Au printemps dernier, Daniel Audette s’est retrouvé dans une position un peu trop familière aux joueurs de sa trempe : sans contrat, un peu face à l’inconnu, et surtout, sans trop savoir s’il allait pouvoir jouer au hockey en 2020-2021.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Puis la Finlande a téléphoné.

« Je voulais jouer au hockey cette saison, c’est ce que je fais, alors je me trouve chanceux, répond-il au bout du fil. Ça se passe bien jusqu’ici, l’équipe a gagné huit matchs sur les dix premiers. Ça m’a pris un peu de temps à m’adapter, les patinoires sont plus grandes ici, mais maintenant, je me suis bien habitué à cette nouvelle réalité. »

À 24 ans, Audette, un choix de cinquième tour pour le Canadien au repêchage de 2014, commence à sentir un peu l’urgence de la situation. C’est pourquoi il patine ces jours-ci en Finlande, avec le club Lukko de la ville de Rauma, quelque part au pays de Saku Koivu. Il aurait bien aimé rester par ici au Québec, mais après quatre saisons dans l’organisation montréalaise, et après avoir passé la dernière saison à Springfield, dans l’organisation des Panthers de la Floride, il a choisi de tenter une nouvelle aventure.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Daniel Audette, alors avec les Canadiens, lors d’un match contre les Devils du New Jersey au Centre Bell, en septembre 2016

Même s’il admet que le plan, c’est de pouvoir revenir jouer par ici un de ces jours. Jusqu’ici, c’est assez bien parti pour lui ; il a récolté huit points lors des dix premiers matchs de sa bande.

Je me dis que si jamais je connais une super bonne saison en Finlande, je vais pouvoir ensuite revenir jouer en Amérique du Nord… J’ai signé un contrat d’un an ici avec Rauma, et ensuite, au printemps, je vais rentrer au Québec et puis là, je verrai bien ce qui va arriver.

Daniel Audette

« Mais c’est un peu difficile ces temps-ci avec la COVID-19 et aussi à cause de l’inconnu. Les joueurs, on est pour la plupart dans l’incertitude, il y a des gars de mon âge qui n’ont même pas d’équipe encore pour cette saison. Mais c’est aussi l’incertitude pour les clubs ; la Ligue américaine veut reprendre ses activités au mois de février, mais est-ce que ça va être possible ? Il n’y a personne qui le sait. »

Le besoin de jouer

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Daniel Audette s’adressant aux journalistes après un match du Rocket de Laval en 2019

C’est donc pour un peu tout ça qu’Audette a dit oui à l’aventure finlandaise en SM-Liiga. Les matchs de ce circuit ne sont pas présentés selon les normes habituelles, mais au moins, ils sont présentés.

« On dispute nos rencontres devant environ 70 % de la capacité normale des arénas… et ça se passe assez bien. J’ai eu à subir un test de dépistage pour la COVID-19 en arrivant au pays, un autre en début de saison, et puis c’est tout. Sinon, ils prennent notre température quand on arrive à l’aréna. Ça va assez bien, mais on ne peut pas jouer devant des plus petites foules que ça. Ici, la vente des billets, c’est une grosse partie des profits pour les équipes de la ligue. »

Du reste, on sent que Daniel Audette est bien heureux de la tournure des évènements, lui qui avait été un peu mis de côté vers la fin de son passage chez le Rocket à Laval, en 2019.

« Mais ça fait déjà un an et demi de ça… Le Rocket m’avait fait savoir que je n’allais pas avoir un autre contrat, alors ça n’a pas été une grande surprise quand c’est arrivé. Je suis seulement content de pouvoir jouer ici en Finlande. Le jeu est plus rapide, et le calibre est similaire à celui de la Ligue américaine. Alors oui, je m’estime vraiment chanceux d’être ici. »