Au moment de se diriger vers le centre d’entraînement de Brossard mardi, pour la première fois depuis le mois de mars, Jonathan Drouin a rapidement compris que, à court terme en tout cas, les choses allaient se passer de manière différente.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« Il faut qu’on prenne notre température à la maison avant de partir le matin, il y a une application sur notre téléphone, et on doit envoyer les résultats au préparateur physique », a-t-il expliqué mercredi matin en conférence téléphonique.

On entre, on sort, il ne faut pas s’attarder... Mais ça fait du bien d’être de retour.

Jonathan Drouin

C’est bien ce qu’il faut retenir de tout ça, selon lui : si ce n’est pas la normalité, au moins, ce n’est pas loin, et ça, c’est mieux que rien.

PHOTO D’ARCHIVES GRAHAM HUGHES, PRESSE CANADIENNE

Jonathan Drouin.

« On ne peut pas se détendre dans la suite qui est réservée aux joueurs et prendre notre temps… On se change, on fait du hors glace, on va sur la glace et puis c’est tout. On ne peut pas passer du temps dans le sauna et le bain. Il faut aussi porter un masque à certains endroits… mais nous sommes chanceux de pouvoir revenir à l’aréna. »

Drouin, comme une poignée de joueurs du Canadien – les autres sont Paul Byron, Laurent Dauphin, Charles Hudon et Michael McNiven –, a donc pu reprendre l’entraînement en vue d’un éventuel retour au jeu dans la Ligue nationale de hockey, espéré à la fin de juillet. Pour l’heure, le début des camps d’entraînement est prévu le 10 juillet. La suite demeure inconnue.

Retour à petits pas

Il s’agit d’un retour qui est effectué à petits pas, parce qu’en attendant, la menace de la COVID-19 demeure bien réelle, et aussi dans le monde du sport professionnel ; cette semaine, des joueurs de la NFL ont été infectés.

« On est des compétiteurs et on veut tous jouer au hockey, a ajouté l’attaquant québécois. On a vu ce qui est arrivé dans la NFL et eux aussi, ils ont des vestiaires comme nous. »

C’est sûr qu’il y a des risques, mais on veut jouer.

Jonathan Drouin

Drouin voit en ce tournoi estival une chance de pouvoir racheter une saison 2019-2020 qui n’avait pas été très bonne pour son équipe. « En regardant le classement, on voit qu’on n’aurait pas participé aux séries, mais ça nous donne une occasion de nous reprendre », a-t-il ajouté.

Tous ses bobos guéris

Sur une note plus personnelle, maintenant : le joueur de 25 ans a dit qu’il était enfin remis, complètement, de tous les malaises qui l’ont affligé cette saison, lui qui a été blessé une première fois au poignet gauche lors d’un match à Washington contre les Capitals, le 15 novembre, et ensuite à une cheville au mois de février.

PHOTO D’ARCHIVES NICK WASS, AP

Jonathan Drouin s’est blessé au poignet gauche, lors d’un match à Washington contre les Capitals le 15 novembre 2019. On le voit ci-haut après une mise en échec d'Alex Ovechkin (sans lien avec la blessure, avait dit l'entraîneur Claude Julien après le match). Grâce à la pause-Covid-19, Drouin est totalement remis.

Évidemment que Drouin, comme nous tous, aurait préféré ne pas avoir à vivre la pause que l’on sait depuis le 12 mars, mais s’il y a un peu de bon dans tout ça pour lui, c’est qu’au moins, les blessures ont maintenant complètement disparu.

« Les deux premiers mois de la saison, je me sentais confortable, plus que jamais auparavant depuis mon arrivée à Montréal… L’équipe jouait bien, je jouais bien, et je me sentais en confiance, contre n’importe quelle équipe et dans n’importe quel aréna. »

J’ai vu que je pouvais avoir un impact chaque soir si je me présentais et que je jouais comme je dois le faire. Alors je veux me ramener à ce niveau de jeu quand le hockey va recommencer.

Jonathan Drouin

Drouin, il faut le rappeler, avait réussi 15 points en 17 rencontres avant de se blesser, en novembre. Il était en train de devenir le joueur que le Canadien croyait avoir obtenu du Lightning de Tampa Bay en 2017, et il veut être de nouveau ce joueur-là lorsque tout va enfin recommencer.

En plus, il a profité des derniers mois pour peaufiner son jeu.

« J’ai passé beaucoup de temps sur mon patio à faire des tirs et à regarder des vidéos pour améliorer mon lancer », a-t-il conclu, en espérant que le confinement lui aura permis de retrouver cette belle touche qu’il avait en début de saison.