Les gradins sont toujours vides, mais le sang et les dents laissés sur la glace le confirment : les hostilités sont bien engagées entre le Canadien et les Flyers lors de ce premier tour des séries éliminatoires.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

« De toute évidence, il n’y a pas beaucoup d’amour entre ces deux équipes, a commenté Alain Vigneault par vidéoconférence, jeudi midi. Ces deux clubs veulent gagner. C’est très compétitif. La mise en échec sur Travis [Sanheim], c’était un coup près de la tête qui l’a coupé. La mise en échec de Coots [Sean Couturier], en fin de match… parfois, les garçons vont rester des garçons. Pour revenir au coup de Nisky [Matt Niskanen], il ne change pas son angle de course. C’est un jeu de hockey à mes yeux. »

L’entraîneur-chef des Flyers ne prévoit pas de changements importants en prévision du prochain match. « C’est du jeu très serré. Nous avons réussi à égaliser, prendre l’avance, la perdre et provoquer à nouveau l’égalité, mais il faudra réussir plus de jeux avec la rondelle. Si on peut y parvenir, on sera corrects. Mais il y a 20 joueurs de l’autre côté qui rendent notre travail difficile. C’est une série âprement disputée. La différence entre les équipes de la LNH est minime. La ligue est très compétitive. »

Vigneault souhaite un meilleur départ de ses hommes vendredi soir. « Ils ont bien commencé le match. Nous voulions en faire autant, mais leur exécution et le rythme qu’ils ont imposé nous ont compliqué la tâche. Il faudra être meilleurs dès le départ vendredi. »

Certains des meilleurs attaquants des Flyers sont toujours en panne. Sean Couturier et Claude Giroux n’ont toujours pas marqué en huit matchs de séries même s’ils ont cinq et quatre aides respectivement. Le meilleur compteur en saison régulière, Travis Konecny, a seulement trois passes. Shayne Gostisbehere et James van Riemsdyk ont été rayés de la formation lors des deux dernières rencontres.

Enfin, il y a le jeune gardien Carter Hart, chancelant vendredi soir. Hart croyait même avoir été remplacé après un but de Nick Suzuki, mais le jeu a été révisé et le but refusé à la suite d’un hors-jeu commis par Jonathan Drouin. Vigneault compte parler au jeune homme.

« La journée est encore jeune. Je n’ai pas encore eu la chance de le faire. J’ai vu la plupart de nos joueurs au déjeuner ce matin, mais je n’ai pas encore parlé à personne. Je vais le faire plus tard aujourd’hui », a-t-il fait savoir jeudi.

Hayes n’a pas aimé le geste de Suzuki

Nick Suzuki a donné une petite tape amicale sur le casque du gardien Carter Hart après le but de Joel Armia, sur lequel le gardien des Flyers a mal paru. Kevin Hayes n’a pas apprécié ce geste. « C’est de l’immaturité. Je ne sais pas à quoi il a pensé. C’est sa décision. Vous devriez le lui demander. Je ne veux pas jeter davantage d’huile sur le feu. Mais ce n’était pas nécessaire. Je crois qu’ils étaient même coéquipiers au Championnat mondial. Il peut bien dire ce qu’il veut. C’est sa décision. »

Des fleurs pour Chiarot et Weber

Même s’ils affrontent les meilleurs trios adverses, Ben Chiarot et Shea Weber ne permettent pas beaucoup de buts à l’adversaire. Ils sont aussi très robustes et servent de nombreuses mises en échec percutantes à l’adversaire. Weber mesure 6 pi 4 po et pèse 230 lb, Chiarot mesure 6 pi 3 po et pèse 225 lb.

« C’est probablement l’un des duos les plus difficiles à affronter, a mentionné Kirk Muller jeudi matin. On les a vus émerger ensemble sur la côte Ouest l’an dernier. Ils y ont joué le meilleur hockey de la saison. Ils amènent beaucoup de robustesse. »

Evans gagne la confiance de Muller

Utilisée entre quatre et sept minutes à ses trois premiers matchs en séries, la recrue Jake Evans joue davantage pour Kirk Muller. Il a joué 11 min 52 s lors du quatrième match et 9 min 45 s lors du dernier. « C’est une grande expérience pour lui, a commenté Kirk Muller. Il prouve sa fiabilité dans toutes les situations. Il est compétitif et il joue intelligemment. Je n’hésite pas à l’opposer aux meilleurs trios adverses ou en zone défensive dans les situations délicates. C’est un gros atout pour nous. »

Hudon était nerveux

Après une si longue inactivité, Charles Hudon a admis avoir été stressé avant la rencontre. Il participait à son premier match de séries cet été. « Ça fait presque cinq mois que je n’ai pas disputé un match. J’étais nerveux, mais d’avoir été un mois dans la bulle avec les autres m’a aidé. Ce n’est pas facile, mais je vais toujours y croire. »

Hudon a joué à peine 5 min 43 s, cependant. « Le temps de glace, le nombre de présences peut changer de match en match. J’ai fait de bonnes choses. Kirk m’a demandé de ne pas changer, d’être intense et de terminer mes mises en échec et je l’ai fait. »

Hudon a appris à 13 h le jour de la rencontre qu’il disputerait le match en soirée. « On avait une pratique le matin avec les Black Aces [les réservistes]. J’ai pu suivre ma routine, appeler mes parents, ma femme et mes enfants, tout le monde était content. J’ai vécu l’expérience des Black Aces lors des autres années. Cette année, on peut côtoyer ceux qui jouent. C’est la meilleure chose pour tout le monde. Belzile, Olofsson, ceux qui ne jouent pas ont au moins la chance de pratiquer avec Carey Price, Shea Weber, de leur parler. Ça aide à donner le meilleur de nous-même. Ça serait une bonne chose de garder la même formule éventuellement. »