Équipe Canada junior est de retour à l’entraînement… mais il s’agit d’un retour qui s’effectue dans un climat d’incertitude.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Alors que les joueurs canadiens tentent de reprendre un semblant de préparation normale en vue du prochain Championnat du monde, qui doit s’ouvrir à Edmonton le 25 décembre, c’est un peu le chaos tout autour.

Au sein même de la formation canadienne en premier : mardi matin, il a été confirmé que cinq joueurs du Canada avaient été retranchés pour des raisons de santé par rapport à la COVID-19.

Du groupe, Xavier Simoneau, attaquant des Voltigeurs de Drummondville, est le seul Québécois. Les autres qui ont dû rentrer à la maison sont Matthew Robertson, Ridley Greig, Mason Millman et Daemon Hunt. En tout, 41 joueurs demeurent parmi la délégation canadienne en Alberta.

« On a eu le cœur brisé, a commenté l’entraîneur-chef André Tourigny au sujet des coupes. Ils se sont comportés comme des pros, ils ont gardé la tête haute. »

On aurait aimé les garder avec nous, mais dans les circonstances, c’était la meilleure décision à prendre.

André Tourigny, entraîneur-chef d’Équipe Canada junior

Scott Salmond, vice-président des opérations hockey chez Équipe Canada, a confirmé que cette décision n’était « pas liée au hockey, mais bien à la santé », lors d’une visioconférence, mardi.

Les mésaventures d’Équipe Canada viennent s’ajouter à d’autres.

Ainsi, chez les Suédois, quatre joueurs ont rapporté des tests positifs à la COVID-19, dont Albin Grewe, espoir des Red Wings de Detroit, en plus de l’entraîneur Tomas Montén. Grewe ne sera donc pas du tournoi, un dur coup pour la formation suédoise qui doit s’amener à Edmonton lors de la prochaine fin de semaine.

La formation allemande est frappée de plein fouet elle aussi, avec deux joueurs – les attaquants Lukas Reichel et Nino Kinder – aussi victimes de la COVID-19. Même René Fasel, président de la Fédération internationale de hockey sur glace, a été déclaré positif à la COVID-19. Il ne devait toutefois pas se rendre à Edmonton lors du tournoi.

« Beaucoup d’obstacles »

Malgré ces mauvaises nouvelles, Salmond a insisté pour dire que le tournoi pourrait tout de même être présenté, à seulement huit équipes s’il le fallait, au lieu du tableau de départ prévu à dix équipes.

En attendant, les joueurs canadiens vont continuer leur préparation à Red Deer, notamment avec la présentation de deux matchs intraéquipe, qui auront lieu mercredi et jeudi. Les entraîneurs vont procéder aux dernières coupes cette semaine, et on s’attend à ce que la formation canadienne de 25 patineurs soit finalisée vendredi.

« Il y a de l’incertitude, a admis le gardien Devon Levi lors d’une visioconférence mardi après-midi. Il y a beaucoup d’obstacles sur la route, certainement. Mais je dois rester concentré sur le travail que j’ai à faire, et me contenter de contrôler les choses que je peux contrôler. On se retrouve ici parmi les meilleurs joueurs au pays, alors je demeure très enthousiaste. »

Le défenseur Bowen Byram, quatrième joueur choisi au total au repêchage de 2019, par l’Avalanche du Colorado, estime que les joueurs doivent maintenant faire face à cette nouvelle réalité. « C’est le monde dans lequel nous vivons présentement », a-t-il expliqué.

Comme ses joueurs, Tourigny tente lui aussi de garder le sourire malgré la situation.

« C’est sûr qu’on est en retard sur une année normale, mais y a-t-il quelque chose de normal en 2020 ? Il n’y a rien de normal, alors on est en retard sur quoi ? Sur l’année passée, OK oui, mais c’est pareil pour tout le monde. »