Hendrix Lapierre faisait partie des « jokers » de ce repêchage. Avec ses problèmes cervicaux qui lui ont fait rater 11 mois d’action, il y avait un risque de parier trop tôt sur l’attaquant des Saguenéens de Chicoutimi, même s’il était vu comme un des 10 meilleurs joueurs de sa cuvée avant ses blessures.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Marc Bergevin et Trevor Timmins ont visiblement jugé le risque trop élevé au 16e rang.

Les Capitals de Washington, eux, détenaient le 24e choix. Et quand est venu le tour des Flames de Calgary de parler au 22e rang, le DG des Capitals, Brian MacLellan, a pensé à un autre facteur de risque. Il a donc offert aux Flames son 24e choix, de même que la 80e sélection, pour grimper de deux rangs.

Et sélectionner Lapierre.

« Je sentais que quelques équipes en dessous de nous essayaient de faire la même chose, a expliqué MacLellan en conférence après le repêchage. On sentait qu’on devait être agressifs.

« On aimait le joueur. Les autres joueurs encore disponibles n’avaient pas autant de potentiel. On a peut-être été trop agressifs, mais on est contents de notre choix. »

Les Capitals ont donc mis la main sur un joueur au talent certain, et peut-être un des plus grands bénéficiaires de ce drôle de calendrier 2020 bouleversé par la pandémie. En effet, si le repêchage avait eu lieu en juin, comme à l’habitude, les recruteurs n’auraient pas revu Lapierre jouer depuis novembre. Mais avec un repêchage en octobre, Lapierre a eu un camp d’entraînement et deux matchs de saison pour se faire valoir. Le Gatinois a amassé cinq points en deux matchs, mais a surtout démontré que ses problèmes étaient derrière lui. « Il s’est fait frapper fort, mais il a très bien réagi par après et il n’avait pas l’air craintif », a confié un observateur à La Presse mardi matin.

« Nos gars l’avaient vu jouer assez souvent avant sa blessure, donc on était bien au fait de ses habiletés, a expliqué MacLellan. Mais ses matchs cet automne nous ont donné un certain degré de confort.

« On sait qu’il a eu une saison difficile l’an dernier avec les blessures, mais nos médecins ont vu son dossier. Rendu là dans le repêchage, son potentiel est trop gros. Il a le potentiel de jouer dans les deux premiers trios, il a du caractère et une belle personnalité. Le potentiel, conjugué avec le risque, ça avait du sens à nos yeux. »

Lapierre aux anges

De son côté, Lapierre n’est pas naïf.

« C’est le repêchage, c’est une science inexacte. Mais je me doutais que j’allais devoir attendre mon tour, avec ce que j’ai vécu l’an dernier », a admis le jeune homme.

Cela dit, son rang de sélection semblait importer bien peu. Il était bien plus concentré à parler du fait qu’il pourrait côtoyer des joueurs qu’il a longtemps idolâtrés : Alexander Ovechkin et Evgeny Kuznetsov.

« Je regardais tous les matchs des Capitals à cause de ces joueurs-là. Ovechkin, c’est mon idole de jeunesse ! » a-t-il dit.

Rendez-vous manqué

Dans une drôle de suite d’évènements, Lapierre a eu pendant un certain temps espoir de demeurer dans la même organisation que son coéquipier des Sags Dawson Mercer.

Les Devils ont en effet sélectionné Mercer au 18e rang, et détenaient ensuite la 20e sélection. Les deux étaient au centre Georges-Vézina, chacun dans sa loge, pour assister au repêchage sur écran géant.

« Pour être franc, on s’est fait un petit look après la sélection de Dawson. Ç’aurait été fou d’être ensemble. Je suis super content pour lui, mais je ne me serais pas plaint de rester avec Dawson ! »

Les Devils ont toutefois pris la planète hockey – et les réseaux de télévision – par surprise en sélectionnant un Russe au nom beaucoup, beaucoup trop long à écrire en cette heure si tardive pendant que les collègues du pupitre attendent ce texte.

Cinq choix pour la LHJMQ

En tout, ce sont cinq joueurs de la LHJMQ qui ont été réclamés au premier tour. En plus de Lapierre et de Mercer, il y a eu le défenseur Justin Barron (Avalanche, 25e) et l’attaquant Mavrik Bourque (Stars, 30e), de même qu’Alexis Lafrenière au 1er rang. Toujours du Québec, notons la sélection de Jacob Perreault, fils de Yanic Perreault, réclamé par les Ducks au 27e rang. Perreault évolue pour le Sting de Sarnia, dans la Ligue de l’Ontario, puisque la famille demeure dans la région de Chicago depuis plusieurs années. Le fils de l’agent Pat Brisson, Brendan Brisson, a été choisi au 29e rang par les Golden Knights. Enfin, puisque vous insistez, le joueur choisi par les Devils au 20e rang est Shakir Mukhamadullin, un défenseur classé 17e espoir européen par la Centrale de recrutement de la LNH.