Vincent Trocheck a fait partie du groupe de joueurs de la LNH qui ont changé d’adresse à la date limite des transactions en février, et il était dans la formation partante dès le lendemain avec ses nouveaux coéquipiers des Hurricanes de la Caroline.

Aaron Beard
Associated Press

Pas facile de s’intégrer si rapidement.

« Quand tu arrives avec une nouvelle équipe, il y a sans aucun doute un petit peu de confusion, a-t-il admis. Les systèmes sont différents, les styles de jeu également. »

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Vincent Trocheck n’a pas eu beaucoup de temps pour s’acclimater aux méthodes et style de sa nouvelle équipe, en Caroline du Nord. Le 1er février dernier, Trocheck (à gauche) jouait encore pour les Panthers de la Floride. Carey Price avait bloqué son lancer en troisième période.

Ces acquisitions se retrouvent dans une toute autre posture, au moment où la LNH relance ses activités en dépit de la pandémie de coronavirus. Les joueurs ont bénéficié de plusieurs mois pour analyser la vidéo. Ils ont obtenu plus de deux semaines d’entraînement pour bâtir leur chimie avec leurs coéquipiers. Et ils pourraient avoir un impact sur le rendement de leurs nouvelles équipes, qui ont acquis leurs services il y a cinq mois pour les séries éliminatoires (retardées) de la Coupe Stanley.

« Quiconque se fait échanger à la date limite des transactions et qui se retrouve dans ce tournoi profitera des circonstances », a évoqué l’entraîneur-chef des Islanders de New York Barry Trotz, dont l’équipe a acquis le joueur de centre Jean-Gabriel Pageau des Sénateurs d’Ottawa.

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Jean-Gabriel Pageau (au centre, en blanc) écoutant les instructions des entraîneurs durant un entraînement des Islanders le 13 juillet 2020.

Ça n’était pas le plan initial, certes, lorsque les équipes ont procédé à ces transactions le 24 février dernier. Au total, 32 transactions ont été enregistrées et 55 joueurs ont changé d’adresse cette journée-là, égalant ainsi le record de la LNH. Les équipes qui aspiraient aux séries éliminatoires espéraient alors que les nouveaux venus passent les six dernières semaines du calendrier régulier à comprendre leurs rouages, en vue des séries printanières.

Le coronavirus a plutôt interrompu l’ensemble des activités de la ligue en mars.

Le circuit Bettman a permis aux équipes de rouvrir leurs installations pour des entraînements volontaires en juin. Puis, un camp d’entraînement de deux semaines s’est déroulé en juillet, suivi du tournoi éliminatoire de la LNH à compter de ce week-end, qui regroupera un total de 24 équipes dans les villes bulles de Toronto et Edmonton.

Pendant l’interruption des activités, certains joueurs ont pu soigner leurs blessures. Les entraîneurs qui ont remplacé ceux congédiés ont pu prendre le temps d’établir leur plan de match. Et les nouveaux venus à la date limite des transactions ont pu rattraper le temps perdu : que ce soit Ilya Kovalchuk chez les Capitals de Washington, ou encore Robin Lehner chez les Golden Knights de Vegas.

Sans surprise, ce fut l’un de ces joueurs — Conor Sheary, de retour avec les Penguins de Pittsburgh — qui a marqué le premier but lors de la relance des activités mardi, dans un match préparatoire contre les Flyers de Philadelphie.

« Les joueurs s’amènent, généralement vers à la fin de la saison, et ils ont un peu de pression de répondre aux attentes, a dit l’entraîneur-chef du Lightning de Tampa Bay Jon Cooper. Tu ne connais personne. Tu ne connais pas les entraîneurs, le système, tes coéquipiers… et puis, tout à coup, te voilà en pause durant quatre mois.

« Ça ne veut pas dire que tu as passé quatre mois loin de tes entraîneurs et de tes coéquipiers. Tu fais partie d’un groupe de discussion sur les réseaux sociaux, tu jases avec tout le monde. Tu connais tout le monde personnellement. Puis, quand tu reviens au jeu, c’est comme si tu te disais que c’était ta deuxième année avec la même équipe. »