligue américaine. Pettersson, lui, a signé lundi une prolongation de contrat de cinq ans évaluée à 20 millions.

Comme le Canadien, les Penguins ont été accablés par les blessures cet hiver. Sidney Crosby a raté 28 matchs. Evgeni Malkin a raté 13 matchs. Bryan Rust a raté 14 matchs. Justin Schultz a raté 23 matchs. Bryan Dumoulin a raté 27 matchs. Nick Bjugstad a raté 40 matchs. Jake Guentzel est fini pour la saison. Le gardien Matt Murray connaît une saison ordinaire.

Et pourtant, les Penguins montrent une fiche de 31-14-5, au deuxième rang de la division Métropolitaine, à six points des Capitals de Washington. Ils sont quatrièmes au classement général. Tout à l’honneur de l’entraîneur-chef Mike Sullivan, de son adjoint Jacques Martin et de tout le personnel. Ces hommes trouvent le moyen de faire gagner l’équipe malgré les embûches.

Rutherford n’est pourtant pas parfait. Le pari avec Alex Galchenyuk, obtenu pour Kessel, n’a pas rapporté. L’ancien du Canadien a seulement 5 buts et 16 points en 41 matchs et il a souvent été écarté de la formation récemment. Mais au moins, le contrat de ce troisième choix au total en 2012 vient à échéance à la fin de l’été.

PHOTO CHARLES LECLAIRE, USA TODAY SPORTS

Alex Galchenyuk

Les Coyotes de l’Arizona, eux, sont liés avec Kessel pour deux autres saisons à un salaire annuel de 6,8 millions. Kessel a 31 points, dont seulement 11 buts, en 51 matchs, et une fiche de -20, de loin la pire de son club. Les Penguins ont aussi obtenu le défenseur Pierre-Olivier Joseph dans l’échange. Le jeune homme de 20 ans poursuit son apprentissage dans la Ligue américaine.

Rutherford parvient aussi à corriger ses erreurs rapidement. L’acquisition du défenseur Erik Gudbranson a constitué un fiasco. Tanner Pearson a 37 points cette saison à Vancouver. Au moins, Rutherford a réussi à refiler Gudbranson et son contrat annuel de quatre millions valide jusqu’en 2021 à Anaheim.

L’échange de février 2019 avec les Panthers de la Floride l’a aidé à rajeunir sa formation. Rutherford a envoyé Derick Brassard, Riley Sheahan, un choix de deuxième ronde et deux choix de quatrième ronde pour Jared McCann et Nick Bjugstad. McCann, 23 ans, connaît la meilleure saison de sa jeune carrière avec 14 buts et 28 points en 48 matchs. Bjugstad, 27 ans, avait marqué 9 buts en 32 matchs à son arrivée l’an dernier mais il s’est blessé tôt dans la saison. Sheahan et Brassard n’ont fait que passer en Floride.

L’embauche de Brandon Tanev a fait sursauter cet été. Tanev, un joueur de soutien, a obtenu un contrat de six ans pour 3,5 millions par année. Il n’avait pourtant jamais obtenu une saison de 30 points ou plus en carrière.

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Brandon Tanev

Quatre mois plus tard, on comprend. Tanev a son importance. Il joue presque 15 minutes par rencontre. Il devrait connaître une saison de 36 points. On peut l’utiliser dans toutes les situations. Il a aussi permis à son club de bénéficier de 17 supériorités numériques.

En bref, il ne faut jamais parier contre Rutherford et les Penguins.

À lire

Andrew Shaw l’avait pourtant prévenu. Mais Brendan Gallagher voulait revenir au jeu le plus tôt possible. Shaw n’a pas manqué de le traiter amicalement d’idiot lorsque Gallagher a ressenti à nouveau des symptômes de commotion cérébrale après le match contre les Oilers. Richard Labbé était dans le vestiaire du Canadien hier et nous raconte tout ça.