Les partisans des Sénateurs d’Ottawa ont eu ce qu’ils voulaient, mercredi. Mais ils n’ont pas eu exactement ce qu’ils voulaient.

Sylvain St-Laurent
Le Droit

Ils rêvaient de voir un de leurs anciens héros accéder au Temple de la renommée du hockey. Cette joie leur a été accordée.

Ils rêvaient, spécifiquement, que l’ancien capitaine Daniel Alfredsson rejoigne les immortels du sport.

Pour ça, il faudra attendre.

Pour la quatrième année consécutive, « Alfie » a été boudé par les 18 membres du comité de sélection.

Marian Hossa, en revanche, n’a pas perdu de temps. Le jeune retraité de 41 ans sera intronisé dès sa première année d’éligibilité.

Hossa n’a pas oublié la ville dans laquelle il a passé les six premières saisons de sa carrière dans la Ligue nationale de hockey.

PHOTO JIM YOUNG, ARCHIVES REUTERS

Marian Hossa a disputé les six premières années de sa carrière dans la LNH avec les Sénateurs d’Ottawa, de 1997 à 2004.

« Je ne conserve que de bons souvenirs des premières années de ma carrière. Je me trouvais alors privilégié de faire mes débuts dans la capitale du Canada », a-t-il déclaré, dans une longue conférence de presse téléphonique réunissant tous les membres de la cohorte de 2020.

Jarome Iginla, Doug Wilson, Kevin Lowe, Kim St-Pierre et le bâtisseur Ken Holland complètent la cohorte de 2020.

« J’ai eu la chance d’être dirigé par un grand coach, Jacques Martin. J’ai appris en regardant des gars comme Alfredsson et Alexei Yashin durant mes années à Ottawa. »

Il n’en a pas dit davantage à ce sujet.

Il faut dire que Hossa a porté les couleurs de quatre autres équipes par la suite.

En 2005, le directeur général des Sénateurs, John Muckler, l’a échangé aux Thrashers d’Atlanta. À cette époque, certains observateurs affirmaient que l’équipe ne connaissait pas assez de succès en séries éliminatoires parce qu’elle misait sur un trop grand nombre de joueurs européens.

En 2008, Hossa a pris part à la première finale de la Coupe Stanley de sa carrière en tant que membre des Penguins de Pittsburgh. Son équipe a perdu.

En 2009, il s’est retrouvé une fois de plus dans le camp des perdants lors de la grande finale. Il avait alors signé un contrat d’une saison avec les Red Wings de Detroit.

En 2010, Hossa a enfin remporté la Coupe, quand il a pris la décision de se joindre aux Blackhawks de Chicago.

« Quand Patrick Kane a marqué le but gagnant en prolongation, dans le match décisif, j’ai été un des premiers joueurs à sauter sur la glace. Je me suis rué sur un arbitre, pour lui demander si la rondelle avait vraiment traversé la ligne rouge », raconte-t-il.

Ce fut un des moments marquants de ma carrière. Jonathan Toews est allé chercher la coupe au centre de la glace et il me l’a tout de suite tendue. Je conserve, dans mon bureau, la photo de la toute première fois où j’ai pu y toucher.

Marian Hossa

Hossa a soulevé la Coupe Stanley à deux autres occasions, en 2013 ainsi qu’en 2015.

PHOTO ELISE AMENDOLA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Marian Hossa a soulevé la Coupe Stanley à trois occasions durant sa carrière : en 2010, en 2013 ainsi qu’en 2015. Chaque fois, il portait les couleurs des Blackhawks de Chicago.

Il est donc tout à fait naturel qu’il s’identifie davantage aux Hawks qu’aux Sénateurs.

Hossa peut aussi se targuer d’être le premier Slovaque depuis 1998 à recevoir l’appel du Temple.

« C’est complètement fou, quand on pense à tous les joueurs de mon pays qui ont évolué dans la LNH. Seulement deux d’entre eux, Peter Stastny et Stan Mikita, ont eu droit à cet honneur. J’ai remporté la Coupe à ma troisième présence en finale et je serai le troisième joueur de mon pays à accéder au Temple. C’est peut-être mon chiffre chanceux », a-t-il dit avec un sourire dans la voix.

D’ailleurs, parce qu’il vit en Europe, Hossa a reçu en milieu de soirée le coup de fil du président du Temple de la renommée, Lanny McDonald.

« J’ai déjà fini de boire ma première bouteille de vin. Je ne sais pas combien de temps durera cette conférence de presse, mais si ça continue, je me souhaite bonne chance ! »

Doug Wilson

Une deuxième ancienne gloire d’Ottawa fera son entrée au Temple, en 2020.

Doug Wilson a fait carrière à Chicago ainsi qu’à San Jose. Les Blackhawks l’ont repêché au premier tour, en 1977, parce qu’il venait de connaître trois saisons fort productives dans les rangs juniors, avec les 67’s.

Celui qui occupe aujourd’hui le poste de directeur général des Sharks a d’ailleurs profité de la conférence de presse de mercredi pour rendre hommage à son premier mentor, Brian Kilrea.

Wilson n’espérait plus vraiment cet appel. Il était éligible depuis 1996.

Lanny McDonald a lancé un message aux joueurs de talent qui, comme Alfredsson, attendent patiemment leur tour.

« Il y a quelques années, nous avons eu le bonheur de joindre Rogatien Vachon pour lui annoncer la bonne nouvelle. Il attendait, si je ne m’abuse, depuis 37 ans. C’était pour lui le plus grand des honneurs.

« Ce n’est pas simple de récolter les votes de 14 des 18 membres du comité. Parfois, c’est une simple question de timing. Certains, comme Marian et Jarome, ont la chance d’être intronisés à leur toute première année d’éligibilité. Pour ceux qui attendent plus longtemps, ça ne change rien. Accéder au Temple, c’est toujours un honneur. »