Le Temple de la renommée du hockey annoncera mercredi les intronisés de sa cohorte 2020. Jarome Iginla et Marian Hossa figurent parmi les favoris. Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour aussi réparer des injustices répétées chaque année ? Voici 10 grands oubliés du panthéon, du plus ancien au plus récent.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Claude Provost

PHOTO FOURNIE PAR MARK GRECZMIEL

Carol Vadnais (5), des Seals d’Oakland, et Claude Provost (14), du Canadien, à la fin des années 60

Un oubli inexplicable. Considéré comme le meilleur attaquant défensif des années 1960, Claude Provost a participé 11 fois au match des étoiles. Un record parmi les joueurs snobés. Il a aussi neuf bagues de la Coupe Stanley. Un sommet parmi les exclus. Ses statistiques offensives ne sont pas stratosphériques ? Évidemment ! Il était employé à profusion en infériorité numérique. Lorsqu’il a eu sa chance sur le jeu de puissance du Canadien, en 1965, il a terminé en tête des compteurs de l’équipe. Devant Jean Béliveau et Henri Richard. Ce qui lui a valu une nomination au sein de la première équipe d’étoiles de la LNH.

Vladimir Petrov

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Vladimir Petrov

Combien de joueurs de la Série du siècle sont intronisés au Temple de la renommée ? Quatorze du Canada. Trois de l’URSS. C’est un peu gênant. Vladimir Petrov mérite sa place parmi les immortels. Son palmarès est extraordinaire : deux médailles d’or aux Jeux olympiques, neuf autres au Championnat du monde, deux sélections comme joueur de l’année dans son pays, cinq titres de meilleur compteur du championnat de l’URSS. Seul Sergei Makarov a inscrit plus de points que lui dans la défunte ligue soviétique.

Boris Mikhailov

PHOTO TIÉE DU COMPTE TWITTER @RUSSIAHOCKEY_EN

Boris Mikhailov

La « machine à scorer » d’un trio redoutable complété par Vladimir Petrov et Valeri Kharlamov. Boris Mikhailov a réussi plus de 200 buts avec l’équipe nationale de l’URSS. Élu deux fois joueur de l’année dans son pays, et deux fois meilleur attaquant du Championnat du monde. Longtemps capitaine de la formation soviétique, il a également remporté trois médailles olympiques.

Jiri Holecek

PHOTO TIRÉE DE L’INTERNET

Jiri Holecek a été choisi cinq fois meilleur gardien du Championnat du monde.

Dans les années 1970, les Tchécoslovaques pouvaient rivaliser avec les Soviétiques. Ils ont même gagné trois fois l’or au Championnat du monde. Cette équipe manque de reconnaissance. Seulement un joueur — Vaclav Nedomansky — est intronisé. L’autre grande vedette, c’était Jiri Holecek. Un gardien « avec un talent à la Tretiak », selon les journaux de l’époque. Il a été choisi cinq fois meilleur gardien du Championnat du monde — un record. Anecdote : il fut l’entraîneur de Dominik Hasek dans le hockey mineur.

Alexander Maltsev

PHOTO RENÉ PICARD, ARCHIVES LA PRESSE

Alexander Maltsev durant une partie entre la Tchécoslovaquie et l’URSS à la Coupe Canada de 1976 au Forum de Montréal, le 3 septembre 1976

L’idole de jeunesse d’Alexander Ovechkin et Mats Naslund. « J’aimais son style spectaculaire. Il contrastait avec le style conservateur des autres », a déjà confié le Petit Viking à La Presse. Lors d’un scrutin organisé par ABC en 1980, Alexander Maltsev a été élu l’un des trois meilleurs joueurs au monde, avec Guy Lafleur et Wayne Gretzky. Il est le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe soviétique. Il est aussi neuf fois champion du monde — un sommet parmi les exclus du Temple.

Mike Vernon

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Mike Vernon, gardien des Red Wings de Detroit, soulève le trophée Conn-Smythe, le 7 juin 1997.

Un groupe sous-représenté au Temple ? Les gardiens des 30 dernières années. Ils sont seulement cinq (Patrick Roy, Martin Brodeur, Dominik Hasek, Ed Belfour et Grant Fuhr). Mike Vernon devrait s’y trouver. Invité cinq fois au match des étoiles, l’ex-gardien des Flames a gagné deux coupes Stanley, les trophées Conn-Smythe et William-Jennings. Ses 77 victoires en séries le placent au 8e rang de l’histoire. Les six premiers sont au Temple, le septième — Marc-André Fleury — y accédera lui aussi.

Curtis Joseph

PHOTO KEVIN FRAYER, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le gardien des Maple Leafs de Toronto, Curtis Joseph, durant un entraînement au cours des séries éliminatoires, le 25 avril 2001. Il affrontait les Devils du New Jersey.

C’est vrai, Curtis Joseph n’a jamais gagné la Coupe Stanley. Il ne s’est même pas rendu en finale. Mais ses performances soutenues — pendant 19 saisons — méritent d’être soulignées. De tous les gardiens admissibles*, il est le meneur pour les victoires, les parties et les arrêts. Cinq fois, il a terminé dans le top  5 pour le trophée Vézina. Il est aussi un des gardiens les plus productifs de l’histoire, selon l’indice Point Shares, développé par le site Hockey Reference pour comparer les joueurs entre les époques.

Meilleur indice Point Shares parmi les gardiens admissibles

1. Curtis Joseph : 167
2. John Vanbiesbrouck : 153
3. Sean Burke : 142
4. Nikolai Khabibulin : 132
5. Tom Barrasso : 128

Alexander Mogilny

PHOTO CHUCK STOODY, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Alexander Mogilny, à l’époque où il jouait pour les Canucks, avant un match à Vancouver, le 13 octobre 1999

Le spectaculaire ailier des Sabres a terminé sa carrière avec 479 buts. S’il avait pu quitter l’Union soviétique un an plus tôt, ou disputé la saison du lock-out, il aurait sûrement atteint le plateau des 500. Mogilny est le meilleur buteur admissible parmi les joueurs ayant réussi la triple couronne (Coupe Stanley, or aux JO, or au Championnat du monde).

400 buts et triple couronne

Jaromir Jagr : 766 (actif)
Brendan Shanahan : 656 (élu)
Joe Sakic : 625 (élu)
Alexander Mogilny : 479
Sidney Crosby : 446 (actif)
Eric Staal : 417 (actif)

Nancy Drolet

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Nancy Drolet, membre de l’équipe canadienne de hockey, en janvier 1997

Pionnière du hockey féminin, l’attaquante de Drummondville excellait sous la pression. Deux fois, elle a compté le but gagnant de la finale du Championnat du monde... en prolongation ! Parmi les Canadiennes ayant disputé au moins 25 parties officielles avec l’équipe nationale, elle arrive au quatrième rang pour les points par match. Les trois premières sont intronisées.

Points par match avec le Canada

Danielle Goyette : 1,51
Jennifer Botterill : 1,48
Hayley Wickenheiser : 1,41
Nancy Drolet : 1,40
Jayna Hefford : 1,38
Source : Elite Prospects

Sergei Gonchar

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Sergei Gonchar, du Canadien, durant un entraînement au Centre Bell, le 10 janvier 2015

Je termine avec un ancien défenseur russe du Canadien. Andrei Markov ? Non. Il ne sera admissible qu’en 2023. J’y vais avec Sergei Gonchar. Il occupe le 16e rang des défenseurs pour les points. Treize des joueurs qui le devancent ont profité des hauts pointages des années 1980. Pas lui. Il a terminé neuf fois dans le top 10 pour le trophée Norris, et a remporté la Coupe Stanley, en 2009, avec les Penguins de Pittsburgh.

* Pour être admissible, un joueur doit avoir cessé sa carrière professionnelle ou internationale depuis trois ans.