On entend parfois parler de passagers au hockey. Il arrive parfois que Claude Julien en parle lui-même, et quand ça arrive, ce n’est jamais une bonne chose. Parce que ça veut dire que trop de joueurs se sont contentés de faire acte de présence, de jouer « du hockey de bout de palette », comme le dirait probablement le mythique Pat Burns.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Julien n’a pas parlé de passagers quand on lui a posé quelques questions en passant par l’ordinateur mercredi soir. Mais il aurait pu le faire. « On a bien joué, a-t-il commencé par dire. La première période a été difficile, mais on a retrouvé notre rythme par après. »

Ce n’est pas faux, ça, et ça explique en partie ce résultat, une victoire des Flyers de Philadelphie au premier match de cette série par la marque de 2-1.

Ça explique en partie, oui, parce que l’autre partie, Julien n’y a pas fait allusion, mais on va le faire à sa place : il y avait des passagers. Trop de passagers.

Ce n’est pas compliqué, le Canadien gagne quand tous ses joueurs poussent dans la même direction en même temps. Pas huit, pas neuf, mais bien tous les joueurs. C’est comme ça que ce club a sorti les Penguins de Pittsburgh lors du tour de qualification, et c’est comme ça que ce club a connu ses meilleurs moments de la saison, plus tôt cet hiver et cet automne.

Commençons par le plus évident : Tomas Tatar, le meilleur marqueur du club cette saison. Quelqu’un l’a vu dans la bulle ? Non ? Normal, il est invisible, et aussi, il n’a aucun point en cinq rencontres à Toronto. Max Domi, jadis un gars de 70 points, se retrouve lui aussi avec des zéros partout à sa fiche. Joel Armia, celui qui avait « tourné le coin », comme on aime le dire dans les arénas, a lui aussi un gros zéro dans la colonne des points. On est tenté d’ajouter Jonathan Drouin à cette liste, même s’il a marqué un gros but lors de la série contre Pittsburgh.

Et c’est justement le plus gros problème : Philadelphie, ce n’est pas Pittsburgh.

Face aux Penguins, une équipe au concept défensif plutôt suspect, une équipe aux gardiens suspects aussi, il y avait toujours cet espoir, cette très nette possibilité que le Canadien finisse par exploser le temps de deux ou trois buts rapides.

C’est ce bout-là qui s’annonce plus difficile cette fois. On va se garder une petite gêne avant de commander un buste à l’effigie de Carter Hart au Temple de la renommée, mais force est de constater que le jeune homme prend beaucoup de place devant son filet, et qu’avec lui, les cadeaux de Noël en plein mois d’août vont s’avérer rares. Pour avoir des buts, le Canadien devra les mériter. Et pour ça, le Canadien va avoir besoin de la précieuse contribution des messieurs nommés plus haut.

En tout cas, Phillip Danault a vite remarqué que ces Flyers, qui ne sont pas à confondre avec ceux d’antan ni même ceux d’avant, sont bien différents des Penguins.

« Ils ont un peu plus de profondeur, a admis l’attaquant. Ils misent sur quatre trios qui peuvent être dangereux. On va avoir besoin de l’énergie de tous nos joueurs. »

Voilà. Pas seulement besoin de Carey Price (encore très bon mercredi soir), de Shea Weber (aussi), de Jeff Petry (idem). Non, besoin de tout le monde. Le message est très clair.

Les leaders offensifs de cette équipe doivent maintenant le saisir au plus vite.