Qui régnera dans l’est ? Les favoris du premier tour ne sont peut-être pas ceux qu’on pense

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Canadien c. Flyers

Sur papier, cela ressemble à une série inégale. Lors de la saison, les Flyers de Philadelphie ont récolté 18 points de plus que le Canadien tout en ayant disputé deux matchs de moins. Et surtout, au moment où tout s’est arrêté en mars, les joueurs en orange et noir étaient sur une folle lancée avec 9 victoires en 10 matchs. Cette folle lancée s’est poursuivie cet été, et les Flyers ont conclu leur premier tour sans avoir subi la défaite et sans même avoir tiré de l’arrière une seule fois. Ça vous donne un peu une idée de l’ampleur du défi qui attend le Canadien, mais c’est justement ce qui peut donner espoir aux partisans montréalais. Souvent, cette équipe trouve le moyen de se dresser quand on s’y attend le moins. Dans le camp des Flyers, c’est l’état de santé de l’attaquant Jakub Voracek qui est cause d’inquiétudes. Si jamais il n’y est pas quand ça va commencer mercredi, ou s’il n’est pas au sommet de sa forme, cela viendrait créer un gros trou dans la formation. Enfin, il semble évident que le résultat final sera avant tout une affaire de gardiens entre le vétéran Carey Price et le jeune espoir Carter Hart. On n’en sort pas.

Le joueur sous les projecteurs
Carter Hart. Après au moins 30 ans de vaines recherches, les Flyers ont-ils enfin trouvé un gardien digne de ce nom ?

La clé de la victoire
Carey Price a conclu le premier tour avec un taux d’efficacité de ,947, et s’il peut remettre ça, le Canadien pourrait bien nous surprendre encore.

Blue Jackets c. Lightning

Dans le cas du Lightning de Tampa Bay, on peut peut-être commencer par poser une question en citant Dave Hilton jr : est-ce que le dommage est « dedans la tête ? » Il faut ici se rappeler que ce même Lightning s’est fait sortir sans amour il y a un an par les Blue Jackets de Columbus, un balayage en quatre parties lors du premier tour des séries de 2019. Est-ce que cette claque en plein visage a laissé des séquelles ? On devrait le savoir bien assez vite, parce qu’en plus de ce lourd souvenir, l’état de santé du défenseur Victor Hedman est source d’inquiétudes dans le camp des Éclairs. De l’autre côté, tout baigne, et le club de l’entraîneur-chef John Tortorella est tellement imprévisible qu’il ne faudrait pas se surprendre de le voir avancer le plus loin possible. En attendant, toute la pression se retrouve sur les épaules du Lightning, une équipe bourrée de talent, certes, mais aussi une équipe qui commence à manquer de temps.

Le joueur sous les projecteurs
Steven Stamkos. L’attaquant vedette a été opéré en mars et depuis, son état de santé inquiète. Sera-t-il présent, oui ou non, lors de cette série ? La réponse à cette question pourrait déterminer le résultat.

La clé de la victoire
Est-ce que le jeu défensif des Blue Jackets pourra museler la meilleure attaque de la LNH ? C’est là que ça va se jouer.

Islanders c. Capitals

La vie, parfois, est faite de ces drôles de hasard : les Capitals de Washington ont attendu des années avant de pouvoir, enfin, soulever une coupe Stanley, et quand ils y sont arrivés, c’est Barry Trotz qui était leur coach… le même homme qui est aujourd’hui l’entraîneur-chef des Islanders de New York. Alors oui, Trotz connaît très bien ses adversaires, mais est-ce que cela sera suffisant ? Sans doute pas. Les Capitals sont une des grosses machines offensives du circuit, et il est permis de croire que leur sortie rapide des séries lors du printemps de 2019 (contre les Hurricanes de la Caroline, en sept matchs de premier tour) ne fut qu’une erreur de parcours.

Le joueur sous les projecteurs
Anthony Beauvillier. L’attaquant des Islanders a terminé le tour de qualification avec trois buts et deux aides.

La clé de la victoire
L’état de santé de John Carlson, le défenseur des Capitals candidat au trophée Norris. S’il n’est pas en mesure de jouer, ça va changer bien des choses.

Hurricanes c. Bruins

Au printemps de 2019, les deux mêmes clubs se sont affrontés en finale de l’Association de l’Est, et ce fut tout à l’avantage des Bruins de Boston : un balayage en quatre matchs, un total de 17-5 au chapitre des buts marqués et, pendant toute la série, les Bruins ont tiré de l’arrière au pointage pendant seulement 13 minutes et 8 secondes de jeu. Qu’est-ce qui pourrait bien être différent cette fois ? Eh bien, en premier, il importe de rappeler que les Bruins n’ont guère été impressionnants cet été, avec une fiche de 0-3 lors du premier tour. Ça tombe bien mal, puisqu’ils devront composer avec un trio de feu, celui de Sebastian Aho, Andrei Svechnikov et Teuvo Teravainen, qui a produit un total de 13 points lors du tour de qualification face aux Rangers de New York. Mais l’expérience milite en faveur des Bruins. À condition que leurs premières performances de l’été ne deviennent pas une tendance pour le reste.

Le joueur sous les projecteurs
Petr Mrazek. Le gardien des Canes partage souvent le boulot avec James Reimer, et il n’a accordé que 3 buts sur 50 tirs lors des deux premiers matchs de la série contre les Rangers.

La clé de la victoire
Le gros trio des Bruins, composé de David Pastrnak, Patrice Bergeron et Brad Marchand, n’a récolté qu’un seul point en trois matchs jusqu’ici. Ça ne peut continuer ainsi.