(Toronto) Un par un, les Maple Leafs se sont assis devant leurs ordinateurs portables, iPads et téléphones intelligents pour faire face à la musique — à distance par vidéoconférence, bien sûr — après une autre saison qui a commencé avec de grands rêves et s’est terminée avec une grande déception.

Joshua Clipperton La Presse canadienne

Ils ont répondu aux questions des journalistes avec des visages longs et des réponses monotones, au sujet de comment une équipe avec tant d’habiletés pouvait à nouveau tomber à plat quand ça compte.

Le sentiment est que Toronto reste sur la bonne voie avec un noyau jeune et talentueux, qui n’a montré qu’un partie de son potentiel.

Les jeunes vedettes prennent plus de responsabilités lorsque les choses tournent mal. Il y a une meilleure compréhension de ce qu’il faut pour gagner, un engagement accru les uns envers les autres et une croissance à tous les niveaux, ont insisté les Leafs.

« Ce ne sont pas des paroles qui vont changer la situation, a dit le président de l’équipe, Brendan Shanahan. Ça viendra avec du travail. »

Toronto a perdu en cinq matchs contre les Blue Jackets de Columbus lors de la ronde de qualification, dans le cadre de la relance de la LNH.

Déficients en défense pendant une grande partie d’une saison écourtée par la pandémie, les Leafs ont fait des progrès dans leur propre zone.

Face aux Blue Jackets, le problème a été l’attaque, surtout lors du match crucial. Toronto s’est incliné 3-0 en match ultime dimanche, au Scotiabank Arena.

« Nous pouvons laisser cela nous décourager, a déclaré Shanahan. Ou nous pouvons faire en sorte que ça rende nos joueurs et notre personnel plus déterminés à se sortir d’une mauvaise situation. »

Le directeur général Kyle Dubas, qui a remplacé Lou Lamoriello en 2018, a donné de gros contrats à Auston Matthews, John Tavares, Mitch Marner et William Nylander.

Avec plus de 40 millions annuellement consacrés aux quatre meilleurs attaquants jusqu’en 2023-24, il semble y avoir peu de marge de manœuvre pour améliorer la ligne bleue ou ajouter de la profondeur.

À moins que de grands changements ne soient faits, en particulier avec le plafond salarial de 81,5 millions qui devrait rester inchangé pendant longtemps encore.

Les Maple Leafs ont été vaincus par des adversaires plus coriaces et plus physiques au cours des trois dernières années : deux séries de premier tour contre les Bruins de Boston, avant le dernier revers contre Columbus.

« Avoir une bonne saison régulière ne suffit plus, a déclaré Matthews, qui a marqué 47 buts, un sommet en carrière. Nous devons trouver une façon de passer au travers de la première ronde. Quatre ans de suite, c’est assez frustrant et un peu gênant. »

Le défenseur Jake Muzzin a confié que franchir cet obstacle et plus dépend de la volonté.

« Si nous n’apprenons pas de cela, alors nous en sortons vraiment perdants, a dit Muzzin, dont la série a pris fin lors du deuxième match, à cause d’une blessure. J’espère que les gars comprennent qu’il faut se retrousser les manches encore plus. C’est ce qui va amener cette équipe au prochain niveau. »

Toronto n’a pas gagné de série éliminatoire depuis 16 ans. La disette sans coupe Stanley en est à 53 ans.

« Personne ne va nous prendre en pitié, a mentionné Shanahan. Il s’agit vraiment de trouver des solutions pour progresser. Nous croyons vraiment en ce groupe. Nous comprenons pourquoi les partisans de l’équipe sont frustrés. Ils ont le droit de l’être. Ils devraient l’être. »

Dubas a remercié l’entraîneur Mike Babcock en novembre, le remplaçant par Sheldon Keefe. L’espoir est qu’avec un camp d’entraînement complet et une saison régulière, les Leafs seront mieux préparés.

« J’aimerais beaucoup que les progrès soient linéaires, a déclaré Dubas. (Mais) il y a beaucoup d’équipes qui traversent des hauts et des bas importants, pour arriver là où elles veulent aller. »