L’année 2020 dans la LNH a été marquée par l’interruption de ses activités en raison de la pandémie de COVID-19, comme la plupart des secteurs du divertissement à travers le monde. Mais l’année a été aussi ponctuée de la conquête de la Coupe Stanley par le Lightning de Tampa Bay, un peu plus d’un an après avoir subi un des échecs les plus humiliants de l’histoire de la LNH.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse Canadienne

Pour comprendre l’ampleur du triomphe du Lightning en 2020, il faut remonter à 2019.

Le Lightning venait d’égaler un record de la LNH avec 62 victoires en saison régulière, quand il a été vaincu dès le premier tour des séries éliminatoires par les Blue Jackets de Columbus… en quatre rencontres !

Cet échec monumental a été la source de l’évolution du Lightning pendant l’été 2019 et la saison 2019-20. Le directeur général Julien BriseBois a fait l’acquisition de vétérans comme Pat Maroon, qui venait de gagner la coupe Stanley avec les Blues de St. Louis, et Kevin Shattenkirk. Et le Lightning a mis la main à la pâte pour éviter de revivre le même affront.

« Dès le camp, les entraîneurs ont mis l’accent sur les petits détails, sur le fait qu’il fallait éviter les revirements, prendre moins de risques que par le passé, a récemment raconté l’attaquant Cédric Paquette à La Presse Canadienne. Ç’a porté fruit. Ç’a nécessité un certain apprentissage et ça n’a pas toujours été facile, mais ça nous a vraiment aidés en bout de ligne. Nous avons grandi en équipe et c’est pour ça que nous avons gagné cette année.

« Les nouvelles acquisitions nous ont aussi donné confiance, nous ont donné une autre dimension, a-t-il ajouté en revenant sur l’ajout de joueurs comme Barclay Goodrow et Blake Coleman avant la date limite des transactions. Nous étions réputés pour avoir de bonnes mains, mais pas assez de muscles. Ça nous a aidés et nous avions tous une belle complicité dans le vestiaire. »

Cette complicité a aussi pu se développer pendant l’aventure d’un peu plus de deux mois du Lightning dans les villes-pôles de la LNH à Toronto et Edmonton.

La saison de la LNH a été interrompue par la pandémie de COVID-19 le 12 mars, un jour après que la NBA eut été la première ligue sportive professionnelle nord-américaine à suspendre ses activités.

Quatre mois plus tard, le 13 juillet, les camps ont démarré pour les 24 équipes invitées au tournoi de relance de la LNH. Si certains redoutaient de passer du temps loin de leur famille pendant des temps difficiles, l’expérience dans les « bulles » s’est révélée positive pour la plupart des participants.

« Pour ceux qui ont de jeunes enfants ou dont leur femme était enceinte, c’est certain que ce n’était pas évident, a reconnu Paquette. Je pense que tout le monde voulait donner le meilleur de lui-même pour que les sacrifices en aient valu la peine à la fin.

« Nous avons quand même pu passer du bon temps entre gars à manger tous les jours ensemble et à suivre les autres matchs dans un salon en buvant une bière », a-t-il ajouté.

Le Lightning a finalement vaincu les Stars de Dallas en six matchs en grande finale, soulevant le précieux trophée pour une deuxième fois dans son histoire.

Il s’agissait pour certains membres de l’organisation d’un moment attendu depuis plusieurs années. Le Lightning avait perdu en finale en 2015 contre les Blackhawks de Chicago et faisait partie de l’élite de la LNH depuis plusieurs saisons déjà.

Le capitaine Steven Stamkos a reçu la Coupe Stanley des mains du commissaire Gary Bettman, le 28 septembre. Stamkos a été limité à 2:47 de jeu lors de la relance en raison d’une blessure à un muscle abdominal. Il a toutefois marqué l’imaginaire à sa seule période de jeu de l’été, inscrivant un but sur un tir précis lors du troisième match de la série, remporté 5-2 par le Lightning.

« Il a été une source d’énergie positive pour toute l’équipe, a dit Paquette au sujet de Stamkos. Il a tout essayé pour revenir, mais rien ne fonctionnait. Il a voulu jouer un match. Ce but-là, c’est un moment marquant. Ç’a été une très grosse source de motivation. »

Un nouveau visage

La LNH et son association des joueurs ont conclu un nouvel accord et prolongé la convention collective jusqu’à la fin de la saison 2025-26 avant la relance du circuit l’été dernier.

Malgré cette entente, les deux parties se sont retrouvées dans une impasse au cours de l’automne dans la planification de la saison 2020-21. L’impact de la pandémie sur les finances des équipes s’est avéré important et l’impossibilité de reprendre les activités devant des gradins remplis demeure problématique puisque la vente de billets représente une source majeure de revenus pour la plupart des équipes.

Le plan pour la saison a finalement été dévoilé officiellement le 20 décembre et la LNH prévoit présenter un visage différent, avec des sections remaniées dont une regroupant les sept équipes canadiennes.

La situation demeure incertaine puisqu’une éclosion de coronavirus au sein d’une ou plusieurs équipes pourrait rapidement faire dérailler les plans de la LNH.

« Nous sommes des humains comme tout le monde. Nous ne voulons pas jouer si ça veut dire que nous mettons les membres de nos familles à risque », a insisté Paquette.

Le Baseball majeur et la MLS ont pu compléter leur saison sans trop d’embûches au cours de l’automne, tandis que la NFL achève la sienne malgré quelques éclosions au sein d’équipes. La NBA et la LNH tenteront de les imiter au cours de l’hiver grâce à des protocoles stricts en matière de santé et sécurité.

Si la LNH parvient à conclure sa campagne tel que prévu le 8 mai, puis les séries éliminatoires vers la mi-juillet, elle espère ensuite pouvoir retrouver son calendrier traditionnel avec le début des camps tôt en septembre. Bettman, les propriétaires et les joueurs pourront alors pousser un long soupir de soulagement, et accueillir en grand le Kraken de Seattle dans le circuit.