Il fut une époque où les trios dans la LNH étaient tous constitués de la même façon : deux bons trios offensifs, un troisième trio défensif et un quatrième, composé de joueurs moins talentueux, mais très fougueux.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Le hockey a changé avec les années. Les durs à cuire ont disparu. Les agitateurs sont moins nombreux. Les entraîneurs aiment avoir le luxe de compter sur quatre trios capables de soutenir le rythme de l’adversaire.

Max Domi était encore au centre de Dale Weise et de Jordan Weal samedi midi lors du dernier entraînement du Canadien avant son départ pour Toronto. Le jeune Jesperi Kotkaniemi n’a donc pas perdu sa place entre Paul Byron et Artturi Lehkonen.

L’entraîneur Claude Julien a toutefois réagi avec vigueur lorsqu’un collègue a osé coller l’étiquette de quatrième centre à Domi.

« J’aurais peut-être dû donner un chandail gris à Domi [pour changer vos perceptions…] », a lâché le coach en vidéoconférence.

« Quand on regarde nos trios, si certains y voient un quatrième trio, c’est une erreur, a-t-il poursuivi. Si vous dites que le trio de Kotkaniemi [avec Paul Byron et Artturi Lehkonen] est largement supérieur à celui de Domi au camp d’entraînement, c’est une erreur. C’est souvent le trio de Domi qui créait les meilleures chances de marquer parmi tous nos trios. Je ne vois pas le trio de Domi comme un quatrième trio, mais comme un bon trio. »

Claude Julien aime la chimie entre Weal, Weise et Domi, même si l’un de ses meilleurs compteurs, Domi, se retrouve avec deux joueurs qui n’ont jamais atteint la marque de 30 points dans une saison.

« Dale Weise a beaucoup d’expérience en séries. Weal, on le place en supériorité numérique, il crée des choses avec la rondelle. Je ne crois pas que Max est déçu de ses compagnons de trio. Les gens pourraient être agréablement surpris par ce trio. »

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Dale Weise a été jumelé à Max Domi et Jordan Weal lors du camp d’entraînement.

Le coach dit avoir cherché à équilibrer ses combinaisons.

« Le trio de Danault [avec Tomas Tatar et Brendan Gallagher] est intact depuis deux ans. [Nick] Suzuki joue avec [Joel] Armia et [Jonathan] Drouin depuis le début du camp. Les deux autres trios sont assez bien équilibrés. Chaque trio peut apporter quelque chose de très positif. Pour se donner une chance de gagner, il va falloir jouer à un rythme agressif et rapide. Ça ne sera pas facile pour moi d’opposer Danault à [Sidney] Crosby ou [Evgeni] Malkin toute la soirée parce que je n’aurai pas le dernier changement [lors des deux premiers matchs]. Quand tu as de la profondeur avec quatre trios équilibrés, ça va te donner une meilleure chance. »

L’entraîneur du Canadien a aussi voulu jumeler des vétérans avec des jeunes. Le CH pourrait compter jusqu’à sept joueurs de 25 ans ou moins, dont deux jeunes de 19 et 20 ans, Kotkaniemi et Suzuki.

« Tu as un bel équilibre, de l’expérience sur tous les trios. Nous avons un club jeune. Tu veux des joueurs d’expérience pour les entourer. Il faut des éléments de confiance sur la glace en tout temps. Les Penguins ont plusieurs trios qui peuvent faire des dommages. Ils ont beaucoup plus d’expérience. [Patrick] Marleau est sur un troisième trio, il a déjà été capitaine. Ils ont les Crosby et Malkin de ce monde. Ils ont l’avantage, mais ça ne veut pas dire qu’on se sent inférieurs. Il y a une confiance de notre groupe. Si on utilise notre vitesse et qu’on respecte les forces de l’autre équipe, on a des chances de réussir. On a des jeunes qui ont de l’énergie et ça pourrait être plus utile qu’on pense. »

Ces combinaisons devraient rester intactes contre les Maple Leafs, mais sujettes à changement au besoin. « Tout dépend de leur production, répond Claude Julien. Si certains ne fonctionnent pas, je ferai des changements. Il n’y a rien de coulé dans le béton. Je dois être prêt à m’adapter aux situations. Mais si les trios restent inchangés, ça voudra dire qu’on joue bien. »

Un dernier entraînement

Tous les joueurs du Canadien étaient sur la glace du Complexe Bell de Brossard, samedi matin. Des coupes, sans doute deux, devraient survenir d’ici la fin de la journée.

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Le Canadien a consacré une portion importante de son entraînement au jeu en supériorité et infériorité numérique.

Comme ces derniers jours, on a consacré une portion importante de la pratique au jeu en supériorité et infériorité numérique. Les effectifs restent inchangés. Nick Suzuki, Brendan Gallagher, Tomas Tatar, Shea Weber et Jonathan Drouin formaient la première vague de supériorité numérique, Joel Armia, Jesperi Kotkaniemi, Jeff Petry, Jordan Weal et Max Domi la seconde. On a travaillé un mouvement rapide de rondelle pendant les exercices.

« Le jeu en supériorité numérique peut faire la différence en séries, a expliqué le capitaine Shea Weber en vidéoconférence après la pratique. Les matchs sont tellement serrés, une occasion réussie peut changer un match. »

Pour l’entraîneur en chef, marquer en supériorité numérique demeure l’élément recherché, mais il y a plus. « Si on ne marque pas autant qu’on voudrait, il faut créer des chances de marquer pour se donner un bon élan pour la suite du match, développer de la bonne énergie. Une mauvaise efficacité en supériorité numérique peut provoquer l’effet contraire. »

Le Canadien a fait un petit match simulé dans les 30 dernières minutes. Alex Belzile, Jake Evans et Ryan Poehling formaient un cinquième trio, Charles Hudon et Laurent Dauphin prenaient leur tour avec un attaquant régulier pour compléter leur trio.

En défense, Shea Weber était toujours avec Ben Chiarot, mais Brett Kulak a retrouvé Jeff Petry. On a beaucoup vu Victor Mete à droite avec Xavier Ouellet, mais il y avait alternance avec Cale Fleury et Christian Folin. Noah Juulsen et Josh Brook formaient un dernier duo.

« Je ne suis pas déçu du tout de ce que je vois de Brett Kulak, a commenté Claude Julien. Il y a encore d’autres entraînements et un match hors-concours. Ça va lui donner la chance de se rattraper. En espérant que ça soit prêt pour le début des séries. »

Le Canadien part donc pour Toronto dimanche. Il affrontera les Maple Leafs en match préparatoire mardi. Le premier match de la série préliminaire contre les Penguins de Pittsburgh sera présenté samedi soir.

On ne donne guère de chances au CH contre Pittsburgh. Les Penguins ont terminé au septième rang du classement général, Montréal 24e. Quinze points séparent les deux clubs.

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Comme tout peut arriver en séries éliminatoires, le capitaine Shea Weber estime que le Canadien a des chances de battre les Penguins.

« On peut être les négligés sans problème, de répondre Shea Weber. On ne devrait pas être insultés. On s’est parlé dans le vestiaire. On se dit que tout peut arriver en séries. De choses bizarres surviennent souvent, en pareilles circonstances, des clubs surprennent au moment opportun avec de bonnes performances de leurs gardiens et un bon jeu collectif. »