Dans les premières semaines de la saison, Nick Suzuki profitait du peu de temps de jeu qu’on pouvait lui offrir, à la droite d’un troisième ou d’un quatrième trio du Canadien. Neuf mois plus tard, et après une pause de plusieurs semaines en raison du confinement, Suzuki est devenu un joueur essentiel, à la veille de la série préliminaire contre les Penguins de Pittsburgh.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Le jeune homme de 20 ans est désormais établi au centre du deuxième trio, entre Jonathan Drouin et Joel Armia, et il aura la délicate tâche, dans la mesure du possible, de contrer Sidney Crosby et Evgeni Malkin.

Samedi matin, il s’entraînait aussi au sein de la première unité en supériorité numérique avec Shea Weber, Drouin, Brendan Gallagher et Tomas Tatar.

« On s’ajuste à mesure que la saison avance, expliquait l’entraîneur Claude Julien en vidéoconférence samedi après-midi, au terme de l’exercice de son club au Complexe Bell de Brossard. Jouer à la droite d’un quatrième trio, ça fait partie de l’évolution d’un jeune joueur. Brad Marchand a commencé sur un quatrième trio l’année où on a gagné la Coupe. Il l’a terminée avec Patrice Bergeron et Mark Recchi sur le premier trio. Tant que le jeune nous montre une progression, il aura sa chance. »

Suzuki n’était pas nécessairement dans les plans en septembre. Même Ryan Poehling semblait le devancer dans la hiérarchie. « On parlait d’un [Phillip] Danault, d’un [Max] Domi qui avait eu une bonne saison, d’un [Jesperi] Kotkaniemi qui avait lui aussi eu une bonne saison, et il y avait [Nate] Thompson au centre. Il a fait sa place et c’est probablement là qu’il va rester. »

Malgré tout son talent, personne n’aurait prédit une progression aussi phénoménale en moins d’un an ! Le jeune homme affichait son calme habituel samedi midi en vidéoconférence, après l’entraînement du CH.

« On a de jeunes centres qui veulent prouver qu’ils peuvent affronter les meilleurs. Je n’y pense pas trop [à la perspective d’affronter Crosby et Malkin]. »

J’ai toujours joué au centre et voulu affronter les meilleurs éléments adverses. C’est ce que j’ai fait au fil des années, je me retrouve simplement au prochain niveau. Je dois prouver que je peux jouer contre eux.

Nick Suzuki

Suzuki a déjà commencé ses devoirs. « J’ai regardé nos derniers matchs contre eux sur NHL.com. Je fais mes propres trucs. La semaine prochaine, on va sûrement analyser leurs tendances sur vidéo. »

Comme Jesperi Kotkaniemi, Suzuki a montré quelques signes d’essoufflement en mars, avant l’interruption de la saison. Il a eu à disputer de nombreux matchs, avec la Coupe Memorial au printemps 2019, le tournoi des recrues, le camp d’entraînement du Canadien et la saison régulière. Il a tout de même réussi à amasser 41 points en 71 rencontres.

« La pause m’a fait du bien, admet-il. Je me suis reposé. Je me sens bien au camp. Après la pause, j’ai recommencé à m’entraîner fort. Les installations ont rouvert trois semaines [chez lui en Ontario] avant le début de notre camp. J’ai patiné une douzaine de fois pendant le confinement et je me suis entraîné en gymnase. »

Suzuki a vécu une belle expérience de séries éliminatoires l’an dernier avec le Storm de Guelph. Il a amassé 42 points, dont 16 buts, en 24 matchs. Deux fois, le Storm tirait de l’arrière par deux défaites dans sa série, avant de remporter le Championnat de l’Ontario. Ils ont été stoppés en demi-finale de la Coupe Memorial par les Huskies de Rouyn-Noranda.

« Cette expérience en séries restera en moi. Ce fut éprouvant psychologiquement lorsqu’on tirait de l’arrière, mais j’en ai tiré des bénéfices importants. »

Suzuki dit avoir toujours tiré une grande fierté de son jeu défensif. « Mon père me rappelait toujours à quel point c’était important d’être responsable défensivement. »

Enfin un match simulé !

Le Canadien a tenu un premier « semblant » de match simulé samedi matin. Une séance dont il a été difficile de tirer des conclusions puisqu’il y avait plusieurs absents, que les mises en échec étaient presque inexistantes pour éviter les blessures et que les joueurs y allaient généralement à un rythme modéré. Même les défenseurs évitaient les gros tirs de la pointe.

Avant l’entraînement, Phillip Danault, Cale Fleury, Ryan Poehling, Cayden Primeau et Victor Mete se sont exercés pendant une trentaine de minutes avant le groupe et ils n’ont pas participé au petit match. Les défenseurs gauchers Brett Kulak et Xavier Ouellet ne sont toujours pas sur place au Complexe Bell de Brossard, tout comme Alexander Romanov, en attente d’un visa pour rejoindre l’équipe depuis la Russie.

Avec les absents, Jordan Weal a remplacé Danault au centre avec Brendan Gallagher et Tomas Tatar. Les trios de Nick Suzuki, Jonathan Drouin, Joel Armia et de Jesperi Kotkaniemi, Paul Byron et Artturi Lehkonen étaient intacts, mais Alex Belzile et Laurent Dauphin ont alterné avec les membres de ces unités. Charles Hudon, Jake Evans et Dale Weise formaient le quatrième trio, avec Laurent Dauphin en alternance. Avec le retour de Danault, le poste de Hudon sera menacé.

PHOTO RYAN REMIORZ, LA PRESSE CANADIENNE

Joel Armia, Jonathan Drouin et Nick Suzuki formeront vraisemblablement le deuxième trio du Canadien.

« J’ai aimé l’intensité, a commenté Claude Julien. En début de semaine, on a commencé à simuler certaines situations de match. Aujourd’hui, c’était un match simulé différent. On voulait garder le rythme élevé. Il y a toujours de la rouille. »

En défense, Shea Weber et Ben Chiarot formaient la première paire habituelle et Gustav Olofsson remplaçait Mete pour la deuxième journée de suite avec Jeff Petry. Christian Folin, Noah Juulsen et Josh Brook alternaient à trois du côté des blancs.

Les absences à gauche ne troublent pas le sommeil du coach. « On ne peut pas donner plus de détails, mais ce n’est pas une inquiétude de notre côté, a dit Claude Julien. On est à plusieurs jours des séries. Les choses devraient se mettre en place à mesure qu’on avance. »

Les entraîneurs ont aussi peaufiné le jeu en supériorité numérique avec les membres d’une présumée première vague : Shea Weber, Tomas Tatar, Nick Suzuki, Brendan Gallagher, Jonathan Drouin. Suzuki à la pointe.

« Ça me prendrait une demi-heure pour expliquer pourquoi on les a mis ensemble, mais on croit que ce groupe de cinq joueurs nous donnera une bonne supériorité numérique, a expliqué Claude Julien. On exercera une autre unité éventuellement. »

Jeff Petry croit aux chances du CH

Le défenseur Jeff Petry aime se rappeler que l’équipe a connu du succès contre les bons clubs l’hiver dernier. « On a bien joué contre les Penguins cette saison. Les circonstances sont différentes, évidemment, mais je crois en nos chances. Si on joue comme on l’a fait contre certaines de ces très bonnes équipes, on peut gagner. On ne devrait pas avoir une approche différente, mais c’était le cas. On savait qu’on devait être au sommet et bien exécuter. Pour une raison que j’ignore, nous le faisions contre les bonnes équipes. »

Petry a appris à la fin des négociations de la nouvelle convention collective qu’il pourrait discuter des termes d’un nouveau contrat plus tôt que prévu. Il aura droit à l’autonomie complète en juillet 2021. « Je mentirais si je disais que je n’y ai pas songé. Mais maintenant qu’on commence les entraînements, je n’y pense pas. Je me concentre sur notre préparation. »

Gustav Olofsson

Le défenseur suédois de 25 ans, obtenu contre le jeune Will Bitten il y a plus d’un an, a été un peu surpris d’être invité au camp du Canadien. Il l’a appris une semaine seulement avant le début de la troisième phase.

« Ça m’a incité à m’entraîner encore plus fort. J’ai reçu mon équipement et je me suis mis au travail [au Minnesota, où il se trouvait pendant la pause]. J’avais encore du travail à faire pour soigner mon épaule, mais je suis complètement rétabli. Je me sens plus proche de la LNH en étant ici chaque jour. Les gars sont dans la ligue pour une raison. Je veux être constant et gagner la confiance des entraîneurs pour obtenir le poste de cinquième, sixième ou septième défenseur. Ces matchs avec le Canadien l’an dernier, peu importe mes performances, m’ont aidé à avoir de meilleures sensations. »

Olofsson est heureux de ne plus avoir à se préoccuper de son épaule, à laquelle il a été opéré deux fois ces dernières années. « Je dépensais beaucoup d’énergie avant et après les entraînements auparavant. Je peux me concentrer sur ce que j’ai à faire, le synchronisme, le positionnement, prendre de bonnes décisions avec la rondelle. C’est bien de pouvoir se concentrer uniquement là-dessus. »