Le président des Rangers de New York, John Davidson, défend son organisation de comploter pour favoriser les Américains au Championnat mondial junior.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Même si la Ligue nationale de hockey ne reprendra pas ses activités au plus tôt avant la mi-janvier, même si le tournoi junior prend fin le 5 janvier, les Rangers ont refusé de prêter Alexis Lafrenière à l’équipe canadienne et Kaapo Kakko à la formation finlandaise.

Les Kings de Los Angeles, eux, ont cédé le deuxième choix au total derrière Lafrenière, Quinton Byfield, à l’équipe canadienne. Les Blackhawks de Chicago les ont imités avec Kirby Dach. Ce troisième choix au total en 2019 a pourtant passé l’hiver dernier à Chicago.

« Il y a tellement d’incertitude, nous ne savons même pas quand les camps d’entraînement commenceront, a confié John Davidson au New York Post lundi. Le camp sera très court, nous ne savons pas combien de matchs préparatoires seront disputés, s’il y en a. Nous voulons que tous nos joueurs se présentent dans la meilleure forme possible, prêts à impressionner dès le premier jour du camp. Point final. »

Le directeur général des Rangers, Jeff Gorton, a vu le jour au Massachusetts. L’entraîneur, David Quinn, provient du Rhode Island. Mais Davidson, lui, est Canadien, né à Ottawa.

« C’est assez simple, on espère jouer en janvier et on ne veut risquer aucune blessure, a poursuivi le président des Rangers. Il n’y a rien d’autre à y voir. J’adore le Championnat mondial junior. Les deux y ont déjà pris part. Mais le contexte ne nous est pas favorable. Ces deux jeunes hommes sont très importants pour la croissance de notre équipe. Il n’y a pas de conspiration. »

La décision des Rangers aura néanmoins un impact sur ce championnat. À 18 ans seulement, Lafrenière, premier choix au total de la LNH en 2020, rappelons-le, a amassé dix points en cinq matchs lors du tournoi l’an dernier. S’il n’avait pas été blessé, il aurait sans doute terminé en tête des compteurs de la compétition.

Kakko, deuxième choix au total en 2019, n’a pas participé à la compétition l’an dernier parce qu’il jouait à New York. Mais il avait obtenu sept points en dix matchs pour la Finlande à 17 ans. Il avait même marqué six buts en dix matchs au Championnat mondial, chez les hommes, avant d’être repêché à New York en 2019.

« Nous leur avons parlé et il n’y a pas de sentiments négatifs. J’espère ça fonctionnera bien pour tout le monde, mais je travaille pour les Rangers. »

Même s’ils ont entamé leur reconstruction en 2019, les Rangers ont déjà de grandes aspirations. L’arrivée d’Artermi Panarin, la grande éclosion de Mika Zibanejad, le développement rapide de leurs jeunes défenseurs Anthony DeAngelo et Adam Fox ont accéléré le processus.

Ils ont aussi été favorisés par la loterie du repêchage. En 2019, ils sont passés du sixième au deuxième rang. Sans les changements dans la formule l’été dernier, les Rangers n’auraient probablement jamais remporté la loterie. Ils se situaient au 14e rang dans l’ordre du repêchage, avec 1,5 % de chances de gagner le premier lot.

Mais New York a été éliminé en ronde préliminaire par les Hurricanes de la Caroline et ils se sont retrouvés parmi les huit clubs à espérer le premier choix, avec un taux de succès égal à 12,5 %, en vertu d’un résultat favorable lors du premier des deux tirages.

Comme la plupart des joueurs de 18 ans dans la LNH, Kakko a connu une première année modeste : 23 points en 66 matchs, fiche de -26. À sa première année à Montréal, Jesperi Kotkaniemi avait amassé 34 points en 79 parties.

Kakko et Lafrenière auront la chance de mériter un poste sur un trio offensif. Dans ses rêves, le chroniqueur du New York Post Larry Brooks voit Lafrenière à la gauche de Zibanejad, 75 points en 57 matchs l’an dernier, et de Chris Kreider, muté à droite. Panarin jouerait avec Ryan Strome et Kakko à droite. Le jeune centre Filip Chytil, hériterait de Pavel Buchnevich et peut-être de Brett Howden, à moins que la recrue Vitali Kravtsov ne surprenne.

Et pour la première fois depuis 2005, New York entamera la saison sans Henrik Lundqvist devant le filet. David Quinn confiera cette responsabilité aux jeunes Igor Shesterkin et Alexandar Georgiev.

Mais si la tendance se maintient avec les perspectives d’une division canadienne, le CH et ses partisans ne verront pas tout ce beau monde avant octobre 2021, à moins de s’affronter en séries éliminatoires.

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S’il n’avait pas été victime de sérieuses commotions cérébrales, qui sait si Guillaume Latendresse ne serait pas devenu une vedette dans la LNH. Après avoir été échangé au Wild du Minnesota par Pierre Gauthier, il a marqué 25 buts en seulement 55 matchs. Une production de 37 buts sur une saison complète. Il avait seulement 22 ans. Il a joué en moyenne 18 matchs par année lors des trois saisons suivantes, à tenter de chasser ses vilains maux de tête, avant d’être contraint prématurément à la retraite. On a voulu transformer ce gentil colosse de marqueur à ailier de puissance. Mauvaise idée. Simon-Olivier Lorange sest entretenu avec Latendresse, dont la carrière sera lobjet dun documentaire sur RDS.