En bon québécois, on dira que Cole Caufield est dû.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Dû pour gagner sur la scène internationale et, du même coup, conclure sa carrière junior en touchant enfin à la médaille d’or qu’il attend depuis bien longtemps.

À sa première participation au Mondial des moins de 18 ans, Caufield et l’équipe américaine sont passés tout près du but en s’inclinant en finale contre la Finlande.

À sa deuxième présence chez les U18, il a explosé avec 14 buts en sept matchs, un rendement qui lui a valu le titre de meilleur joueur du tournoi. Mais son doublé en demi-finale contre la Russie a été insuffisant, et son équipe a dû se contenter du bronze.

L’année dernière, au Mondial U20, ce dangereux marqueur, repêché au premier tour par le Canadien quelques mois plus tôt, était attendu de pied ferme. Mais sa maigre récolte de deux points (dont un but) et la déconfiture américaine en quarts de finale lui ont laissé un goût amer.

Ce Championnat mondial junior, qui s’amorcera à Noël à Edmonton, ce sera donc celui de la rédemption pour Cole Caufield ainsi que pour ses coéquipiers de cette cohorte née en 2001.

« C’est sûr qu’on y pense, car c’est la raison d’être du programme que de gagner ce tournoi », a dit Caufield en visioconférence, jeudi, depuis le camp de l’équipe américaine, au Michigan.

« N’importe quoi en deçà d’une victoire sera une déception », a-t-il renchéri, sans équivoque.

C’est une formation américaine aguerrie qui se présentera à Edmonton. Dix vétérans, dont sept attaquants et deux gardiens de but, arrivent avec l’expérience du tournoi de l’année dernière. Et, en mémoire, la déception qui l’accompagne, invariablement.

« On sait à quoi s’attendre, souligne Caufield. On veut être une équipe dominante. On va gagner beaucoup de matchs. »

Confiance

Vantant la « profondeur » et le « talent » de l’unité offensive dont il fait partie, Caufield se promet de « mettre la rondelle dans le but » et de « faire pencher des matchs » en faveur de son équipe.

« Je me sens beaucoup plus en confiance que l’an passé, ce sera une grosse différence », croit-il.

Il faut dire qu’il arrive galvanisé par un début de saison sensationnel avec les Badgers du Wisconsin : 12 points, dont 6 buts, en 10 matchs. Il fera partie des rares Nord-Américains du tournoi à avoir joué cet automne.

Au contraire de la saison dernière, alors qu’il était identifié comme un pur marqueur, on le voit bien davantage contrôler la rondelle depuis le début de la campagne. Faisant l’objet d’une couverture accrue de ses adversaires, il peut alors remettre le disque à des coéquipiers laissés libres.

« Je suis content d’avoir ajouté cet aspect à mon jeu, dit-il simplement. Je me sens à l’aise. »

Mais il a déjà averti qu’au Mondial, il comptait revenir à ce qu’il sait faire de mieux : se faire oublier par ses couvreurs et se rendre disponible pour profiter de son tir dévastateur.

« Il s’agit de lire le jeu et de réagir [read and react], de prendre la bonne décision en se plaçant dans la meilleure situation possible. C’est comme ça que je le vois. »

Jusqu’ici, au camp, il a été jumelé à Matthew Boldy, ailier gauche de 6 pi 2 po affilié au Wild du Minnesota, et au jeune joueur de centre Matthew Benniers, qui sera admissible au prochain repêchage de la LNH. À tout juste 18 ans, ce dernier est reconnu pour sa protection de rondelle et sa responsabilité « sur 200 pieds », un complément naturel à Caufield et à son petit gabarit.

« Il est tellement fort et rapide, c’est impossible de lui enlever la rondelle, a analysé le petit ailier droit. Il est toujours en mouvement et attire les joueurs adverses. Ça me laisse de l’espace. »

Si la chimie peut opérer, Caufield aura peut-être la chance de faire ce qu’il fait de mieux : marquer des buts.

Et, qui sait, de rentrer d’Edmonton avec l’or au cou. Enfin.