Il n’y aura plus de hockey sur les patinoires de la Ligue américaine cette saison.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Sans surprise, les dirigeants de la LAH ont choisi de mettre fin à la saison 2019-20, une décision qui a été annoncée officiellement lundi matin. Les gouverneurs de la ligue ont tenu un vote concernant le sort de la présente saison vendredi, et de manière unanime, ils ont décidé que la meilleure option était d'y mettre fin. La saison se termine donc sans séries et sans la présentation de la coupe Calder.

Il s’agit d’une décision qui n’a pas causé la surprise parmi les joueurs et les dirigeants de cette ligue.

« On s’attendait à ça, on savait bien que les chances que la saison reprenne étaient minces, a répondu le défenseur Maxim Lamarche du Rocket de Laval, en entrevue téléphonique. C’est sûr qu’on espère pouvoir commencer la prochaine saison à temps, mais personne ne peut savoir ce qui va arriver. »

D’un point de vue purement sportif, il s’agit d’une décision qui tombe bien mal pour le Rocket ; le club-école du Canadien de Montréal n’était plus qu’à quatre points d’une place en séries au moment de la pause, et de l’avis même de l’entraîneur Joël Bouchard, la flèche du club pointait vers le haut.

Mais ce sera pour une autre fois.

« Je pense que peu d’équipes auraient voulu nous affronter en séries éliminatoires, a-t-il expliqué lors d’une conférence téléphonique lundi après-midi. Dans une division très compétitive, je me disais que j’aimerais pas ça jouer contre nous autres ! J’étais optimiste sur nos chances de pouvoir prendre part aux séries. »

Du même souffle, Bouchard comprend aussi qu’il y a présentement des dossiers plus urgents à régler.

« Je ne peux pas faire passer mes intérêts personnels avant ce qui se passe présentement avec la crise. Je ne peux pas oublier ce qui se passe parce que nous sommes déçus de ne pouvoir continuer notre saison. On jouait très bien avant de devoir tout arrêter, surtout lors de nos 10 derniers matchs, mais on n’y peut rien. »

Ce qui est certain, c’est que le hockey de la Ligue américaine va un jour reprendre, et déjà, les dirigeants du circuit planchent sur un plan de retour pour la saison 2020-21. Lundi sur les ondes de Sportsnet, David Andrews, le président du circuit, a toutefois laissé entendre que la réalité de la ligue pourrait être « grandement différente » au moment de ce retour au jeu.

Joël Bouchard dit ignorer ce que cela veut dire pour le moment.

« J’essaie seulement de gérer le présent… Le futur s’en vient, on va se remettre à jouer, mais dans quelles circonstances ? C’est difficile à dire. Je pense qu’au hockey, comme partout ailleurs, ça va être différent quand on va revenir. C’est tout le monde qui va devoir s’adapter. Il est encore tôt, mais on va y arriver, on va s’ajuster. »

Alex Belzile, un attaquant du Rocket, a déjà commencé à penser à 2020-21 et à la suite des choses.

« C’est désolant, on aurait aimé pouvoir continuer, l’équipe était sur une bonne lancée, mais rendus là, on comprend qu’il n’y a pas juste le sport dans la vie, a-t-il dit en entrevue téléphonique. C’est une situation compliquée et les joueurs, je pense qu’on n’avait pas beaucoup d’attentes. Dans mon cas, j’ai subi une blessure à un muscle pectoral (en décembre), et je n’aurais pas pu revenir au jeu avant la mi-juin de toute façon. Maintenant, il va falloir se préparer pour septembre, en espérant que le début de la saison ait lieu comme prévu. C’est ce que j’ai commencé à faire. »

À ce sujet, il est difficile de ne pas remarquer une évidence : pendant que la Ligue américaine se tourne déjà vers 2020-21, la Ligue nationale de hockey, elle, cherche encore une façon de présenter une fin de saison à son calendrier 2019-20. Joël Bouchard a brièvement parlé de « deux situations différentes », mais on peut présumer que le poids financier des contrats de télé et des matchs qui doivent être livrés est beaucoup plus lourd dans la LNH que dans la LAH.

En attendant de recevoir le signal du retour, tant attendu, Joël Bouchard prépare déjà la suite, tout en s’assurant que ses joueurs se tiennent prêts eux aussi. « Je le dis souvent aux joueurs : pendant que tu es en train de regarder la télé ou en train de jouer aux jeux vidéo, il y a probablement un gars dans son garage qui est en train de faire des push-ups ! Nous devrons être prêts. »