Jonathan Drouin et Max Domi ont connu une journée bien différente mardi.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Drouin répondait à des questions plutôt positives, entre autres sur sa complicité avec Nick Suzuki, en marge de son tournoi de golf pour la Fondation du CHUM, au club Le Mirage.

Domi, lui, au cœur de rumeurs d’échange, congédiait son agent, Pat Brisson, comme Max Pacioretty l’a fait deux ans plus tôt au moment où Marc Bergevin tentait de lui trouver une nouvelle équipe.

Ce que deux matchs peuvent changer…

Critiqués avec virulence

Après quatre matchs de séries éliminatoires contre les Penguins de Pittsburgh, pourtant, les deux étaient critiqués avec virulence. Drouin avait une aide en quatre matchs et jouait sans passion. Domi, au centre du quatrième trio, n’avait toujours pas amassé de point.

Mais les deux derniers matchs de la série contre les Flyers de Philadelphie, au premier tour, ont permis à Drouin de passer un été beaucoup plus agréable et permettent d’envisager la suite avec optimisme.

Une symbiose s’est vite créée entre Suzuki et lui. Drouin a amassé quatre points à ses deux derniers matchs, pour terminer les éliminatoires avec sept points en dix matchs. Il a joué 19 minutes lors de la dernière rencontre, un sommet, et de loin, en séries.

« Ma confiance n’était pas là au début, mais quand j’ai retrouvé un peu ma confiance, d’avoir la rondelle sur ma palette et de jouer au hockey comme je le fais d’habitude, c’est facile de jouer avec Nick », a confié Drouin aux journalistes.

« Nick est un joueur intelligent. On a fait de bonnes choses dans les deux ou trois derniers matchs contre Philadelphie. Il a prouvé en séries qu’il avait atteint un autre niveau, il a été capable de bien jouer dans les matchs importants contre les gros joueurs, à la fin on a créé une chimie. »

Le marché montréalais

Domi, dont toute référence au Canadien a été effacée de son compte Twitter après l’élimination de l’équipe, avant de réapparaître, n’a jamais retrouvé l’élan des beaux jours. Outre son match de trois points, il a été blanchi dans les neuf autres rencontres. Il a joué en moyenne 14 minutes dans les deux dernières parties.

Drouin a même eu à défendre son coéquipier auprès des journalistes, lundi matin.

« C’est le marché montréalais encore une fois, a-t-il déploré. Ça a été notre meilleur joueur l’an passé avec 72 points. À un moment donné, va falloir que l’impatience descende un peu. L’an passé, c’était notre meilleur joueur, le monde voulait le signer à huit ans et 9 millions de dollars [par année] et tout à coup, le monde veut s’en débarrasser. »

L’attaquant du Canadien a tenu à peser ses mots. « Je ne veux pas en parler, je ne veux pas dire ma façon de penser, mais à un moment donné, il va falloir que les gens réalisent que c’est un excellent joueur et que tu n’en trouveras pas partout des joueurs de même. »

On comprend Drouin d’être touché par les rumeurs concernant Domi. Il en a lui-même été victime. Mais la situation est plus complexe.

Domi n’a pas été placé au sein d’un quatrième trio pour rien. Suzuki, Jesperi Kotkaniemi et Phillip Danault le devancent désormais dans la hiérarchie au centre, selon les entraîneurs et la direction de l’équipe. Cet ailier de 25 ans obtenu pour Alex Galchenyuk est peu friand de l’aile, un poste qu’il a pourtant toujours occupé chez les Coyotes de l’Arizona.

Le fils de Tie Domi a amassé 72 points, dont 28 buts, en 2018-2019, mais seulement 44 points, dont 17 buts, en 71 rencontres l’hiver dernier.

Au-delà des points, il y a la façon de jouer. Domi a été trop souvent coupable de jeux individualistes et de mauvaises prises de décision avec la rondelle, d’où de nombreux revirements. Il a d’ailleurs terminé loin en tête à ce chapitre chez les attaquants du Canadien avec 64 revirements, 14 de plus que Danault, et 27 de plus que Suzuki, au troisième rang dans cette catégorie.

Huit attaquants ont été utilisés davantage que lui en séries éliminatoires, et il y en aurait eu neuf si Jesperi Kotkaniemi n’avait pas été expulsé d’un match contre Philadelphie pour mise en échec par-derrière.

Drouin et la « bulle »

« Je suis content d’être chez moi, a ajouté Drouin lundi avant de passer au golf. La bulle, c’était spécial, on va s’en rappeler pendant un bout. Ce n’était pas la meilleure situation, mais la seule façon de nous permettre de jouer au hockey.

« On a vécu de belles choses en équipe. On a été ensemble pendant un mois et demi sur le même étage à l’hôtel. C’était le fun, on était toujours ensemble. On a créé une bonne chimie.

« Le hockey est pas mal pareil. L’ambiance est quand même correcte. La Ligue nationale fait du bon travail avec l’effet sonore. Mais ça n’est pas facile pour ceux qui vont vivre pendant deux mois et demi loin de leur famille.

« C’est plus difficile pour les plus vieux, tes enfants t’appellent chaque jour, tu ne peux pas les voir. Même nous, on ne pouvait pas sortir sur la rue pour faire des marches. Notre équipe, on a essayé de mettre ça de côté. »

Guy Lafleur retrouve la forme !

Guy Lafleur semblait en très belle forme mardi au tournoi de golf de Jonathan Drouin et de la Fondation du CHUM.

« J’ai le souffle encore court, mais ça va mieux que ça allait. Je suis très content. Je me considère très chanceux d’avoir eu l’occasion qu’on découvre les malaises que j’avais côté cœur et poumons. Je suis choyé. J’apprécie énormément ce que le CHUM a fait pour moi. Lorsque tu reçois, ça a toujours fait partie de ma vie, il faut redonner à la société. C’est une belle occasion de joindre les ambassadeurs du CHUM. »

L’ancienne gloire du Canadien se dit encouragée par les perspectives d’avenir du CH.

« Le Canadien a offert une bonne performance. Il y a beaucoup de talent, surtout Kotkaniemi, qui est arrivé en super forme et qui a montré qu’il voulait prendre sa place. Suzuki aussi, il a super bien joué, tout comme Jonathan [Drouin]. C’est prometteur pour les années futures, ça va être vraiment bon. Les gens vont avoir hâte que la saison commence. »