Marc Bergevin ne raffole pas du marché des joueurs autonomes et il s’est assuré de ne pas avoir à y recourir pour ses besoins les plus urgents. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’ira pas y chercher de l’aide.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

À l’heure actuelle, Bergevin possède 9,2 millions de dollars de marge de manœuvre, mais il doit s’entendre avec le nouveau venu Josh Anderson et les défenseurs Victor Mete et Noah Juulsen. Il serait donc étonnant qu’il lui reste plus de 4 millions, somme de laquelle il faut retrancher un léger coussin pour parer aux imprévus.

Dans les circonstances, il est impensable de le voir sauter dans la course pour Alex Pietrangelo, Torey Krug et Taylor Hall, improbable qu’il se lance aux trousses de T. J. Brodie, Mike Hoffman ou Tyler Toffoli.

De plus, Bergevin a laissé entendre que le portrait est complet à la ligne bleue. Évidemment, il l’est aussi devant le filet. Concentrons-nous donc sur des attaquants qui devraient être disponibles à prix modique, et qui pourraient améliorer le quatrième trio du Canadien, à la place de Jordan Weal, qui a toujours eu de la difficulté à conserver son poste.

(Note : les joueurs sont présentés en ordre alphabétique, et non pas en ordre de probabilité d’aboutir à Montréal.)

Zemgus Girgensons

Ailier, tire de la gauche, 26 ans
6 pi 2 po, 211 lb
Saison 2019-2020 : 12-7-19 en 69 matchs à Buffalo

Avec cinq attaquants de moins de 6 pi dans le top 12 que nous projetons actuellement pour la saison prochaine, le Tricolore gagnerait à se grossir à l’avant, quoique l’ajout de Josh Anderson constitue un pas dans cette direction. On verrait toutefois Bergevin tenter d’ajouter du muscle plus bas dans son effectif. Girgensons est un colosse qui distribue plus d’une centaine de coups d’épaule par saison. Polyvalent, ce Letton évolue surtout à l’aile depuis quelques années, mais est un centre naturel et a joué à cette position en début de carrière. La saison dernière, il a été l’attaquant le plus employé des Sabres de Buffalo en désavantage numérique. Il a inscrit 12 buts cette saison, un sommet personnel depuis ses 15 d’il y a cinq ans. Son salaire est resté stable à 1,6 million de dollars depuis trois ans. Il n’a jamais répondu aux attentes pour un 14choix au total, mais ça, c’était le problème des Sabres, pas de l’équipe qui l’embauchera !

Derek Grant

Centre, tire de la gauche, 30 ans
6 pi 3 po, 206 lb
Saison 2019-2020 : 15-10-25 en 56 matchs à Anaheim et Philadelphie

Vous vous souvenez de ce joueur teigneux qui semblait toujours déranger Carey Price pendant la série contre les Flyers de Philadelphie cet été ? C’est lui, Derek Grant. Il est lui aussi spécialiste du désavantage numérique, et donnerait donc plus de flexibilité à Claude Julien que des joueurs de quatrième trio comme Dale Weise et Jordan Weal, qui ne jouent pas à quatre contre cinq. Deux bémols, cependant. D’une part, il a toujours principalement joué au centre, et Bergevin a laissé entendre à Athlétique sa préférence pour Jake Evans dans ce rôle, quitte à le laisser faire des erreurs. D’autre part, Grant vient de connaître une saison intéressante offensivement. Même s’il a été improductif ensuite en séries, Grant pourrait bien chercher à monnayer sa saison, comme l’avait fait – avec succès – Weise il y a quatre ans.

Joakim Nordstrom

Ailier, tire de la gauche, 28 ans
6 pi 1 po, 194 lb
Saison 2019-2020 : 4-3-7 en 48 matchs à Boston

Si Bergevin se sent nostalgique, il pourrait bien se tourner vers Nordstrom, un joueur repêché par les Blackhawks de Chicago en 2010, quand Bergevin travaillait pour cette organisation. Excellent patineur, intense, il a eu son mot à dire dans le parcours des Bruins de Boston jusqu’en finale en 2019. Il n’a toutefois pas la meilleure touche offensive, mais tel est le drame de bien des employés de soutien. Le Suédois était par ailleurs l’attaquant le plus utilisé de ce qui était la troisième unité de désavantage de la LNH en 2019-2020.

Tomas Nosek

Centre et ailier, tire de la gauche, 28 ans
6 pi 2 po, 205 lb
Saison 2019-2020 : 8-7-15 en 67 matchs à Vegas

La dernière fois que Bergevin a obtenu des Golden Knights de Vegas un Tomas qui a été développé par les Red Wings de Detroit, ça s’est plutôt bien passé pour le DG. Au risque de gâcher la fête, on vous souligne toutefois que Nosek n’a pas exactement le talent offensif de Tatar. Mais ce qu’il offre, c’est de la constance, comme en font foi ses trois dernières saisons (15, 17 et 15 points). Sa capacité de jouer au centre comme à l’aile, de même qu’en désavantage numérique, milite en sa faveur, tout comme son gabarit. Pas un choix très sexy, mais il a été un joueur productif en séries quand ses équipes ont fait de longs parcours.

Tyler Pitlick

Ailier, tire de la droite, 28 ans
6 pi 2 po, 200 lb
Saison 2019-2020 : 8-12-20 en 63 matchs à Philadelphie

Un autre que Bergevin a pu suivre de près pendant les séries. Pitlick a toutefois été plutôt discret contre le Canadien, avec aucun point et seulement quatre tirs en six matchs. Son gabarit est étonnant quand on sait que son jeune cousin, Rhett, que le Tricolore a repêché l’an passé, fait 5 pi 9 po et 167 lb ! Pitlick se démarque surtout pour son échec avant, une qualité qui cadre bien avec ce que Julien souhaite voir d’un quatrième trio. Avant de se joindre aux Flyers, il a passé deux ans à Dallas, où il fonctionnait au rythme d’un marqueur de 15 buts. Un potentiel intéressant pour un joueur qui gagne 1 million par saison depuis trois ans.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER @PROHOCKEYRUMORS

Wayne Simmonds

Wayne Simmonds

Ailier, tire de la droite, 32 ans
6 pi 2 po, 185 lb
Saison 2019-2020 : 8-17-25 en 68 matchs au New Jersey et à Buffalo

Le confrère Pierre LeBrun rapportait cette semaine que le Canadien s’était informé des demandes de Wayne Simmonds l’été dernier. L’attaquant a finalement signé une entente d’un an à 5 millions avec les Devils du New Jersey, une somme qui paraissait très élevée à l’origine. La suite des choses a prouvé que Bergevin a eu raison de passer son tour. Avec des demandes plus raisonnables, par contre, le DG pourrait être tenté de revenir à la charge. Simmonds n’est plus le joueur qu’il était à Philadelphie, les saisons de 25 buts sont chose du passé, mais il a distribué 145 mises en échec l’an dernier, et pourrait donner un coup de pouce à l’avantage numérique.