La Santé publique du Québec a confirmé jeudi avoir donné l’autorisation au Canadien d’organiser des entraînements.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Le Tricolore pourrait donc tenir des entraînements de groupe, mais les autorités n’ont toujours pas donné leur feu vert à la tenue de matchs, explique Robert Maranda, directeur des communications au ministère de la Santé et des Services sociaux, dans un courriel à La Presse.

« Des discussions sont toujours en cours pour déterminer les mesures sanitaires à respecter pour la tenue des matchs, la reprise de ceux-ci n’a pas été autorisée », précise M. Maranda.

« Nous sommes très contents d’avoir franchi cette étape et nous apprécions l’appui du gouvernement. Mais avant de faire plus de commentaires, plusieurs pièces du puzzle doivent encore tomber en place », a indiqué Paul Wilson, vice-président principal, affaires publiques et communications du Groupe CH.

Plus tôt dans la journée, avant la confirmation du Ministère, on nous disait que les autorités avaient des réticences sur certains points du plan proposé par la Ligue nationale pour la reprise des matchs.

À l’heure actuelle, les rares joueurs dans la région montréalaise peuvent patiner au centre d’entraînement de Brossard, mais le font à titre individuel, en louant la patinoire. Ils n’ont pas accès au vestiaire de l’équipe.

Sachant cela, les joueurs devront-ils respecter un protocole avant de réintégrer le centre d’entraînement ?

Selon ce qu’il a été permis d’apprendre, avant d’intégrer ce qui serait essentiellement une bulle d’entraînement, les joueurs devraient se placer en quarantaine pendant sept jours et produire quatre tests négatifs à la COVID-19, et ce, peu importe d’où ils viennent.

Ainsi, même ceux qui vivent en Ontario et qui arriveraient à Montréal en voiture devraient s’y soumettre, nous explique-t-on.

Négociations serrées…

Si la question des entraînements est réglée, celle des matchs s’annonce plus compliquée.

Selon Sportsnet, la LNH considérerait l’option de relocaliser les équipes canadiennes aux États-Unis pour la saison.

À l’heure actuelle, la ligue espérait limiter les enjeux liés aux voyages en regroupant les sept équipes canadiennes dans une même division pour la saison 2020-2021, afin de leur éviter de devoir traverser les douanes. Ce plan nécessite toutefois l’aval des autorités de santé publique des cinq provinces où des équipes sont établies (Québec, Ontario, Manitoba, Alberta et Colombie-Britannique).

L’information de Sportsnet fera évidemment augmenter la pression sur les autorités en question. On devine que la LNH souhaite régler la question du retour au jeu avant Noël, car des centaines de joueurs ne sont toujours pas revenus dans le marché où ils évoluent.

Il y a toutefois lieu de se demander comment les joueurs des équipes canadiennes accueilleraient une telle proposition, qui impliquerait qu’ils passent la saison complète loin de la maison.

Legault enthousiaste

Mercredi, en point de presse, le premier ministre du Québec, François Legault, avait été interrogé sur une reprise possible des activités dans la LNH. Il avait rappelé que les équipes avaient « les moyens financiers » pour instaurer « des mesures pour protéger les joueurs. Contrairement aux ligues de garage, elles peuvent créer des bulles ».

M. Legault avait aussi parlé du hockey comme d’« un divertissement qui est bien apprécié au Québec » et évoqué que « des hôtels disponibles qui ne sont pas très occupés à Montréal ». « Pour les normes sanitaires, on avait réussi à le faire cet été, on pourrait réussir à le faire à la mi-janvier. »

Au Manitoba aussi, les autorités semblent voir d’un bon œil la reprise des activités. Le Dr Brent Roussin a indiqué que « les protocoles en place, les tests fréquents, le format de bulle limitent les risques pour le public, dans des propos rapportés par La Presse Canadienne, mercredi. Il y a un risque pour leur industrie, car un seul cas pourrait avoir de lourdes conséquences pour une équipe ou pour la ligue. Mais pour le public, le risque est minimal ».

Reste toutefois à voir quelle est l’étanchéité de la bulle que propose la LNH.

Tant le commissaire Gary Bettman que les joueurs ont dit à plusieurs reprises que la saison 2020-2021 ne pourra pas se jouer dans un format de bulle aussi strict que ce qui a été organisé l’été dernier.

Les joueurs arrivent au compte-gouttes

Parmi les joueurs attendus dans la formation du Canadien quand la saison s’amorcera, seuls Jonathan Drouin et Paul Byron habitent la grande région montréalaise toute l’année. Parmi ceux qui n’habitent pas au Québec, seuls les défenseurs Xavier Ouellet et Alexander Romanov ont confirmé être en ville. Phillip Danault est quant à lui dans la région de Québec. D’autres joueurs devraient s’ajouter au cours des prochaines semaines, dont Carey Price, qui prévoit d’arriver à Montréal le 26 décembre.

L’ouverture du centre d’entraînement permettrait aussi aux joueurs du Rocket de Laval qui habitent dans la région de s’entraîner sur glace dans des conditions plus optimales.