Alex Belzile est une des belles histoires de ces séries estivales 2020 dans la Ligue nationale. À 28 ans — 29 ans à la fin du mois — il fait ses premiers pas dans la LNH après avoir buché toute sa vie pour s’y rendre.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Dans la victoire de 5-0 vendredi, Belzile a récolté son tout premier point dans le circuit, une passe sur le but de Joel Armia. Il a travaillé le long de la rampe en zone neutre pour permettre à son équipe de reprendre la rondelle. Jake Evans l’a envoyée à Armia, qui a marqué sur une déviation chanceuse.

Un jeu en apparence anodin, mais que tous ont remarqué.

PHOTO FRANK GUNN, LA PRESSE CANADIENNE

Alex Belzile a récolté son tout premier point dans la LNH lors du match de vendredi.

« C’est pas mal cool pour lui, a reconnu Kirk Muller, dimanche midi, en conférence téléphonique. C’est de la persévérance à son meilleur. Ce qui est cool, c’est que les joueurs l’ont mentionné lors de notre rencontre d’équipe. Ils lui ont demandé de se lever.

« Son parcours est une bonne leçon pour les jeunes. Ce n’est pas toujours un chemin facile vers la LNH. Il a joué dans différentes ligues et ça n’a pas toujours été facile. Mais il a 28 ans, il joue ses premières séries, il obtient son premier point. J’étais content que les joueurs soulignent ça. »

Dimanche, le Canadien renoue avec les Flyers pour le troisième match de cette série de premier tour, qui est à égalité 1-1. Si on se fie aux propos de Muller, tout indique que le trio que Belzile formait avec Evans et Armia sera intact. Les trois ont seulement joué sept minutes à forces égales, vendredi, mais c’était surtout en raison des nombreuses pénalités qui ont marqué la rencontre. Des 60 minutes du match, seulement 38 ont été disputées à 5 contre 5.

« Je pense qu’ils ont fait du bon travail. Ce n’est pas tant leur temps d’utilisation que ce qu’ils en ont fait, a expliqué Muller. Il y a deux jeunes [Evans et Belzile] qui n’ont pas beaucoup d’expérience et ils ont bien joué. Ils ont eu de bonnes présences en échec-avant, ont créé des revirements. Ils ont marqué un but. Armia a joué un gros rôle.

« Je leur ai dit qu’ils doivent avoir confiance en leur capacité de jouer contre n’importe qui. Ils ont joué avec énergie. Leurs minutes n’ont pas de lien avec ce que j’ai pensé d’eux. Ils nous ont apporté de l’énergie. C’était un bon quatrième trio. »

Pour en arriver à ce trio, Muller a dû laisser de côté le vétéran Dale Weise, tandis que Max Domi a été promu à l’aile de Jesperi Kotkaniemi.

Vigneault persiste et signe

Après le match vendredi, Alain Vigneault s’était indigné du fait que Kirk Muller ait envoyé sa première unité d’avantage numérique en fin de match, quand le CH menait 5-0. « Je vais m’assurer que les gars soient au courant au prochain match », avait-il dit.

PHOTO DAN HAMILTON, USA TODAY SPORTS

Alain Vigneault (à droite) et Michel Therrien derrière le banc des Flyers, vendredi

Les entraîneurs tiennent souvent ce genre de propos après un match pour détourner l’attention, mais vont parfois refuser de revenir sur leurs propos par après. L’auteur de ces lignes a donc demandé à Vigneault s’il avait eu besoin de rappeler l’incident à ses joueurs.

« On n’a même pas eu besoin de dire un mot. Tout le monde était au courant. Leur avantage numérique avait marqué deux buts en cinq occasions. C’est 40 %. C’était 5-0 et il restait 2 minutes à jouer. Pas besoin d’en dire plus. »

Le Tricolore a joué le match de vendredi avec une certaine charge émotive au lendemain de la frousse qu’avait subie l’entraîneur-chef Claude Julien. Cette fois, l’émotion pourrait être dans le camp adverse. Les Flyers renouaient en effet avec Oskar Lindblom, leur attaquant qui a reçu en décembre dernier un diagnostic de sarcome d’Ewing, une tumeur cancéreuse qui croît dans les os ou dans les tissus autour des os. Lindblom a complété ses traitements cet été et a participé à un premier entraînement avec l’équipe dimanche matin. Les joueurs ont d’ailleurs marqué le coup à la fin des étirements.

Cela dit, son retour au jeu ne semble pas imminent. Le Suédois a patiné « quelques fois » dans son pays natal avant de revenir en Amérique du Nord, mais il a un certain retard à rattraper. Il a joué son dernier match le 7 décembre. « Ça peut prendre deux semaines, ça peut prendre un mois. J’aurai une meilleure idée quand je vais recommencer à patiner avec les joueurs », a dit Lindblom.

Au moment de son diagnostic, Lindblom partageait le 1er rang chez les Flyers pour les buts avec 11. Il comptait 18 points en 30 matchs et venait au 4e rang des attaquants de son équipe pour le temps d’utilisation (17 min 37 s). Le joueur de 24 ans, choix de 5e tour en 2014, jouait autant en avantage numérique qu’en désavantage numérique.

« Il vient de s’isoler pendant huit jours dans sa chambre d’hôtel pour rejoindre le groupe. Il veut jouer. Nous, on doit faire notre bout et continuer à jouer », a exprimé Vigneault.

Si ça peut rassurer l’entraîneur, les Flyers ont l’habitude de rebondir. Ils n’ont pas subi deux défaites de suite depuis une série de quatre défaites du 31 décembre au 7 janvier.

Par ailleurs, Vigneault a semblé ouvrir la porte à des changements dans sa formation. Blessé à un pied lors du dernier match, l'attaquant Travis Konecny a été aperçu sur la vidéo de l'entraînement de dimanche publiée par les Flyers.