Le Canadien a été éliminé vendredi, non sans avoir laissé une impression favorable en séries éliminatoires. Voici une évaluation des joueurs de l’équipe en séries, et leur avenir en prévision de la saison prochaine.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

GARDIENS

Carey Price

Price a été extraordinaire en séries. Il a eu 33 ans la semaine dernière. Des gardiens comme Lundqvist et Rinne ont commencé à ralentir vers 35 ans. Il reste encore au moins deux grosses années à Price. Mais il faudra le ménager, maximum 55 matchs en saison régulière !

Charlie Lindgren

Après quelques saisons difficiles, Lindgren s’est pris en main pendant le confinement et il a impressionné au camp. Il lui reste une année de contrat (garanti), mais le CH sera sans doute tenté d’acquérir un auxiliaire de premier plan pour seconder Price. Marc Bergevin ne s’en est même pas caché samedi en conférence de presse.

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Il serait surprenant de voir Charlie Lindgren dans l’uniforme du Canadien la saison prochaine.

Cayden Primeau

Le gardien d’avenir du Canadien n’était pas en uniforme pendant le tournoi. Il aura besoin de jouer souvent. Il sera le numéro un à Laval l’hiver prochain. Il sera prêt quand Price commencera à ralentir dans quelques saisons.

DÉFENSEURS

Shea Weber

Weber vient d’offrir ses meilleures performances depuis son acquisition par le Canadien. Il a formé une redoutable première paire avec Ben Chiarot, défensivement efficace et très robuste. Comme Price, Weber devrait avoir encore deux très bonnes saisons dans le corps.

Ben Chiarot

La meilleure acquisition de Marc Bergevin sur le marché des joueurs autonomes. On a enfin trouvé le bon partenaire pour Shea Weber. Il est fiable et robuste à souhait, mais aussi capable de soutenir l’attaque. À 29 ans, il est sous contrat pour deux autres années.

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Ben Chiarot a prouvé qu’il pouvait jouer à la gauche de Shea Weber.

Jeff Petry

Le défenseur le plus utilisé du Canadien en séries éliminatoires, 10 secondes de plus que Weber. Petry, 32 ans, deviendra joueur autonome sans compensation à compter du 1er juillet 2021. Le CH doit absolument lui offrir une prolongation de contrat.

Brett Kulak

L’une des belles surprises en séries. Kulak, irrégulier en saison régulière, semble avoir confirmé son poste au sein du top 4, à la gauche de Petry, et permettra au jeune Alexander Romanov de se développer à son rythme au sein d’une troisième paire.

Xavier Ouellet

Une autre jolie surprise. Ouellet, qui semblait destiné à la Ligue américaine pour le reste de sa carrière, a bien fait dans un rôle complémentaire. Mais l’arrivée de Romanov risque de l’expulser du top 6.

Victor Mete

On semble parfois oublier que Mete vient d’avoir 22 ans et qu’il jouait du côté droit en séries, une position qui lui est peu familière. Ses responsabilités ont augmenté avec l’arrivée de Kirk Muller, mais il devra se battre pour son poste avec Romanov et les jeunes droitiers de l’organisation.

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Le poste de Victor Mete est loin d’être assuré avec l’arrivée d’Alexander Romanov.

Alexander Romanov

Si la LNH lui avait permis de jouer, il aurait été le troisième défenseur à gauche. Romanov est promis à un brillant avenir. À moins d’une surprise de taille, il sera du top 6 en début de saison prochaine.

Noah Juulsen

Ce choix de première ronde du Canadien en 2015 sera l’un des candidats à droite avec Cale Fleury. Déjà, sa présence dans la bulle constituait une agréable surprise, étant donné son inactivité ces deux dernières années. Juulsen a seulement 23 ans et a toujours un beau potentiel.

Cale Fleury

Il devra concurrencer Juulsen, mais peut être renvoyé dans la Ligue américaine sans être soumis au ballottage. Il a seulement 21 ans, et déjà 41 matchs d’expérience. Mais ne voyons pas en lui un futur pilier, à moins d’une surprise.

CENTRES

Phillip Danault

Danault a encore prouvé sa grande utilité en séries. Il a été l’attaquant le plus utilisé de l’équipe, contre les meilleurs éléments adverses. L’émergence de Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi lui permettra de se concentrer sur son rôle sans qu’il ait la pression de produire sur le plan offensif. Il a seulement 27 ans, ne l’oublions pas.

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Match après match, Phillip Danault continue d’être opposé au meilleur trio de l’équipe adverse.

Nick Suzuki

Marc Bergevin voyait en lui cet hiver l’éventuel centre numéro un de l’équipe. Il y est parvenu plus tôt que prévu. Suzuki a toutes les qualités : créatif, courageux, habile et défensivement efficace. Un mini-Patrice Bergeron. Il a développé une belle chimie lors des derniers matchs avec Jonathan Drouin et Joel Armia. On les reverra peut-être ensemble la saison prochaine.

Jesperi Kotkaniemi

On le critiquait cet hiver en oubliant qu’il avait seulement 19 ans. On le vante désormais, après quatre buts en séries et beaucoup d’aplomb, mais il demeure un joueur de 20 ans à peine. Il a un an de moins que Nick Suzuki. Imaginez avec un an de plus. Kotkaniemi mérite de bons ailiers l’an prochain, il sera un centre important.

Jake Evans

Ce choix de septième ronde en 2014, arrivé à la LNH sur le tard, semble le candidat logique pour le poste de quatrième centre. Il est droitier, joue intelligemment, peut remplacer à l’aile lorsqu’un joueur offensif n’offre pas le rendement voulu. Il fait partie de ces joueurs d’avenir de l’organisation à 24 ans.

Ryan Poehling

Poehling, choix de première ronde, 25e au total en 2017, est le seul attaquant présent dans la bulle de Toronto à ne pas avoir disputé de match. On est très loin de sa soirée de trois buts à son arrivée dans la LNH il y a un an et demi. Poehling a admis en vidéoconférence pendant le camp qu’il avait pris une pause d’entraînement physique lors de la pandémie, après une longue saison. On se demande dans quelle forme il s’est présenté. À lui de se prendre en main, après une première année chez les professionnels fort décevante. Il devra sans doute se transformer en ailier s’il veut obtenir une place à Montréal.

Max Domi

Il n’y a pas de place pour Domi au centre à Montréal. Et peut-être pas à l’aile non plus, à voir la façon dont il joue depuis un an. Il avait pourtant connu une splendide première année à Montréal. Domi aura droit à l’autonomie partielle à la fin de la saison. Marc Bergevin ne lui accordera sans doute pas un contrat long et lucratif. S’il ne parvient pas à l’échanger, attendons-nous à un contrat pont dans son cas. Oubliez le contrat de huit ans pour six millions et plus par année.

AILIERS

Tomas Tatar

Tatar a connu des séries difficiles, avec seulement deux buts – marqués dans le même match – en 10 rencontres. Il demeure le meilleur compteur de l’équipe en saison régulière. Tatar sera joueur autonome sans compensation dans un an, mais si le CH a des aspirations l’an prochain, on le conservera jusqu’à la fin de la saison, à moins que l’équipe ne soit écartée des séries à la date limite des échanges. Il faut quand même conserver des ailiers au sein de ce club et Tatar formait encore jusqu’à tout récemment avec Danault et Brendan Gallagher l’un des meilleurs trios de la ligue à égalité numérique. Il faut s’attendre à le revoir un an, mais probablement pas plus.

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Tomas Tatar a terminé en tête des marqueurs du Tricolore en saison régulière.

Brendan Gallagher

Quand Marc Bergevin parle de culture et d’ascendant sur les jeunes, Gallagher incarne parfaitement ce type de leadership positif. Il aurait sans doute connu une troisième saison d’affilée de 30 buts ou plus, n’eût été sa commotion cérébrale et la pandémie. Il devrait demeurer à Montréal longtemps malgré son statut de joueur autonome sans compensation dans un an. Il a seulement 28 ans, rappelons-le.

Jonathan Drouin

Contrairement à Max Domi, Drouin a su retrouver sa touche lors des derniers matchs de la série contre les Flyers. Malgré ses travers, il a terminé au premier rang des compteurs de l’équipe, sur un pied d’égalité avec Nick Suzuki, avec sept points en 10 matchs, dont quatre dans les deux dernières rencontres. Il deviendra peut-être l’ailier gauche attitré de Suzuki, avec qui il semble avoir une belle chimie.

Joel Armia

Armia a lui aussi retrouvé ses moyens sur le tard, mais il offre un bon complément à Drouin et Suzuki en raison de son gabarit et de ses qualités en possession de rondelle. Lui aussi deviendra joueur autonome sans compensation dans un an, mais des joueurs de ce modèle sont rares chez le Canadien. Il faudra trouver un moyen de le retenir à bon prix. Il a terminé au troisième rang des marqueurs du club en séries, derrière Drouin et Suzuki et à égalité avec Weber.

Artturi Lehkonen

Lehkonen ne sera jamais un marqueur dans la LNH. Mais il joue avec fougue, excelle sur le plan défensif, possède une belle vitesse et son échec avant est apprécié des entraîneurs. Il faut l’accepter comme il est. C’est un ailier parfait pour un troisième trio. Pas un premier. Le Canadien détient encore ses droits pour plusieurs saisons.

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Artturi Lehkonen a de belles qualités, mais il ne sera jamais un grand marqueur.

Paul Byron

On a revu le Byron des beaux jours par moments en séries. Comme Lehkonen, il faut avoir des attentes réalistes à son endroit. Il est rapide, fiable sur le plan défensif, capable de marquer une vingtaine de buts par année lorsqu’il est en santé. C’est un joueur de soutien de luxe dont le contrat s’étire jusqu’en 2023.

Dale Weise

Il a été rayé de la formation après cinq matchs. On ne l’a pas revu. Il devient joueur autonome sans compensation. On ne le reverra pas.

Jordan Weal

Claude Julien lui a donné toutes les chances. Il ne les a pas saisies. Un joueur de soutien sous contrat pour une autre année. Il s’est retrouvé derrière Alex Belzile, Jake Evans et Charles Hudon dans la hiérarchie sous Kirk Muller.

Alex Belzile

Il a offert des performances étonnantes pour un joueur des ligues mineures jusqu’à 28 ans. Il devra se battre pour un poste au sein du quatrième trio l’an prochain, mais il laisse une bonne impression.

Charles Hudon

Hudon a eu la chance de jouer après l’arrivée de Kirk Muller, mais on peut difficilement s’illustrer avec moins de cinq minutes par rencontre. Il deviendra joueur autonome sans compensation. Il ne semble pas dans les plans.