Dale Weise l’a déjà dit : il ne s’attendait plus à ça. Être rappelé par le Canadien, lui, le vétéran de 31 ans en fin de contrat ? Pas possible. Parce que ça ne semblait plus faire partie des plans du club, et aussi parce que d’autres avaient eu droit à ce privilège bien avant lui cette saison.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« Je ne m’y attendais pas parce que ça ne semblait pas cadrer avec ce que l’équipe voulait faire », admet-il quand on lui en parle.

Et puis, pourtant, au début du mois, le Canadien a bel et bien rappelé Weise, et depuis ce moment, l’attaquant vit une sorte de renaissance, si on peut dire.

C’est aussi ce qu’il croit.

Je ne pensais pas être rappelé, mais je n’ai jamais cessé de croire en moi. Depuis, je pense avoir pu prouver que je suis encore un joueur de la LNH. Je peux aider n’importe quelle équipe et je peux certainement aider celle-ci.

Dale Weise

Il y a quelque chose de très montréalais, de très « local », dans Dale Weise et dans ce qu’il aime faire. Il n’est pas né ici, ça non ; il est plutôt né à Winnipeg, et quand on y pense, il n’a passé qu’une seule saison entière au Centre Bell, celle de 2014-2015. Ses autres saisons dans le maillot tricolore ont été des saisons à temps partiel, incluant la présente, amorcée en silence dans la Ligue américaine à Laval.

Mais c’est un peu par ici qu’il se sent chez lui. Il est bien établi dans le coin de Brossard, et si tout va bien, d’ici le mois prochain, lui et sa femme Lauren, en compagnie d’une associée, y ouvriront une boutique à vocation familiale de la chaîne WowMoms World.

Ça laisse croire que la famille Weise, complétée par quatre enfants, se plaît plutôt bien par ici.

« Cette place sera un endroit pour les mères et leurs enfants, avec des aires de jeux, des piscines, et un café avec un menu super santé, explique-t-il avec enthousiasme. Nous avions voulu ouvrir un WowMoms à Winnipeg il y a quelques années, mais ça n’avait pas fonctionné.

« Pour l’instant, je passe beaucoup de temps sur place et ma femme aussi en attendant l’ouverture officielle. Il y a eu des retards, mais peu importe ; nous sommes tombés en amour avec ce coin de la banlieue alors nous avons décidé de nous y investir. Est-ce que nous allons y rester pour longtemps ? On en a parlé, mais je ne sais pas ce que l’avenir à long terme nous réserve.

« Nous aimerions idéalement trouver quelqu’un qui pourrait s’occuper de la boutique sur place sans que nous ayons à y être tout le temps. On aime notre quartier, et même cet automne, quand j’étais dans la Ligue américaine avec le Rocket, il n’était pas question de déménager, alors je faisais le trajet en voiture, une heure et 20 minutes pour aller à l’aréna le matin, 40 minutes au retour le soir après les matchs. Ce fut une belle leçon d’humilité ! »

« Un jour à la fois »

Depuis qu’il est redevenu un membre du Canadien, Weise a obtenu trois points en neuf rencontres. Ce ne sont pas les chiffres d’Ilya Kovalchuk, on s’entend, mais il a tout de même réussi à gagner la confiance de l’entraîneur-chef Claude Julien. 

Sera-t-il encore ici quand les blessés du club seront de retour ? Sera-t-il encore ici en septembre, lui dont le présent contrat se termine cette saison ?

Il ne connaît pas la réponse à la première question, et il n’a eu aucune discussion avec la direction concernant la deuxième. Mais peu importe. Dale Weise ne songe pas à s’en aller.

« J’y vais vraiment un jour à la fois ; je ne sais pas si je vais être encore ici avec le club dans deux jours ! C’est ma façon de voir les choses depuis que j’ai été rappelé.

« Je préfère voir les choses dans leur ensemble et je pense que ça m’aide aussi sur la glace. Je me sens plus fort à chaque match, plus à l’aise aussi. Et je vais jouer au hockey tant et aussi longtemps que quelqu’un voudra bien de moi… »