Un département spécial, qui serait créé pour veiller au bon fonctionnement des gardiens de but d’une organisation ?

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Cette idée, elle trotte dans la tête de François Allaire depuis un moment déjà. Il a proposé un tel concept à quelques équipes auparavant, qui ont toutes dit non.

Mais pas cette fois. Cette fois, les Panthers de la Floride ont dit oui, et c’est ainsi qu’Allaire, qui était essentiellement à la retraite, s’est joint cette semaine à l’équipe à titre de consultant, pour travailler à la tête du tout nouveau département d’excellence des gardiens, qui vient d’être mis sur pied par la formation de la Floride.

Le titre du département est quelque peu extravagant, on en conviendra, mais en gros, il s’agit d’un groupe qui veillera au bon développement et à la progression des gardiens de l’organisation, en plus de participer au recrutement.

Allaire ne sera pas seul dans cette aventure. Roberto Luongo va l’épauler, en compagnie de son frère Léo, qui est l’entraîneur des gardiens des Checkers de Charlotte, dans la Ligue américaine, et de Rob Tallas, l’entraîneur des gardiens des Panthers.

« C’est quelque chose que je voulais faire depuis un moment déjà. Quand j’étais avec les Ducks d’Anaheim, vers la fin en 2009, j’en avais parlé à la direction du club, explique Allaire, joint en Floride. Ensuite, j’en ai aussi parlé au Canadien et à Marc Bergevin. Peut-être qu’auparavant, les équipes n’étaient pas ouvertes à ça, mais depuis, le hockey a changé. »

« Un chemin unique »

Ce concept d’un groupe d’entraîneurs consacré entièrement à la position de gardien n’est pas tout à fait unique dans la LNH, mais il pourrait devenir de plus en plus commun et de plus en plus important, selon François Allaire.

« Il y a des équipes qui font un peu la même chose… Mais nous, ce qu’on veut faire avec ça, c’est de tracer un chemin unique pour chaque gardien. Il arrive qu’un gardien se fasse enseigner des choses différentes au hockey junior, puis dans la Ligue américaine, puis dans la Ligue nationale… le chemin n’est pas une ligne droite. »

On veut essayer de créer une structure verticale pour aider les gardiens.

François Allaire

C’est en allant assister aux matchs des Panthers – il passe ses hivers tout près de Sunrise – que François Allaire a eu des discussions à ce sujet avec Roberto Luongo, lui-même un retraité assez récent. Luongo a ensuite proposé le concept au directeur général du club, Bill Zito.

« On a entre autres parlé ensemble le soir où les Panthers ont retiré son chandail au mois de mars, et Roberto en a ensuite parlé de son côté à la direction de l’équipe », explique François Allaire.

Au cours de la conversation, Allaire discutera de l’importance de son concept, et aussi de l’importance pour une équipe de ne pas « perdre » un gardien de premier plan, parce que les gardiens du genre, les plus dominants, ne passent pas si souvent dans la vie d’un club.

Une erreur à ne pas répéter

Il s’agit d’une drôle de coïncidence puisque depuis au moins une semaine, il est beaucoup question du 25e anniversaire du départ de Patrick Roy à Montréal… et du gouffre que Roy a laissé derrière lui au moment où il a dû changer d’adresse.

Allaire, confident, gourou et entraîneur du légendaire gardien pendant 10 saisons chez le Canadien, ne peut s’empêcher de voir dans cette histoire une erreur que personne ne souhaiterait répéter.

« Ce qui est arrivé avec Patrick il y a 25 ans, ç’a été un évènement marquant, et ça nous rappelle toute l’importance de bien gérer un gardien… Ce départ a créé une énorme fissure chez le Canadien.

« Pour une équipe de hockey, perdre un gardien de premier plan comme ça, ça peut provoquer un énorme vide, et ensuite, on peut en avoir pour des années à essayer de s’en remettre. Il n’y a aucune organisation qui voudrait subir quelque chose comme ça. Je pense qu’en 2020, le milieu du hockey est beaucoup plus conscient de cette réalité, et de l’importance de bien encadrer ses gardiens. »