Patrick Laine continue d’alimenter les rumeurs d’échange, en cette journée de repêchage.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Contrairement au nouveau DG des Sabres Buffalo, Kevyn Adams, dans le dossier Jack Eichel, celui des Jets de Winnipeg, Kevin Cheveldayoff, n’a rien fait pour mettre fin aux spéculations. Au contraire.

À une question directe sur la possibilité d’échanger Laine pour renforcer d’autres positions chez les Jets, Cheveldayoff a gardé tous les scénarios ouverts.

« Ces conversations avec nos homologues doivent être franches et fluides, afin de connaitre les besoins de chaque équipe, a-t-il déclaré lors de son point de presse par vidéoconférence lundi. À titre de directeur général, tu dois toujours écouter. À un certain point, les noms de tous les joueurs sont évoqués. Il faut regarder tous les scénarios. On doit agir ainsi si on souhaite améliorer l’équipe. Ces conversations doivent rester privées, mais dans l’industrie du sport, des noms d’athlètes ressortiront. »

Ce type de hockeyeur n’est pourtant pas sur le marché généralement. Laine est un deuxième choix au total en 2016. Il a seulement 22 ans. Il mesure 6 pieds 5 pouces, pèse 205 livres. Si la saison n’avait pas été écourtée, il aurait connu une quatrième saison consécutive de 30 buts ou plus. Laine marque en moyenne 37 buts sur une année complète.

Pourquoi alors les Jets chercheraient-ils à l’échanger ? On le dit un peu prima donna. Il veut obtenir l’assurance de jouer avec Mark Scheifele. Presque 38 % de ses buts en carrière ont été marqués en supériorité numérique. On le trouve donc plutôt unidimensionnel, plus vulnérable à cinq contre cinq.

À certains égards, Laine peut rappeler Thomas Vanek qui, malgré quatre saisons de plus de 30 buts, dont deux de 40 buts ou plus, à ses premières années à Buffalo, n’a jamais tiré ses équipes vers les sommets.

Le salaire constitue un autre bémol. Son contrat vient à échéance à la fin de la saison 2020-2021. Il touche 6,75 M$ annuellement. Il réclamera une augmentation substantielle. En cette ère de restrictions financières, les équipes craindront sans doute de lui offrir un pont d’or.

Cheveldayoff cherche du renfort pour la prochaine saison, c’est-à-dire un deuxième centre au minimum et un deuxième défenseur, selon Darren Dreger, de TSN. Le DG des Jets aurait discuté avec de nombreuses équipes, mais il n’a pas encore reçu d’offre à son goût.

Les Jets veulent être compétitifs l’an prochain. Dans les circonstances, il serait étonnant que Cheveldayoff accepte un choix de première ronde et des espoirs en retour de sa jeune vedette.

Max Domi, Brett Kulak et un espoir ne suffiront pas pour obtenir Laine, vous l’aurez sans doute compris. Marc Bergevin cherche un marqueur costaud. Mais il affectionne aussi les joueurs acharnés, responsables défensivement et entièrement dédiés au concept collectif.

Il ne cracherait sans doute pas sur un attaquant comme Laine, mais pas au point d’arracher à ce club des joueurs importants qui ont adhéré à sa culture d’entreprise. Et il ne sacrifiera certainement pas Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi ou Alexander Romanov. Ne les a-t-il pas qualifiés d’intouchables récemment ?

Kevin Cheveldayoff et Marc Bergevin ont des atomes crochus. Ils se sont côtoyés dans la Ligue américaine au sein du club-école des Islanders de New York au début des années 90. Ils ont œuvré ensemble à titre de gestionnaires avec les Blackhawks de Chicago après leur retraite.

Quand Cheveldayoff a eu à larguer un gros contrat, il a appelé son ami à Montréal. Bergevin a reçu Joel Armia en cadeau. En retour, le DG du Canadien a accepté le fardeau du contrat de Steve Mason.

Malgré tout, les besoins de l’un doivent correspondre à ceux de l’autre. La solution serait sans doute plus simple si les Jets étaient en reconstruction, ou en réinitialisation, car le Canadien regorge d’espoirs et son choix de première ronde est disponible.

Malgré l’insistance du collègue Pat Hickey, du quotidien The Gazette, Marc Bergevin a refusé de discuter du cas de Patrik Laine en conférence de presse par vidéoconférence lundi. On le comprend. On interdit aux gestionnaires de la LNH d’évoquer le nom de joueurs d’équipes adverses.

Mais au confrère du Journal de Montréal Jean-François Chaumont, la semaine dernière, Bergevin a donné une lecture plutôt claire de la situation. « Pour aller chercher un joueur de cette trempe, tu dois vider ton équipe. On n’avancerait pas dans la bonne direction, on partirait de côté ou de reculons. »

Cole Caufield, un défenseur régulier et le 16e choix au total ferait sans doute réfléchir un gestionnaire en reconstruction. Mais les besoins des Jets semblent se situer ailleurs. Du moins en apparence.

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