Souvent, on entend dire que les Islanders de New York sont un club plate, et puis ça tombe bien, puisque Lou Lamoriello aime ça, les clubs plates.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Il n’y a pas de hasards dans la vie, et au hockey non plus. Ainsi, en mai 2018, les Islanders ont embauché le vieux Lou, dans le but de sauter les étapes et de ramener l’équipe sur les rails du succès. Lou, en retour, a rapidement mis la main sur Barry Trotz, seul entraîneur ayant été capable de mener les Capitals de Washington au zénith. Voilà que les deux hommes ne sont plus qu’à une seule victoire d’une présence en finale de l’Est.

Parce que la victoire de dimanche soir, par la marque de 3-2 sur les Flyers de Philadelphie, avait des allures de hockey à la Lou, comme dans le bon vieux temps des Devils du New Jersey : du hockey terne, mais méthodique, chirurgical, précis dans sa façon d’exploiter la moindre faille chez l’adversaire.

Voyons un peu… Jean-Gabriel Pageau, acquis par Lamoriello des Sénateurs d’Ottawa en février, a réussi le gros but de son équipe en milieu de troisième période, le 19e but de sa carrière en 48 matchs des séries. De toute évidence, Pageau aime ça quand ça compte, et le patron des Islanders le savait. Brock Nelson, premier choix du club au repêchage de 2010, a marqué deux fois. Ensuite, Thomas Greiss, gardien réserviste, a réussi 36 arrêts, le temps de rappeler au monde du hockey cette simple vérité : avoir deux bons gardiens, de nos jours, c’est une excellente stratégie.

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Lou Lamoriello

« Je cherche seulement à arrêter des rondelles, a expliqué le gardien en conférence vidéo après la rencontre. Ce n’est pas vraiment plus que ça. Ce n’est pas si compliqué. »

Avec tout ça, les Islanders se retrouvent avec une avance de 3-1 dans une série pour la 11e fois de leur histoire, et pour les Flyers, la mauvaise nouvelle, c’est que les gars de Long Island n’ont jamais perdu une série avec une telle avance.

C’est probablement le moment où il faudrait rappeler un horrible cliché du monde du hockey : pour gagner, souvent, il faut que vos meilleurs joueurs soient, en effet, les meilleurs. Mais ce n’est pas ce qui se passe chez les Flyers, n’est-ce pas ? Travis Konecny n’a toujours pas de but en séries, tout comme Claude Giroux. Il y a aussi que les Flyers n’avaient pas perdu deux matchs consécutifs depuis le début du mois de janvier… mais ils viennent de le faire, et la côte à surmonter paraît assez abrupte à l’horizon.

Reste à voir ce qu’il reste dans le coffre à outils d’Alain Vigneault.

Le coach a bien tenté de rallier les troupes en envoyant Oskar Lindblom sur la glace lors de l’échauffement d’avant-match, mais les coups de patin de ce brave jeune homme n’ont pas produit l’effet escompté sur le reste du groupe.

Vigneault, motivateur hors pair, a réussi quelques coups de magie lors de la série face au Canadien. Maintenant, par contre, il semble être à bout de surprises.