Mieux vaut tard que jamais. Un peu plus de 24 heures après la NBA, la WNBA et le baseball majeur, la Ligue nationale de hockey a reporté ses matchs prévus jeudi et vendredi, par solidarité avec le mouvement « Black Lives Matter ».

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Plus tôt dans la journée, jeudi, un groupe voué à la diversité dans le monde du hockey, mené entre autres par les joueurs Evander Kane, Wayne Simmonds et Matt Dumba, avait demandé à la LNH de suspendre ses activités, en réaction à l’intervention policière à l’endroit de Jacob Blake, atteint de plusieurs balles dans le dos, ce week-end dans le Wisconsin, à l’origine des manifestations aux États-Unis.

Une centaine de joueurs ont fait pression sur la ligue

Plus d’une centaine de joueurs présents dans les bulles de Toronto et Edmonton, donc toujours en séries éliminatoires, auraient participé jeudi après-midi à une téléconférence avec Dumba et Kane et fait ensuite pression sur la LNH pour suspendre ses activités, selon le collègue Pierre Lebrun. L’Association des joueurs de la LNH s’est aussi mise de la partie en après-midi.

« Les joueurs ont pris position, a écrit Evander Kane, des Sharks de San Jose, sur Twitter en fin d’après-midi jeudi. Ils se sont levés. Je suis fier d’eux. »

Gary Bettman et son bras droit Bill Daly avaient déclaré plus tôt jeudi que la décision de suspendre les séries éliminatoires appartenait aux joueurs.

Alain Vigneault concentré sur le hockey

Plus tôt dans la journée, l’entraîneur-chef des Flyers de Philadelphie, Alain Vigneault, a fait réagir en se montrant très peu sensible à la situation : « Je suis déçu de vous décevoir à nouveau avec ma réponse, mais depuis que nous avons éliminé Montréal, la seule chose ouverte dans ma chambre est mon ordinateur pour regarder des matchs de hockey », a-t-il dit lors de son point de presse quotidien par vidéoconférence.

Je n’ai aucune idée de ce qui se passe dans le monde. Nous sommes dans une bulle, investis 24 heures par jour, 7 jours par semaine dans notre équipe. On travaille 20 heures par jour pour se préparer au match suivant. Je ne suis pas sur Twitter, je n’ai lu aucun article de sport depuis je ne sais quand, je n’ai lu aucun autre type d’article non plus.

Alain Vigneault, entraîneur-chef des Flyers

La situation a donné lieu à certains échanges acrimonieux sur les réseaux sociaux.

Anson Carter critiqué

L’ancien hockeyeur Akim Aliu, né de l’union entre un Nigérian et une Ukrainienne, au cœur de l’histoire ayant mené au congédiement de l’entraîneur Bill Peters, a reproché à l’ancien attaquant noir devenu analyste Anson Carter sa tiédeur dans le dossier.

PHOTO JEFF MCINTOSH, ARCHIVES PRESSE CANADIENNE

Akim Aliu

Carter a déclaré mercredi soir sur les ondes de NBC avant le match entre l’Avalanche et les Stars comprendre la LNH de ne pas suspendre ses activités. « Je comprends les Bucks et les Brewers [de Milwaukee] d’avoir voulu reporter leurs matchs en raison de leur proximité géographique avec les évènements. Mais je suis d’accord avec les joueurs de la LNH de ne pas protester. On peut ne pas jouer et protester. Mais quels changements tentons-nous d’apporter ? Si on décide de ne pas jouer sans provoquer de changements, à quoi ça servirait ? À Atlanta, où je vis, on a ouvert le State Farm Arena pour servir de bureau de vote pour contrer la suppression de votes, un enjeu réel dans le sud des États-Unis. »

Akim Aliu n’a pas été tendre à son endroit sur Twitter. « Tu es une honte, mon frère. Tu n’auras pas de préjugé favorable parce que tu es Noir. Tu es avec nous ou contre nous. »