Les Flyers de Philadelphie étaient l’une des équipes de l’heure dans la LNH au moment où les activités ont été mises en pause. Mais Claude Giroux reconnaît qu’il ne peut prédire ce qu’il en sera au moment où la saison reprendra.

Stephen Whyno
Associated Press

« Nous sommes devant l’inconnu », a dit Giroux.

Parmi les nombreuses questions entourant la relance de la LNH malgré la pandémie de coronavirus, il y a celle de la qualité du produit sur la glace après une pause de plusieurs mois.

Dans un sport d’équipe, le rythme et la cohésion sont deux choses importantes et les joueurs n’auront pas beaucoup de temps pour retrouver leurs repères avant de lutter pour la Coupe Stanley.

« Nous voulons jouer du grand hockey, a dit le capitaine des Maple Leafs de Toronto, John Tavares. Ce n’est pas une science exacte. Nous ne sommes jamais passés par là auparavant, mais nous voulions prendre la meilleure décision pour que tout le monde soit en sécurité tout en offrant du hockey de très grande qualité. »

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John Tavares

Contrairement au basketball, où un joueur peut dominer à lui seul l’allure d’un match et transporter son équipe sur ses épaules, le hockey brille grâce au synchronisme entre les joueurs — savoir où son coéquipier se trouve, ou se trouvera, pour une passe précise. Le synchronisme au sein des trios est la clé du succès, et c’est ce qui pourrait jouer des tours à certaines équipes après autant de temps hors de la patinoire.

À l’exception d’une poignée de joueurs se remettant de blessures, habitant en Suède ou ayant accès à une patinoire extérieure, la grande majorité des joueurs n’ont pas patiné depuis l’arrêt des activités le 12 mars.

Certains joueurs ont exprimé leurs inquiétudes concernant la qualité du jeu lors de la relance, dont l’ailier des Jets de Winnipeg Patrik Laine, qui s’attendait à être « terrible » à son retour sur la patinoire. Plusieurs gardiens pourraient aussi être rouillés lors de la reprise des activités.

Le défenseur des Penguins de Pittsburgh Kristopher Letang croit que des entraînements en petits groupes de six joueurs seront suffisants pour retrouver la forme. Il pense que les camps serviront surtout aux entraîneurs pour évaluer leur personnel et aux joueurs pour retrouver leur cohésion.

« Le coup de patin et tout l’aspect physique, ça va, a dit le capitaine des Blue Jackets de Columbus Nick Foligno. C’est l’aspect d’équipe, le système de jeu, les sensations, où tout sera un peu plus compliqué. Ce sont des choses qui se développent en répétant les mêmes gestes jour après jour. »

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Nick Foligno

Même si les équipes devaient disputer deux matchs préparatoires avant les premiers « vrais » matchs, la vitesse à laquelle les joueurs retrouveront leur cohésion pourrait faire la différence, surtout dans les séries de qualification au meilleur de cinq matchs.

« Nous allons devoir rapidement retrouver nos bonnes sensations, nous rappeler des principes de base de notre jeu, a dit Foligno. L’équipe qui retrouvera ses repères le plus rapidement va avoir du succès. »

Tous ces facteurs rendront les séries particulièrement imprévisibles.

« Il va y avoir des équipes qui seront déçues, parce que le vent a été coupé de leurs voiles. Il pourrait aussi y avoir des blessures pendant les camps si les joueurs poussent trop vite, a dit le directeur général des Predators de Nashville, David Poile. Ce sera du jamais vu. »