Le Canadien est de retour ! Faites des réserves d’orangeade, de pistaches et de maïs soufflé, car le déconfinement sera tout aussi mouvementé que la dernière saison.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

D’abord, les joueurs ne sont vraiment pas pressés de revenir s’entraîner ici. Je les comprends. Mercredi, la Slovaquie – patrie de Tomas Tatar – a recensé seulement deux nouveaux cas du virus. La Colombie-Britannique ? 11. Le Québec ? 594. Pas super rassurant. Aussi, une fois passées les douanes, les joueurs devront s’isoler pendant 14 jours. Pas très attrayant. Surtout pour ceux qui habitent en appartement.

« Ils sont plus confortables de rester dans leur maison aux États-Unis, reconnaît le directeur général Marc Bergevin. Même chose pour les Européens. Même chose pour les Canadiens [hors Québec]. Ils sont bien. Ils ont des endroits où ils peuvent s’entraîner. C’est un processus qui est en marche. On attend des réponses de nos représentants des joueurs. »

Cette gestion à distance pose problème. Notamment pour la sélection des 30 joueurs qui représenteront le Canadien au tournoi estival souhaité par la LNH. Plusieurs jeunes joueurs soignent toujours des blessures.

Jesperi Kotkaniemi est-il prêt à revenir au jeu ?

« Aucune idée. Il est retourné en Finlande. Tant que nos médecins ne pourront pas s’asseoir avec lui, je ne peux pas te donner une date de retour au jeu. »

Victor Mete ?

« Il est retourné à la maison. Il fait de la réhabilitation. Jusqu’à ce que [nos médecins] mettent la main dessus, je ne sais pas. »

Jonathan Drouin ?

« Lui, il est à Montréal. C’est plus facile de répondre. » (Il a le feu vert.)

Autre incertitude : Max Domi. Pauvre gars. Son contrat vient à terme cet été. Il a connu une saison en deçà des attentes. La qualification inattendue du Canadien au tournoi de la Coupe Stanley représente une chance inespérée de pouvoir se reprendre. D’augmenter sa valeur. Sauf qu’il est diabétique. Donc plus à risque, selon Diabète Québec, « de développer des symptômes sévères et des complications ». Sachant cela, prendra-t-il le risque de jouer ? De compromettre sa carrière et sa santé à long terme ?

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Max Domi, diabétique, prendra-t-il le risque de jouer et de compromettre sa santé ?

Marc Bergevin ne le sait pas.

« Je suis convaincu que la Ligue nationale et le Canadien de Montréal ne [placeront] jamais Max Domi dans une situation où il sera exposé à quelque chose qui pourrait l’affecter à court ou à long terme. Si les [médecins] décident que ce n’est pas [sécuritaire] pour Domi, peu importe la raison, il ne participera pas aux séries. Jamais, jamais, je ne [mettrai la santé de nos joueurs en danger]. Le diabète de Max sera évalué de près. La décision, pour lui, sera la meilleure à long terme et à court terme. »

Un autre dossier irrésolu, c’est celui de l’espoir Alexander Romanov. Le Canadien souhaite pouvoir insérer le jeune défenseur dans son alignement pour le tour de qualifications, contre les Penguins de Pittsburgh. La LNH ne veut pas. Il y a un peu de rififi à ce sujet. Nous en saurons plus bientôt.

Vous reste-t-il encore du popcorn ?

Tout ça, ce n’est que le premier épisode. Les joueurs n’ont même pas encore posé un seul patin sur la glace du complexe d’entraînement, à Brossard.

Suivront les entraînements facultatifs, la loterie pour le repêchage, le camp d’entraînement et, si la situation sanitaire le permet, le tournoi à 24 équipes.

Ensuite, Marc Bergevin devra négocier le prochain contrat de Max Domi. Qui sera peut-être à l’écart de la compétition jusqu’à la fin de la pandémie. Le DG du Canadien devra décider s’il retient ou échange ses futurs joueurs autonomes (Jeff Petry, Phillip Danault, Tomas Tatar, Brendan Gallagher), sans même savoir si la prochaine saison sera annulée – auquel cas il perdrait une monnaie d’échange exceptionnelle.

Enfin, il y a tous les espoirs de l’organisation à qui il faudra trouver de la glace cet automne. Un casse-tête. La Ligue américaine et le junior majeur peuvent difficilement reprendre leurs activités sans spectateurs. La saison de la NCAA risque d’être retardée, car les universités américaines prévoient fermer les campus et présenter les cours à distance pour le trimestre d’automne.

Que restera-t-il ?

Encore là, Marc Bergevin n’a pas la réponse. Il a évoqué brièvement la possibilité de caser Alexander Romanov quelque part en Europe.

« Peut-être qu’il pourrait participer à des matchs avec une équipe en Europe, s’ils peuvent jouer là-bas. En Suède, peut-être qu’ils vont jouer. On ne le sait pas. La Russie ? On ne le sait pas. Peut-être qu’il n’y aura pas de hockey en septembre, octobre, novembre. »

Je vous le dis, faites des réserves. On entre dans une période inédite. Et rocambolesque.