On ne se contera pas d’histoires : ce troisième match était aussi excitant qu’une rediffusion du film Doux novembre.

Alexandre Pratt
Alexandre Pratt La Presse

Après avoir pris l’avance en début de rencontre, les Flyers de Philadelphie ont joué du hockey mièvre. Fade. Ennuyant. Mais terriblement efficace. Comment ? En bloquant le centre de la patinoire. Cela a forcé le Canadien à attaquer par les ailes. « Nous avons moins circulé dans le centre que dans le match précédent. On est restés pris le long des bandes », a résumé l’entraîneur-associé du Tricolore, Kirk Muller.

Résultat : le Canadien est resté en périphérie.

Pas dans la première couronne.

Dans la deuxième couronne.

Selon une compilation d’Evolving Hockey, le Tricolore n’a cadré aucun tir à moins de cinq mètres de Carter Hart. Les Flyers, eux, en ont réussi quatre dans la bulle intime de Carey Price. Dont le but gagnant.

Même en reculant à 8 mètres, le Canadien n’a atteint la cible que trois fois. C’est nettement insuffisant pour battre un des meilleurs gardiens de la Ligue nationale.

En décochant de si loin, le Canadien donnait la chance aux attaquants et aux défenseurs des Flyers d’intercepter plus de tirs. Ce que ces derniers ont fait en bloquant 26 tirs.

Vous allez me dire que le Canadien n’a pas été déclassé. Qu’il a frappé cinq fois le poteau. Qu’il a gagné la bataille pour la possession de la rondelle (56 %). Qu’il a brillé en infériorité numérique.

Vrai, vrai, vrai et vrai.

Mais il a aussi commis plusieurs erreurs. Douze minutes de punition, c’est beaucoup. D’accord, les Flyers n’ont pas compté. Sauf que pendant 20 % du match, les meilleurs attaquants offensifs du Canadien sont restés au banc. Ça n’a pas aidé.

Les hommes de Kirk Muller ont aussi connu des difficultés au cercle des mises en jeu. Surtout en première période. Les Flyers – les meilleurs de la LNH dans ce domaine – leur ont offert une classe de maître. Lors de la mise en jeu qui a précédé le but de Jakub Voracek, dès le dépôt de la rondelle, les deux ailiers des Flyers ont changé de position. Les joueurs du Canadien ont gelé. Claude Giroux a ainsi pu échapper à sa couverture, recevoir la rondelle et la refiler à Voracek, caché dans le dos de Ben Chiarot. Un jeu truqué, parfaitement exécuté.

Autre inquiétude : après avoir compté deux fois en supériorité numérique dans le deuxième match, le Canadien a retrouvé ses vieilles pantoufles. À l’exception d’un tir du poignet de Nick Suzuki, brillamment arrêté de la mitaine par Carter Hart, le Tricolore a fait du surplace. Même chose à la fin du match à 6 contre 5. Rien de menaçant. Rien d’intéressant.

Tomas Tatar a terminé la soirée sans tir en 16 minutes de jeu. Brendan Gallagher – qui semble jouer malgré une blessure – continue son travail acharné. Sauf que les résultats ne suivent pas. Quant à Max Domi, il a retrouvé sa cape d’invisibilité. Dommage. Il est en train de gâcher sa chance de se démarquer aux côtés de Jesperi Kotkaniemi et Jonathan Drouin.