L’Action de grâce américaine sert pour certains de point de repère pour avoir un aperçu des équipes qui participeront aux séries. Cette fois, la LNH arrive à cette fête américaine sans plan précis pour la prochaine saison.

Stephen Whyno et John Wawrow
Associated Press

La ligue et les joueurs commencent à manquer de temps pour commencer la campagne le 1er janvier, tel qu’espéré. Plusieurs enjeux liés à la pandémie de la COVID-19 demeurent complexes.

« Il y a encore de l’inconnu devant nous, a admis le directeur général des Bruins de Boston, Don Sweeney, lundi. Avec les nouvelles encourageantes au sujet de vaccins et l’espoir naissant entourant cette situation, j’espère que nous allons aussi avoir de bonnes nouvelles bientôt. Il reste toutefois beaucoup de chemin à faire. »

Une base semble déjà en place. Le réalignement des sections, incluant une section canadienne et trois sections régionales aux États-Unis, semble inévitable en raison des enjeux liés à la fermeture de la frontière. La LNH et l’Association des joueurs de la LNH (AJLNH) ont également prolongé leur convention collective cet été dans l’objectif de passer à travers la pandémie.

Toutefois, avec la hausse des cas en Amérique du Nord et une baisse des revenus plus importantes qu’anticipée par les propriétaires, des questions ont été soulevées nécessitant la modification de l’accord. Ces enjeux ont donc mis en danger le début de la prochaine saison.

Comme ce fut le cas cet été avec le Baseball majeur, l’enjeu principal est l’argent. La convention collective — valide jusqu’en 2026 — assure un partage des revenus liés au hockey à 50-50 ; inclut le report de 10 % des salaires pour la prochaine saison ; impose un maximum d’argent placé en fiducie sur l’ensemble de la durée de l’entente.

Moins de cinq mois après l’annonce de l’entente, la ligue demande maintenant aux joueurs d’augmenter le report de la remise des salaires à 20 ou 26 % et la limite du montant placé en fiducie, selon ce qu’une personne au courant des négociations a affirmé à l’Associated Press sous le couvert de l’anonymat. Les deux parties n’ont pas commenté publiquement les négociations.

Si la saison est plus courte que les 82 matchs habituels, les joueurs pourraient refuser de parler de salaires au pro rata si les montants placés en fiducie sont augmentés.

Les deux parties ont affirmé viser un début de saison le 1er janvier. Pour y arriver, les choses devront débouler rapidement.

Un camp d’environ deux semaines est anticipé avant le premier soir de matchs. Plus la saison commencera tard, moins il y aura de matchs. On parle d’un calendrier de 50 à 70 rencontres par équipe. Et la LNH voudra probablement remettre la Coupe Stanley à l’équipe championne avant le début des Jeux olympiques d’été de Tokyo, qui doivent commencer le 23 juillet.

« Le plus important pour moi, c’est que la saison commence, a dit le directeur général des Predators, David Poile. Je suis prêt à tous les scénarios. La ligue et l’AJLNH vont trouver le meilleur moyen pour ramener le hockey, que ce soit devant des partisans ou non. Je veux simplement que nous trouvions un moyen de commencer la saison. »

Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, a indiqué plus tôt en novembre que la LNH n’a pas l’intention de forcer les sept équipes canadiennes à venir jouer aux États-Unis si la frontière entre les deux pays est toujours fermée aux voyages non essentiels.

« Je ne sais pas quelle sera la solution, mais je sais que tout le monde y aura réfléchi longuement », a dit Poile.

Il sera aussi important pour la LNH et l’AJLNH de convenir d’un système de tests de dépistage de la COVID-19 et d’un protocole en cas d’éclosion au sein d’une équipe. Le modèle en bulle a fonctionné cet été, mais il est impensable de forcer les joueurs à s’isoler pendant des mois pour la saison.