Max Domi a finalement rejoint ses coéquipiers sur la glace lundi matin, au Complexe Bell de Brossard. L’attaquant du Canadien, diabétique de type 1, s’était donné une semaine supplémentaire pour évaluer ses risques de reprendre l’entraînement.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Claude Julien a adopté un ton prudent, même s’il semble désormais sûr de pouvoir compter sur lui dans la série contre les Penguins de Pittsburgh dans une dizaine de jours.

« Il est revenu, mais on sait que n’importe quoi peut arriver, a déclaré l’entraîneur-chef en visioconférence après l’entraînement de l’équipe. S’il y a quelque chose qui le met à risque, il peut repartir, mais pour l’instant, c’était bon de le revoir, il est très positif, très encouragé du fait qu’on a un groupe en très bonne santé. »

Malgré ses travers l’hiver dernier, Domi demeure un joueur explosif offensivement. Il a amassé 44 points en 71 matchs, au troisième rang des marqueurs de l’équipe, après avoir dominé le Canadien à ce chapitre la saison précédente avec 72 points.

« Ça nous ajoute un joueur avec beaucoup d’habiletés offensives, de l’expérience dans la Ligue nationale, et il est toujours dans nos trois ou quatre meilleurs compteurs, a dit Julien. Quand un gars comme ça s’ajoute à ton groupe, c’est un plus. »

Supériorité numérique

Domi a fait une première présence sur la glace avant l’entraînement régulier avec cinq joueurs appelés à travailler en supériorité numérique : Jesperi Kotkaniemi, Jeff Petry, Joel Armia, Jordan Weal et Artturi Lekhonen.

Ce dernier alternait avec Domi pendant l’exercice. Le Finlandais perdra sans doute son poste dans cette deuxième vague une fois Domi en mesure de s’entraîner à fond.

Comme lors des derniers entraînements, Phillip Danault, Ryan Poehling, Victor Mete, Cale Fleury et Cayden Primeau se sont entraînés dans un sous-groupe avant les autres. On ignore toujours quand ils seront en mesure de rejoindre le groupe principal.

« C’est une politique de la Ligue et je ne peux commenter, a déclaré Ryan Poehling en visioconférence. On ne sait pas trop encore quand on pourra pratiquer avec les autres. Nos entraîneurs font quand même ce qu’ils peuvent pour nous soumettre aux mêmes exercices que le reste du groupe. Toutes les équipes sont dans le même bateau. »

Ouellet et Kulak absents

Ces cinq joueurs ont-ils été en contact avec des gens atteints de la COVID-19 ? Selon François Gagnon, de RDS, ces cinq joueurs l’auraient en effet été. Xavier Ouellet a participé aux premiers entraînements de l’équipe avant d’être renvoyé chez lui. On n’a toujours pas aperçu Brett Kulak à Brossard.

« Je ne suis pas inquiet, ils ne peuvent pas [s’entraîner] avec nous, c’est tout ce que je peux dire, a fait savoir Julien. Nous ne sommes pas encore dans la phase 4. On n’a pas le choix de s’ajuster. Toutes les équipes ont toutes sortes de défis. Certains s’entraînent avec la moitié d’un club. On reverra certaines combinaisons au fil du camp. »

Il ne faut pas passer trop de temps à se préoccuper de choses qu’on ne peut contrôler avec la COVID-19 parce qu’il y en a beaucoup. Il faut respecter ces choses-là et être patients.

Claude Julien

Pour sa première journée de travail, Domi s’est retrouvé au sein d’un trio avec les réservistes Laurent Dauphin et Alex Belzile. Weal était toujours au centre de Brendan Gallagher et de Tomas Tatar. Les trios de Jonathan Drouin, Nick Suzuki, Joel Armia, et de Jesperi Kotkaniemi, Paul Byron et Artturi Lehkonen étaient intacts.

« On a mis Domi sur ce trio parce qu’il s’agissait de sa première journée à l’entraînement, tout simplement », a dit Julien.

Dans quel trio jouera Domi ?

Julien n’a pas encore décidé où il placerait Domi une fois son retour en pleine forme. La semaine dernière, l’entraîneur-chef n’avait pas voulu exclure d’emblée Kotkaniemi du troisième trio au retour de Domi.

« [Max] peut jouer à l’aile ou au centre. Et je le répète, quelqu’un qui a seulement joué à l’aile ne peut pas jouer au centre, mais on a la chance d’avoir des centres qui peuvent jouer à l’aile. Mais ça ne sert à rien de cimenter nos choses maintenant. Il reste une semaine avant qu’on puisse jouer notre premier match à Toronto. On a encore beaucoup de temps pour faire nos ajustements et il peut arriver plusieurs choses. »

L’entraînement de lundi matin, où on a travaillé entre autres un échec avant agressif et soutenu, tranchait avec les précédents par l’intensité et la vitesse déployées par les joueurs. Domi a pu s’en rendre compte assez rapidement.

[Max domi] a été assez bon compte tenu de la situation. Mais on patine depuis une semaine, c’est un gros ajustement pour lui, même s’il a patiné quelques fois avant de venir ici. Il est en forme, mais le rythme [de l’entraînement] était un défi pour lui. Il va être honnête en disant que c’était difficile pour lui de maintenir le rythme, mais il a fait du bon travail pour une première journée. Il va s’améliorer au fil des entraînements.

Claude Julien

L’augmentation graduelle de l’intensité aux entraînements était prévue. « Il a fallu être créatifs et intelligents dans nos décisions, a souligné Julien. Les premiers jours, on a voulu rebâtir tranquillement la forme physique de nos joueurs, pour éviter les blessures à l’aine ou que les joueurs se sentent brûlés. Jusqu’ici, tout s’est mis en place côté fatigue et énergie. »

On a commencé la phase plus tactique lundi à l’entraînement.

« On donne aux joueurs l’information qui sera importante pour battre les Penguins, a dit Julien. La semaine dernière, on a essayé d’améliorer notre jeu d’équipe en travaillant sur certains aspects, sans trop donner d’information aux joueurs. Je ne commencerai pas à donner tous les secrets, mais on pense qu’on voit des choses qu’on peut faire contre eux qui nous donneront des chances de gagner. »

Price le pince-sans-rire

Carey Price a fait rire la galerie en répondant à un collègue qui lui demandait comment neutraliser les Penguins en supériorité numérique.

« On pourrait gentiment leur demander de rester à l’hôtel, a-t-il d’abord lancé, avec son humour pince-sans-rire habituel. Ou sinon, mettre un effort de groupe pour réduire leur temps et leur espace sur la glace. »

Le gardien du Canadien a bien hâte d’affronter les Penguins, club contre lequel il a eu du succès, mais il a conscience de l’ampleur du défi.

« Tout le monde devra jouer [vraiment bien] pour les battre, a-t-il admis. On gagne et on perd en équipe. Mais on réalise notre chance de participer aux séries. C’est un autre coup de dés. Tout le monde est excité et enthousiaste d’affronter les Penguins et d’avancer en séries. Ils ont un très bon club, mais nous avons confiance. Quand nous sommes à notre meilleur niveau, on peut rivaliser avec n’importe qui. »

Price respecte les Penguins au plus haut point. « Ils ont toujours eu un club exceptionnel, avec deux des meilleurs joueurs de la Ligue dans la même équipe. C’est un défi excitant. On a un historique avec Pittsburgh. Quand on joue contre un des meilleurs clubs, ça fait ressortir le meilleur de notre club. »

Le gardien du Canadien dit toutefois s’ennuyer de sa petite famille. « C’est dur d’être éloigné de mes filles. Elles grandissent vite à cet âge. Ma plus vieille comprend mieux les choses et s’ennuie de moi. Mais on compose avec ça. »

La cheville de Mete va mieux

Blessé à la cheville au cours de l’hiver, Victor Mete dit avoir pu entreprendre son programme de remise en forme fin mars, début avril.

« J’ai pu recommencer dès qu’on m’a enlevé ma bottine [de marche orthopédique]. Ça s’est déroulé mieux que prévu. Je ne pouvais aller sur la glace, car il n’y en avait pas de disponible, mais j’ai fait des exercices de pilates cinq fois par semaine au chalet.

« Je ne sais pas quand je pourrai rejoindre le groupe, mais j’espère revenir avec Petty [Jeff Petry] et je serai prêt pour les matchs. On fait la même chose que le groupe régulier, même si on est seulement deux défenseurs. Si j’ai la chance de rejoindre le groupe, la transition va être facile, car [je me suis entraîné] avec eux les trois premiers jours. »

Poehling a beaucoup réfléchi

Attendu avec fébrilité l’an dernier par la direction du Canadien et les fans, Ryan Poehling n’a pas connu la saison espérée. Il a obtenu seulement 2 points en 27 matchs à Montréal, et 13 en 36 rencontres dans la Ligue américaine.

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Ryan Poehling

« J’ai beaucoup réfléchi pendant la pandémie, a-t-il admis lors de sa visioconférence. Je me suis accordé du repos, car je jouais depuis juillet. Ça m’a aidé. J’ai eu 100 jours pour revoir ce que je pouvais faire mieux. Il faut apprendre du passé et aller de l’avant. Joel Bouchard m’a rappelé à Laval que je devais réfléchir moins sur la glace et exécuté mes jeux plus rapidement. J’avais mes meilleurs matchs quand je le faisais. »

En attendant de rejoindre le groupe principal, Poehling prend exemple sur son mentor, Phillip Danault.

« C’est un exemple parfait pour moi. Nous avons un style semblable, même s’il est un peu plus avancé, évidemment. Il est tellement efficace dans les deux bouts de la patinoire. C’est un joueur sous-estimé. Dépenser autant d’énergie en défense et produire comme il le fait, c’est spécial. »

Le protocole pour franchir les frontières

Les joueurs des équipes américaines seront évidemment soumis à un protocole très strict s’ils veulent traverser la frontière.

Ainsi, ils devront afficher trois tests négatifs à 48 heures d’intervalle dans la semaine avant le voyage, a annoncé la LNH. Tout test positif à la COVID-19 après mercredi ou jeudi empêchera le joueur de se déplacer avec l’équipe. Il devra alors attendre d’être rétabli et d’obtenir la permission d’entrer au Canada. Un plan a été établi pour permettre aux joueurs de rejoindre leur club éventuellement.