La date du retour au jeu dans la Ligue nationale de hockey (LNH) n’est pas encore officielle, mais déjà, les différents services du circuit ont commencé à s’activer en prévision d’un retour au jeu qui doit avoir lieu prochainement.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

C’est notamment le cas du département de la sécurité des joueurs, qui a déjà commencé à préparer un plan en vue de la prochaine saison.

« Il y a deux semaines, on a tenu notre rencontre habituelle de début de saison concernant le protocole sur les commotions cérébrales, a expliqué Stéphane Quintal, vice-président du département, en entrevue téléphonique avec La Presse. Quand on fait ça, d’ordinaire, ça veut dire que le début de la saison s’en vient. »

Gary Bettman, commissaire de la LNH, a déjà laissé savoir que la date du 1er janvier est visée pour amorcer la saison 2020-2021, une saison qui pourrait être réduite en raison de la pandémie.

Selon Quintal, il n’est pas question pour autant de changer les règlements, même si la COVID-19 demeure une réalité avec laquelle les joueurs devront composer dans l’immédiat.

« Il y avait eu quelques discussions par rapport aux mises en échec avant le début des séries l’été dernier, mais ce n’était pas allé plus loin, a-t-il ajouté. Alors on ne va pas apporter de changements majeurs à notre livre des règlements.

« Le hockey de la LNH est de plus en plus sécuritaire, et la saison dernière, nous avons dû procéder à 12 ou 13 suspensions, alors que ça allait souvent de 30 à 35 suspensions par saison par le passé. Je pense que les comportements sont en train de changer au hockey ; il y a beaucoup moins de coups intentionnels ou prémédités, et aussi, la qualité de l’arbitrage s’est améliorée. »

Bagarres et mises en échec

Dans la foulée du débat sur les coups à la tête, qui ne va pas s’estomper de sitôt, Quintal affirme que la LNH ne songe pas à abolir les bagarres pour autant. « Parce que de toute façon, il n’y en a presque plus, et ce genre de joueur là n’existe plus », dit-il.

En ce qui concerne le jeu physique, on ne va pas enlever les mises en échec légales du jeu. On veut qu’il y ait encore des mises en échec, mais que ce soit fait dans la légalité.

Stéphane Quintal, vice-président du département de la sécurité des joueurs de la LNH

L’ancien joueur du Canadien a toutefois une autre opinion des mises en échec lorsqu’il est question des coups dans le monde du hockey mineur. À ce sujet, il a fait partie récemment d’une table de concertation sur la mise en échec au hockey mineur, mise de l’avant par le gouvernement du Québec.

« Ce que j’ai fait savoir, c’est qu’avant d’arriver dans le midget AAA, la mise en échec complète n’est pas nécessaire. Je trouve que ça ne sert à rien de risquer la santé d’un jeune de 14 ou 15 ans, en particulier dans un calibre de jeu inférieur, qui ne va pas mener au hockey junior majeur. Je ne vois pas la pertinence de voir nos jeunes jouer avec la mise en échec complète avant d’arriver dans le midget AAA.

« C’est évidemment différent chez les pros. Dans la Ligue nationale, la mise en échec est là pour rester, mais avant le début de la saison, les joueurs reçoivent tous des vidéos qui expliquent bien ce qui est légal ou pas. On apprend aux joueurs de frapper dans la poitrine. Pendant la saison, s’il y a des avertissements à faire, on va le faire.

« Je me souviens d’un match du Lightning la saison passée, où Yanni Gourde avait donné une mise en échec un peu limite, en arrivant de côté. On a choisi de ne pas le suspendre, mais j’ai tout de suite appelé Julien [BriseBois] et Mathieu [Darche] à Tampa pour leur dire de parler à leur gars, et de lui expliquer notre décision. »

Quintal, par ailleurs, va amorcer sa troisième saison à titre d’adjoint au préfet de discipline George Parros, ce même poste qu’il a choisi d’abandonner afin de rester à Montréal pour des raisons familiales. Il a par le passé signifié son intention de travailler pour une équipe de la LNH, notamment le Canadien, mais le téléphone n’a jamais sonné.

« J’ai un peu abandonné cette idée-là, et puis de toute façon, mon rôle avec la ligue est appelé à grandir, a-t-il ajouté. Il y a de nouveaux défis très intéressants qui m’attendent avec la ligue quand on va pouvoir revenir à la normale. »