Deux ans après l’avoir acquis du Canadien, les Golden Knights de Vegas chercheraient à se défaire de Max Pacioretty, affirme TSN.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

L’équipe est coincée par le plafond salarial. Rien de surprenant. Depuis leur finale de la Coupe Stanley, les Golden Knights dépensent sans se soucier du lendemain.

L’ancien capitaine du Canadien a connu une bonne saison avec 66 points en 71 matchs. Mais il a été décevant en séries éliminatoires. Blessé lors du camp d’entraînement, il a raté la ronde préliminaire. À son retour, dès le premier match contre les Blackhawks de Chicago, son rendement en a souffert.

Pacioretty a terminé au neuvième rang des compteurs chez les Golden Knights avec seulement huit points en 16 matchs, dont trois dans la même partie contre les Canucks de Vancouver, et une seule mention d’aide à ses huit dernières rencontres.

Sa baisse de régime en séries éliminatoires, largement documentée à Montréal, se confirme à Vegas. En 60 matchs éliminatoires, il totalise désormais 38 points.

Pacioretty touche en moyenne sept millions par année. Il lui reste encore trois ans de contrat. Dans le contexte actuel, c’est nettement trop cher payé, surtout pour un attaquant de 32 ans.

Suzuki, Tatar…

Cet échange tourne au désastre pour Vegas. Nick Suzuki, 21 ans, a confirmé en séries éliminatoires son grand talent. À moins d’une surprise de taille, il sera le premier centre du Canadien cet hiver.

Le directeur général des Golden Knights, Kelly McCrimmon, a profité de l’attrait du Canadien envers Suzuki pour se « débarrasser » de Tomas Tatar et de son contrat. Tatar venait de coûter des choix de premier, deuxième et troisième tours dans les mois précédents et il avait affreusement déçu avec son ancienne équipe.

Or, il a retrouvé l’élan des beaux jours à Montréal. En 148 matchs, Tatar a totalisé 119 points avec le Canadien. En 137 matchs, Pacioretty en a obtenu 106 à Vegas.

Si Marc Bergevin offrait Tatar pour Pacioretty aujourd’hui, McCrimmon sauterait sur l’occasion. Il résoudrait ses problèmes de plafond salarial pour les deux années suivantes, tout en pouvant compter sur un ailier pour combler un vide à moindre coût pendant la prochaine demi-saison.

Le Canadien a aussi reçu un choix de deuxième tour en 2019 dans cet échange, rappelons-le. Bergevin l’a échangé aux Kings de Los Angeles pour obtenir un choix de troisième tour, 14 rangs plus tard, et un choix de cinquième tour. Le Canadien a repêché Mattias Norlinder, l’un des beaux espoirs de l’organisation, au 64e rang, et un autre défenseur gaucher, Jacob LeGuerrier, au 126e rang.

La finale surprise de Vegas en 2018 a décuplé sa soif de gagner. Grâce à leurs nombreux échanges, les Golden Knights sont demeurés compétitifs ces dernières années, au prix cependant d’un manque de stabilité.

Jusqu’ici le plan a fonctionné. Les Golden Knights ont participé aux séries éliminatoires à leurs trois premières années d’existence. Après avoir été éliminés au premier tour en 2019, ils ont atteint le carré d’as l’été dernier.

Manque de loyauté

Il faudra maintenant voir si le manque de loyauté envers leur noyau aura des effets pervers. La première grande vedette de l’organisation, Marc-André Fleury, a été laissée sur le banc après l’acquisition de Robin Lehner à la date limite des transactions, l’hiver dernier.

L’arrivée du défenseur le plus convoité sur le marché des joueurs autonomes, Alex Pietrangelo, a provoqué le départ de Nate Schmidt pour Vancouver.

Paul Stastny a été échangé aux Jets de Winnipeg afin de soustraire son salaire de 6,5 millions de la masse salariale. Si Pacioretty ne trouve pas preneur, Jonathan Marchessault pourrait lever les feutres à sa place.

Il reste seulement neuf joueurs de la finale de 2018. Deux des trois choix de premier tour en 2017, Nick Suzuki et Erik Brännström, ont été échangés. Le choix de premier tour en 2018 a été perdu pour Tatar.

Il y a néanmoins deux espoirs de premier plan dans l’organisation : Cody Glass, 21 ans, 12 points en 39 matchs l’an dernier, et Peyton Krebs, premier choix de l’équipe en 2019. Brendan Brisson, fils de l’agent Pat Brisson, a constitué le premier choix de l’équipe en 2020.

Pour l’instant, Vegas n’a pas encore atteint son Waterloo. À quand la décision de trop ?

À LIRE

La LNH et le Canadien préparent leur retour au jeu. Simon-Olivier Lorange a les derniers détails sur les discussions entre l’organisation du CH et la Santé publique du Québec.