Les hôtels sont certes luxueux, les installations et le service sont de première qualité, mais la vie à l’intérieur des deux bulles créées par la LNH n’est pas aussi rose qu’on le croit.

John Wawrow Associated Press

Après un mois passé à arpenter un tunnel qui relie son hôtel à l’amphithéâtre d’Edmonton, Rick Bowness a admis qu’il a dû à certains moments se retenir de ne pas sortir dehors pour prendre un peu de soleil et de l’air frais, qui ne provient pas d’un climatiseur.

« Si les gens croient que c’est le paradis, ils se trompent. C’est difficile mentalement. Et tout le monde fait de son mieux pour s’accrocher », a évoqué l’entraîneur-chef par intérim des Stars après que son équipe ait éliminé les Flames de Calgary en six matchs la semaine dernière.

« Ce ne sont pas des séries éliminatoires normales. On ne peut pas jouer notre match, sauter dans notre voiture et rentrer à la maison, ou peu importe. Ce n’est rien de tout ça. On joue, puis on rentre dans notre chambre d’hôtel, a confié Bowness, en riant. Ce n’est pas aussi simple que c’en a l’air. »

PHOTO JASON FRANSON, PRESSE CANADIENNE

Des clôtures ont été érigées à l’extérieur de l’aréna Rogers d’Edmonton, qui fait partie de la bulle de la LNH.

Bowness a répété qu’il ne voulait pas se plaindre, mais qu’il voulait simplement rappeler les défis associés au nouveau format des séries éliminatoires de la LNH, qui n’ont toujours pas atteint leur point médian, l’objectif est de remettre la coupe Stanley au début du mois d’octobre, ou un peu avant.

Si vous n’êtes pas dans cette situation, vous ne pouvez pas comprendre ce que nous vivons au quotidien.

Rick Bowness

Ainsi, la fatigue associée à la vie dans la bulle est bien réelle.

Isolés du monde, privés de leurs proches

Les membres des équipes qui poursuivent leur route en séries éliminatoires sont privés de leurs proches depuis plusieurs semaines déjà. Certes, la ligue leur donne accès à des arénas et à des parcs situés à proximité des bulles, et elle a également organisé des parties de golf pendant leurs journées de congé, mais ils doivent tous se retrouver dans la même navette et ne peuvent s’éparpiller à l’extérieur de la bulle.

« Quand la pandémie est arrivée, on pouvait encore sortir de la maison, prendre des marches à l’extérieur et respirer de l’air frais », a noté le directeur général des Blackhawks de Chicago Stan Bowman après l’élimination de son équipe par l’Avalanche en cinq parties au premier tour. Ici, le fait qu’on soit coincé dans ces installations joue un rôle sur notre moral. On ne peut rien faire. Et après un certain temps, ça t’affecte psychologiquement. »

C’est difficile de vivre dans un tel environnement parce que c’est comme si nous étions en prison.

Stan Bowman

Le commissaire adjoint de la LNH Bill Daly a indiqué par courriel à l’Associated Press que la ligue « tente activement d’écourter au maximum la durée » des séries éliminatoires, « notamment à cause de la dynamique et des contraintes associées à la vie dans la bulle ».

C’était évident vendredi dernier, lorsque la LNH a donné le coup d’envoi au deuxième tour éliminatoire alors que le premier n’était même pas terminé. Et puisque les finales d’association et la finale de la Coupe Stanley doivent se dérouler à Edmonton, les deux équipes finalistes de l’Est disposeront vraisemblablement de deux jours pour s’habituer à leur nouvel environnement après leur arrivée de Toronto.

« Nous continuerons de tout faire pour 'accélérer’le déroulement des séries éliminatoires », a indiqué Daly.

Il a ajouté que le circuit Bettman tente toujours d’obtenir l’approbation des autorités sanitaires afin de permettre aux proches des joueurs d’accéder à la bulle avant ou pendant les finales d’association.