Lors de la série qualificative face aux Penguins de Pittsburgh, Carey Price n’a accordé que sept buts en quatre matchs. Lors de la présente série face aux Flyers de Philadelphie, le gardien du Canadien n’a offert que trois buts en trois matchs. Et pourtant, c’est ce Canadien qui se retrouve à deux défaites de l’élimination.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Cela résume assez bien le quotidien de Carey Price en 15 ans à Montréal : une marge d’erreur souvent inexistante, de bonnes performances… mais souvent, ces bonnes performances ne sont pas appuyées par des buts de la part de ses coéquipiers.

Taux d’efficacité de ,953

Ainsi, après sept matchs des séries cet été, le gardien de 33 ans affiche un taux d’efficacité de , 953, ce qui n’est pas si loin de la perfection. Dans toute la LNH, seul Joonas Korpisalo, des Blue Jackets de Columbus, affiche un taux supérieur (,956) avec le même nombre de matchs joués.

PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE

Seul Joonas Korpisalo, des Blue Jackets de Columbus, affiche un meilleur taux d’efficacité (,956) que celui de Carey Price (,953) avec le même nombre de matchs joués.

Pour la plupart des équipes, ce serait assez pour aspirer à quelque chose de très grand, mais le Canadien n’est pas la plupart des équipes, en plus d’avoir deux visages bien différents : celui du deuxième match de la série, où tout semble possible offensivement, et celui du troisième match, où tout le monde tombe en panne en même temps, bien que le bruit des poteaux ait été entendu à cinq reprises.

C’est pour toutes ces raisons que le quatrième match, présenté mercredi après-midi à Toronto, devient d’une importance capitale.

« Le match de dimanche, c’est juste un match, on a eu des poteaux, mais ce n’est pas une excuse », a répondu Jonathan Drouin en conférence vidéo, lundi. « Il y a des aspects de notre jeu que nous devrons améliorer ; les sorties de zone, c’est quelque chose qu’on a travaillé à l’entraînement [lundi]. »

Il faut s’assurer d’arriver au prochain match avec la mentalité qu’on est capables d’en marquer cinq.

Jonathan Drouin

PHOTO FRANK GUNN, LA PRESSE CANADIENNE

Shea Weber, Jonathan Drouin et Brendan Gallagher se réjouissent d’un but contre les Flyers le 12 août 2020.

Ce Canadien n’est pas à confondre avec une puissance offensive – après tout, l’équipe a marqué 212 buts lors de la saison, seulement au 10e rang dans l’Association de l’Est –, mais l’équipe ne peut pas non plus se permettre de gaspiller des performances de Carey Price très souvent. Parce que le temps presse pour Price, et aussi parce que les présentes circonstances favorisent les surprises.

Le Canadien a déjà surpris un premier club, mais il devra en faire plus pour en surprendre un deuxième.

« De la manière dont on voit ça, on a seulement accordé quelques chances de marquer aux Flyers lors du dernier match », a expliqué l’entraîneur Kirk Muller lundi par conférence vidéo. « On joue bien en défense et on a accordé seulement trois buts depuis le début de la série. »

Il n’y a pas beaucoup d’espace sur la patinoire, mais nous sommes en séries, et ce n’est pas le moment de se laisser aller à la frustration.

Kirk Muller, entraîneur intérimaire du Canadien

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Kirk Muller

« Brendan Gallagher a 30 tirs depuis le début des séries, et d’ordinaire, ses lancers aboutissent dans le filet. Alors, on ne peut pas dévier de notre plan. On a perdu 1-0 dimanche soir. Il faut seulement mieux jouer avec la rondelle et bagarrer pour se créer de l’espace sur la glace. »

En attendant de trouver des solutions, Kirk Muller peut au moins se consoler avec des chiffres qui disent que les présentes séries sont les meilleures de la carrière de Carey Price.

D’où l’importance de ne pas les gaspiller.