Dans la tête du directeur général Marc Bergevin, Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi seront les deux premiers centres du Canadien pour longtemps. « Ils ont un avenir de 10 à 15 ans au sein de l’organisation. Nous pourrons bâtir autour d’eux », a-t-il déclaré dimanche.

Alexandre Pratt
Alexandre Pratt La Presse

Les fans s’en sont réjouis.

Phillip Danault ?

Pas vraiment.

L’attaquant québécois a vite compris le rôle que lui réserve l’équipe à court, moyen et long terme. Au centre du troisième trio. Dans une mission défensive. Et ça ne fait pas son affaire.

« Je ne sais pas si je suis prêt pour ça, a-t-il indiqué mardi. J’adore produire offensivement et j’ai bien aimé mon rôle lors des deux dernières saisons. Je ne sais pas si je veux me limiter à un rôle précis, qui serait seulement défensif. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Phillip Danault a lancé un message clair à la direction du Canadien.

Ses propos ont enflammé les réseaux sociaux. Des partisans lui sont tombés dessus. Pourtant, Phillip Danault n’a fait que défendre ses intérêts.

Pensez-y : l’été prochain, il sera libre comme l’air. Il pourra négocier son nouveau contrat avec l’équipe de son choix. Il peut raisonnablement espérer un salaire annuel entre 6,5 et 7 millions, pour plusieurs saisons.

À une condition.

Rester sur le premier trio.

Évoluer avec les meilleurs ailiers lui permet d’accumuler des points. Bien sûr, Danault n’est ni Connor McDavid ni Sidney Crosby. Depuis deux ans, il est le 45e marqueur parmi les centres de la Ligue nationale. Sauf que contrairement aux 44 mieux classés que lui, Danault ne joue pratiquement jamais en supériorité numérique. Seulement 150 minutes en deux saisons. Au 112e rang des centres de la LNH. L’équivalent d’un joueur de quatrième trio.

Pourquoi ?

Parce qu’il est trop utile… en infériorité numérique.

Laissons les unités spéciales de côté un instant. Concentrons-nous sur sa production à forces égales. Depuis deux ans, il est parmi les 25 meilleurs centres de la LNH dans ces circonstances. Saurez-vous le reconnaître parmi les cinq joueurs suivants ?

JOUEUR A – 151 matchs, 32-60-92, + 16

JOUEUR B – 152 matchs, 42-49-91, + 14

JOUEUR C – 152 matchs, 24-66-90, + 35

JOUEUR D – 151 matchs, 38-50-88, + 15

JOUEUR E – 141 matchs, 25-60-85, + 1

Réponse : Danault est le C. Celui avec le meilleur différentiel. Les autres ? Le A, c’est Claude Giroux. Le B, Pierre-Luc Dubois. Le D, Tyler Seguin. Le E, Nicklas Backstrom. De la très belle compagnie.

Un autre indicateur de l’utilité d’un joueur au sein de son équipe, c’est son temps de jeu. Celui de Phillip Danault a augmenté chaque saison depuis quatre ans, passant de 12 min 38 s à 18 min 51 s par match. C’est plus que des supervedettes comme Patrice Bergeron, Steven Stamkos et Elias Pettersson. C’est même deux minutes de plus que Jordan Staal, Paul Stastny et Derek Stepan, trois centres qui gagnent tous plus de 6 millions par saison.

Avec sa déclaration, Danault a choisi d’envoyer un message clair à la direction du Canadien.

Donnez-moi des responsabilités. Faites-moi jouer avec les meilleurs.

Sinon, j’irai voir ailleurs.

Le retour de l’Impact

Magnifique soirée au stade Saputo, mardi soir, où l’Impact est devenu le premier club professionnel au Canada à jouer devant des spectateurs depuis le confinement.

Des débuts modestes. Seulement 250 personnes, réparties dans les sections centrales. On aurait dit un plateau du jeu Battleship, quand les eaux sont encore clairsemées.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Mardi soir, 250 spectateurs ont assisté au match de l’Impact au stade Saputo.

Cela dit, il y avait une très belle ambiance. Les rares partisans s’époumonaient. Parfois pour encourager les leurs. Parfois pour enterrer les bruits de foule préenregistrés. On entendait très bien les chants et les percussions d’irréductibles Ultras restés à l’extérieur du stade. Quatre membres des 1642 MTL ont même sonné l’Étoile du Nord après les buts de Romell Quioto et de Lassi Lappalainen.

« C’est vraiment, vraiment le fun », m’a dit Nicolas Royer, de Rivière-du-Loup.

« C’est spécial. Mais j’aime ça. Ça fait du bien. Je ne me voyais pas ne pas venir au stade en 2020, surtout après avoir raté le match précédent [en mars] », a ajouté Mario Soto, abonné depuis 2010.

Aurait-on pu ajouter 1000 personnes et respecter la distanciation physique ?

Assurément. Peut-être même 2000. Mais il fallait commencer quelque part.

D’ailleurs, savez-vous combien d’équipes du baseball majeur accueillent présentement des spectateurs ?

Aucune.

De la LNH ?

Aucune.

De la NBA ?

Aucune.

De la MLS ?

Orlando City va en accueillir quelques milliers. Salt Lake City, Dallas et Kansas City, entre 2500 et 5000.

Atlanta, Chicago, Cincinnati, Colorado, Columbus, DC United, Houston, les deux clubs de Los Angeles, les deux de New York, Miami, Minnesota, Nashville, Nouvelle-Angleterre, Philadelphie, Portland, San Jose, Seattle, Toronto et Vancouver ?

Zéro.

Je résume. Dans tout le Canada et les États-Unis, seulement cinq clubs évoluent devant des spectateurs. Dont l’Impact. C’est déjà ça.

À ce sujet, vous aurez sûrement noté qu’il est de bon ton, depuis quelques jours, de dénoncer la prudence des autorités de la Santé publique dans le déconfinement du sport. Pourtant, le Québec est parmi les États les plus permissifs en Amérique du Nord.

Au hockey, la LHJMQ amorcera sa saison le 1er octobre. Plus de deux mois avant les ligues de l’Ontario et de l’Ouest. Nos équipes midget AAA tiennent leurs camps de sélection depuis deux semaines. Alors qu’à Toronto, la principale ligue de hockey mineur est à l’arrêt jusqu’à la mi-octobre. Là-bas, il n’y aura même pas de camp de sélection.

Au football universitaire, un seul circuit au pays entretient l’espoir d’une saison. Celui du Québec. La pratique du soccer et du baseball est aussi autorisée depuis le mois de juin. Tant pour les enfants que pour les adultes.

Oui, nous avons tous hâte de retourner au stade ou à l’aréna. C’est plus plaisant d’encourager son équipe dans les gradins que sur un trottoir le long de la rue Sherbrooke. Ça viendra. Et si on se fie aux étapes précédentes du déconfinement du sport au Québec, ça risque d’être plus tôt ici qu’ailleurs.