Un optimisme surprenant règne à Buffalo. À écouter la plupart des joueurs, les Sabres sont au coeur de la course pour une place en séries éliminatoires. Le bilan des analystes varie généralement de positif à extrêmement positif.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Pourtant, les Sabres sont dans une situation identique ou presque à celle du Canadien. Les deux équipes ont 51 points, mais Buffalo a un match de plus à jouer.

Buffalo se retrouve ainsi à huit points de la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires. Comment alors le vétéran Jake McCabe, par exemple, peut-il souligner la chance des Sabres de disputer des matchs importants d’ici la fin de la saison?

Les Sabres n’ont pas été gâtés ces dernières années. Ils ont participé aux séries seulement deux fois lors des douze dernières saisons. Ils n’ont pas disputé de match de séries depuis 2011. On les comprend de s’emballer pour peu.

Comme le Canadien, leurs chances de participer aux séries éliminatoires demeurent faibles. Mais leur avenir à moyen et long terme semble enfin prometteur.

Les Sabres ont peut-être enfin trouvé leur gardien numéro un. Linus Ullmark, 26 ans, un choix de sixième ronde en 2012, vient d’écarter Carter Hutton du paysage. Il a entamé 17 des 19 derniers matchs des Sabres, montre une moyenne de buts alloués de 2,70 et un taux d’arrêts de ,914. Une bonne nouvelle puisque le gardien d’avenir de l’organisation, Ukko-Pekka Luukkonen, 20 ans, passe l’hiver non pas dans la Ligue américaine, mais dans la East Coast.

PHOTO JEROME MIRON, USA TODAY SPORTS

Linus Ullmark

La défense des Sabres, sous l’impulsion de l’entraîneur Ralph Krueger, s’améliore. Rasmus Ristolainen, 25 ans, échangé mille fois depuis quelques années selon les rumeurs, connaît ses meilleurs moments depuis longtemps. Il demeure le joueur le plus utilisé du club. Rasmus Dahlin, 19 ans, premier choix au total en 2018, progresse lentement, mais sûrement, et retrouve ses marques depuis son retour au jeu après une commotion cérébrale. Il produit à un rythme de 56 points par saison.

Obtenu contre Alex Nylander, un choix de première ronde en 2016, Henri Jokiharju, 20 ans, s’est immiscé au sein du top 4. Nylander ne débloque toujours pas. Il aura 22 ans en mars et compte seulement 17 points en 46 matchs à Chicago. Brandon Montour, 25 ans, commence à trouver ses repères. Il jouait plus de 20 minutes par match récemment. C’était à souhaiter. Il a coûté un choix de première ronde.

À l’attaque, Jack Eichel, 23 ans, a explosé. Il vient au huitième rang des compteurs de la LNH avec 62 points en 48 matchs. Mais il a besoin de support. Le deuxième compteur, Sam Reinhart, a 41 points en 49 matchs. Pas vilain, mais quand on est repêché deuxième au total en 2014, devant Leon Draisaitl, on s’attend à un peu mieux.

Les Sabres seraient sans doute en meilleure position au classement si le jeune centre Casey Mittelstadt avait répondu aux attentes. Le jeune homme de 21 ans, huitième choix au total en 2017, avait obtenu le titre de joueur par excellence du Championnat mondial junior en 2018 après avoir amassé 11 points en 8 matchs pour les États-Unis.

PHOTO KIM KLEMENT, USA TODAY SPORTS

Casey Mittelstadt

On l’attendait avec excitation. Il a amassé seulement 25 points l’an dernier et ces dernières semaines, on l’a cédé à la Ligue américaine, où il a sept points en 14 matchs. Curtis Lazar occupe le poste de deuxième centre par défaut. Il faudra sans doute attendre Dylan Cozens, septième choix au total en 2019.

Parmi les autres tâches à accomplir, il faudra regarnir les ailes. Victor Olofsson connaît une bonne première saison avec 35 points en 42 matchs, mais il aura 25 ans cet été, ne l’oublions pas. Jeff Skinner fait peut-être déjà regretter le DG Jason Botterill de lui avoir accordé neuf millions par année pour huit ans après une seule saison de 40 buts. Skinner a seulement 19 points en 39 matchs cette saison. Il se retrouve sur la liste des blessés à l’heure actuelle, tout comme Olofsson.

Les Sabres ont de meilleures chances de remporter la loterie du repêchage que de participer aux séries. Un autre choix dans le top 10 ne nuira pas.

Mais Botterill doit éviter les faux pas. Céder un choix de première ronde pour Montour était généreux. Le contrat de Skinner ridicule. Céder des choix de deuxième ronde pour Colin Miller et de troisième ronde pour Jimmy Vesey n’a pas donné les résultats escomptés.

Les Sabres ne veulent pas devenir l’un de ces clubs en perpétuelle reconstruction. L’avenir nous dira si l’optimisme actuel est de mise ou pas.

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