Kim Davis a énuméré une vaste gamme d’émotions. Toutes celles ressenties lorsqu’elle a vu la vidéo de la mort lente, au bout de neuf minutes, de George Floyd sous le genou d’un policier blanc dans les rues de Minneapolis.

Joshua Clipperton
La Presse canadienne

Et celles vécues en constatant l’ampleur des manifestations qui ont suivi aux quatre coins des États-Unis.

« L’épuisement… l’optimisme, l’espoir, la persévérance, a dit la vice-présidente directrice de l’impact social, des initiatives de croissance et des affaires législatives de la LNH. L’épuisement, je crois, parce que ça ressemble à de nombreux moments dont j’ai été témoin.

« Et je suis anxieuse », a-t-elle ajouté.

Anxieuse parce que Davis, qui est issue de la communauté noire, espère que les discussions très importantes qui se déroulent actuellement à propos du racisme systémique, de la brutalité policière et de la justice sociale se transformeront en gestes concrets non seulement dans la société, mais également dans son sport.

Plusieurs joueurs de la LNH ont publié divers messages sur les réseaux sociaux depuis la mort tragique de Floyd le 25 mai.

Tout a commencé avec l’attaquant des Sharks de San Jose, Evander Kane, un Afro-Canadien, qui a réagi rapidement et obtenu l’appui public du propriétaire de l’équipe Hasso Plattner. Les gazouillis et les vidéos ont continué à déferler, notamment de la part de P. K. Subban, un autre Afro-Canadien, et d’Auston Matthews, un Latino-Américain. Plusieurs joueurs étoiles ont également dénoncé la discrimination raciale, dont Connor McDavid, Sidney Crosby, Alex Ovechkin, Jonathan Toews, Steven Stamkos et Braden Holtby.

Blake Wheeler a rencontré les journalistes pendant une vidéoconférence qui a duré près de 40 minutes, et toutes les questions relatives au plan de relance des activités de la LNH cet été, en pleine pandémie de coronavirus, semblaient futiles.

Tyler Seguin a manifesté de manière pacifique à Dallas. Zdeno Chara en a fait autant à Boston.

Les joueurs de la NBA et de la NFL ont l’habitude de se prononcer sur divers enjeux de société. Au hockey, cependant, l’histoire est différente — un sport où le conformisme, et non les opinions discordantes, font la plupart du temps la loi.

Mais quelque chose a changé, dernièrement.

« Nous sommes conscients que d’un point de vue culturel dans notre sport, il n’est pas pratique courante pour les joueurs de discuter d’enjeux de société, a convenu Davis, qui a précisé qu’au moins 110 joueurs ont publié divers messages sur les réseaux sociaux. Des gens ont passé la semaine à répéter que pour notre ligue, discuter de la question raciale et d’évoquer "Black Lives Matter" dans la même phrase, c’est quelque chose d’inédit.

« C’est un grand moment pour nous, un moment approprié, et je crois que ça nous permettra de franchir une nouvelle étape d’opportunité et de changement », a-t-elle confié.