Corey Perry assure avoir encore de l’essence dans le réservoir et être en mesure de mettre l’épaule à la roue pour le Canadien cette saison. Bien qu’il ne tienne rien pour acquis et admette qu’il devra mériter sa place.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Les statistiques ne disent pas toujours tout. Dans le cas de Perry, force est toutefois de constater un ralentissement évident. Ces deux dernières années, et même les deux précédentes, selon ses standards habituels.

« Il n’y a pas de doute dans mon esprit que j’ai encore beaucoup de hockey à jouer », a affirmé mardi en visioconférence l’ailier droit de 35 ans.

Quant au rôle qu’il sera appelé à occuper, malgré sa feuille de route, il se montre ouvert.

« J’irai où ils voudront me placer. Évidemment, je dois faire mes preuves, compétitionner et faire tout ce qui est en mon possible pour être un régulier. C’est mon but, c’est pourquoi je suis ici. Mais peu importe ce qui arrivera, il faut rouler avec les coups et aller de l’avant. »

On ne lui a rien promis, dit-il. Et il compte faire – refaire, dans son cas – ses preuves jour après jour.

Perry s’est démarqué d’abord et avant tout comme buteur au fil des ans. En 1045 matchs en saison, il a concrétisé 377 fois.

L’ailier droit de 6 pi 3 po et 205 lb n’a toutefois obtenu que 11 buts et 20 aides en 88 matchs au cours des deux dernières saisons.

Et la saison dernière, il a enregistré son plus faible taux d’efficacité à vie, ne comptant que sur 6,5 % de ses tirs sur la cible, tout juste la moitié de sa moyenne en carrière.

Cela dit, le vétéran peut contribuer autrement, lui qui est également reconnu pour son jeu dynamique.

« Évidemment, toutes les équipes ont besoin d’un peu de grit pour avoir du succès. Je suis excité de pouvoir ajouter une étincelle. Je ne changerai pas, c’est trop tard pour changer », a laissé tomber l’Ontarien, qui s’est qualifié de joueur au style « in your face ».

L’ancien des Ducks et des Stars a paraphé un contrat d’un an à 750 000 $. Il s’est dit excité de se joindre au Tricolore, avouant toutefois du bout des lèvres que ça ne s’était pas bousculé au portillon pour faire son acquisition.

« C’était très tranquille, évidemment. On sait ce qui se passe dans le monde, on ne savait même pas si on allait jouer. On a attendu, pris notre temps, puis cette opportunité s’est présentée. J’étais emballé parce que j’ai toujours voulu jouer dans une ville canadienne et j’ai grandi en étant un fan de Montréal, en étant si près de la frontière dans le nord de l’Ontario. C’est un nouveau chapitre et j’ai hâte d’y être », a-t-il lancé.

Fan du Canadien ?

« Oui, à 7, 8 ou 9 ans, j’étais dans une école de hockey, je crois que c’était Éric Desjardins qui avait apporté la coupe pour un jour ou quelques heures et j’ai eu ma photo avec elle. C’est un beau souvenir », a raconté le natif de New Liskeard, qui y est allé de quelques mots en français – suivis d’un rire de malaise – avant les questions de la presse.

Quarantaine

Perry ne semblait pas trop savoir quand il pourra sauter sur la patinoire, en raison de la quarantaine qui lui est imposée.

Il est arrivé à Montréal lundi soir, en partance de London. Il devra être testé régulièrement et fera du vélo et des poids en attendant, se disant actuellement en santé et en forme.

« Quand ils me diront que je peux aller sur la glace, j’irai », a-t-il résumé.

Le camp d’entraînement du CH commencera le 3 janvier, sans match présaison, avant la première rencontre régulière, dix jours plus tard, à Toronto.

« Ce sera intense dès le départ. En saison régulière, on a habituellement tendance à oublier un peu ce qui s’est passé au match précédent. Mais il y aura beaucoup de back-to-back, avec un jour de congé entre les deux, on ne pourra pas oublier cette année. Ce sera plaisant de prendre part à ces matchs », a commenté l’attaquant à propos du calendrier 2021 « spécial COVID ».

« Dans la bulle, l’été dernier, on n’avait eu qu’un match de retour. Et ça avait été comme un match de séries. C’était physique, intense et personne n’attendait de voir ce qui allait se passer. Je pense que ce sera la même chose quand on entamera la saison. Ce sera un sprint. »

Le potentiel du Canadien

Perry voit par ailleurs des parallèles entre sa nouvelle équipe et sa dernière – les Stars de Dallas –, avec laquelle il s’est incliné contre Tampa Bay au sixième match de la finale, à la fin du mois de septembre.

« Perdre en finale, c’est difficile, ça brise le cœur, a admis le vétéran. On en veut davantage. Et c’est ce que je vois en cette équipe [le Canadien]. Je suis excité d’être ici. »

Il a remporté tous les championnats majeurs nord-américains et internationaux : la Coupe Memorial, la Coupe Stanley, le Championnat mondial junior, le Championnat mondial, la Coupe du monde et le tournoi olympique.

Avec les nombreuses acquisitions de Marc Bergevin ces derniers temps, Perry espère bien mettre la main sur la Coupe Stanley une deuxième fois.

« Il a ajouté Anderson, Edmundson, Toffoli. Puis vous avez des jeunes, des vétérans, un des meilleurs gardiens du monde en Carey Price. Il reste à mettre les pièces ensemble. Ils jouent du hockey rapide et excitant. J’espère les aider à gagner. »