La Ligue nationale de hockey n’a toujours pas annoncé officiellement son plan de retour au jeu. Mais les signaux pointant vers une reprise des activités à la mi-janvier se multiplient.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Ça commence par le commissaire Gary Bettman, qui a indiqué mercredi, dans une visioconférence dans le cadre du Forum mondial de hockey, que le circuit visait un début de saison pour cette date.

« Nous concentrons nos énergies afin d’amorcer la saison vers la mi-janvier », a dit Bettman, selon des propos rapportés par LNH.com.

Au-delà des vœux du commissaire, il y a d’autres indices, notamment les joueurs qui organisent leur retour dans l’entourage de leur équipe. Chez le Canadien, la conjointe de Carey Price, Angela, a annoncé sur Instagram que la famille prévoyait rentrer à Montréal le 26 décembre. La famille Price a passé l’automne dans l’État de Washington et en Idaho.

Du reste, ça semble plutôt tranquille. Parmi les joueurs attendus dans l’effectif cette saison et qui n’habitent pas au Québec à l’année, seuls les défenseurs Xavier Ouellet et Alexander Romanov ont confirmé être en ville. Jesperi Kotkaniemi a quant à lui cessé de jouer à Pori, en Finlande, mais s’entraînait toujours à Helsinki la semaine dernière.

Selon ce que rapportait Chris Johnston, de Sportsnet, lundi, les joueurs qui arrivent au Canada doivent observer une quarantaine de sept jours à la maison, pendant lesquels ils ont l’obligation de produire quatre tests négatifs de COVID-19 avant de pouvoir se rendre au centre d’entraînement de leur équipe.

Ce même protocole a été évoqué par le confrère du Droit Jean-François Plante, au sujet d’un ancien de la LHJMQ qui doit quitter le Canada pour retrouver son équipe aux États-Unis.

La Presse a contacté Santé Canada afin de savoir si ce protocole était bel et bien confirmé ; on nous a redirigé vers les provinces et la LNH. À la LNH, un porte-parole a indiqué qu’il n’y avait toujours pas d’entente entre le circuit et l’Association des joueurs. La Santé publique n’avait quant à elle pas répondu à notre courriel envoyé mercredi après-midi.

Dans le cas de Price, par exemple, une arrivée le 26 décembre signifie qu’il aurait le feu vert pour se rendre au centre d’entraînement le 3 janvier, date souvent évoquée pour le début des camps.

Ouverture de Québec

Même si les principaux enjeux financiers ont été réglés, les négociations se poursuivent entre la LNH et l’Association des joueurs pour en arriver à une entente sur les modalités de retour. Le confrère de TVA Sports Renaud Lavoie a toutefois avancé qu’il ne fallait pas s’attendre à une entente avant vendredi, au mieux.

En parallèle, il y a bien sûr les pourparlers entre la LNH et les différentes autorités locales. Les 31 équipes du circuit sont réparties dans 5 provinces canadiennes et 18 États américains.

Au Québec, le gouvernement Legault a démontré une certaine ouverture pour favoriser la tenue du camp du Canadien, dont le centre d’entraînement est à Brossard, en zone rouge.

« J’ai parlé avec Geoff Molson. Avec les moyens financiers des équipes de la LNH, elles peuvent mettre ensemble des mesures pour protéger les joueurs », a indiqué le premier ministre du Québec, François Legault, en point de presse mercredi matin. « Contrairement aux ligues de garage, elles peuvent créer des bulles. »

M. Legault a évoqué « un isolement suffisant qui réponde aux exigences de la Santé publique », au sujet des équipes qui viendraient à Montréal. Il a ajouté « souhaiter » une reprise des matchs à la mi-janvier.

« C’est un divertissement qui est bien apprécié au Québec de voir Auston Matthews ou les joueurs des Oilers plus régulièrement à Montréal. […] Il y a des hôtels disponibles qui ne sont pas très occupés à Montréal, donc on en discute. Je pense que les enjeux sont plutôt du côté des concessions des joueurs sur leur salaire et entre M. Bettman et l’Association des joueurs. Pour les normes sanitaires, on avait réussi à le faire cet été, on pourrait réussir à le faire à la mi-janvier. »

Aux États-Unis, les restrictions varient d’un endroit à l’autre. Dans la NFL, les 49ers de San Francisco ont été forcés de s’exiler en Arizona en raison des règles du comté de Santa Clara. En revanche, les deux autres formations californiennes (les Chargers et les Rams, toutes deux à Los Angeles) peuvent jouer à domicile.

À l’autre extrémité du spectre, le Lightning de Tampa Bay s’attend visiblement à jouer devant des partisans. L’équipe a annoncé mercredi un éventail de mesures afin d’accueillir des spectateurs : accès contrôlé à l’aréna, amélioration des systèmes de ventilation, transactions sans contact et lumières ultraviolettes désinfectantes pour les rampes d’escalier.

Des bulles ou pas de bulle ?

Dans la visioconférence évoquée plus haut, Bettman a parlé des marchés plus problématiques.

Nous avons quelques équipes qui ne peuvent tenir de camp d’entraînement ou présenter un match, même sans partisans. Nous devrons leur trouver un endroit où jouer.

Gary Bettman, commissaire de la LNH

« Si plusieurs équipes ne peuvent pas jouer dans leur domicile, même sans partisans, alors nous pourrions devoir adopter la formule des bulles. Certaines équipes pourraient également devoir jouer dans un amphithéâtre qui n’est pas le leur. Ça pourrait aussi être un groupe d’équipes qui devront jouer ailleurs. »

D’un point de vue sanitaire, le système de bulles de la LNH a été un franc succès l’été dernier, puisqu’aucun cas de COVID-19 n’a été rapporté dans les environnements protégés de Toronto et d’Edmonton.

Par contre, la plupart des joueurs interrogés ont évoqué les difficultés psychologiques de l’isolement. Le directeur de l’Association des joueurs, Donald Fehr, avait d’ailleurs indiqué à l’Associated Press, au terme des séries éliminatoires, qu’il n’était « certainement pas » question de disputer la totalité de la saison 2020-2021 dans des bulles.

Les séries avaient toutefois l’avantage d’être disputées à une période où les cas de COVID-19 étaient très bas, comparativement aux taux observés ces dernières semaines en Amérique du Nord. Selon le gouvernement fédéral, mardi, il y avait 75 580 cas actifs de COVID-19 au Canada.

À titre comparatif, le 1er août, jour du début des séries, le pays totalisait 6222 cas actifs.