Au cours des prochaines semaines, nous vous offrirons une analyse détaillée des 31 clubs de la LNH : le travail du directeur général, le repêchage, les échanges, les joueurs autonomes, les perspectives d’avenir. Aujourd’hui, les Capitals de Washington.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

SITUATION ACTUELLE

Quatre entraîneurs se sont succédés chez les Capitals entre 2007 et 2014, Glen Hanlon, Bruce Boudreau, Dale Hunter et Adam Oates, avec chaque fois les mêmes résultats : après avoir dominé en saison régulière, Washington et son capitaine Alexander Ovechkin n’arrivaient pas à franchir la deuxième ronde de séries éliminatoires.

On commençait à se demander chez les Capitals si Ovechkin, Backstrom et compagnie avaient le style de jeu, ou la volonté, pour connaître du succès en séries éliminatoires.

Arriva en 2014 l’entraîneur Barry Trotz, fraîchement congédié par les Predators de Nashville. Trotz a été embauché par le nouveau DG de l’équipe, Brian MacLellan, promu à la suite du congédiement de George McPhee, en poste depuis 1997 à Washington. Trotz a imposé un style de jeu plus défensif à Washington. L’équipe a outrageusement dominé en saison régulière deux années de suite, entre 2015 et 2017, mais il a fallu attendre une quatrième saison afin de voir enfin les Capitals remporter la Coupe, grâce à quelques échanges opportuns en cours de route et l’arrivée de jeunes joueurs de premier plan repêchés par l’organisation.

Trotz a quitté pour Long Island et les Capitals ont perdu en première ronde l’an dernier. Le noyau vieillit. Ovechkin a désormais 34 ans, bientôt 35, Backstrom 32, T.J. Oshie 33 ans, John Carlson 30 ans, le gardien Braden Holtby pourrait quitter sur le marché des joueurs autonomes à la fin de la saison, mais Washington devrait être dominant encore un an ou deux.

REPÊCHAGE (2009-2019)

Ross Mahoney a été promu adjoint au directeur général par Brian MacLellan en 2014, mais il demeure le patron du repêchage. Mahoney est le grand manitou du repêchage depuis le début des années 2000 à Washington. On lui doit Alexander Semin, Alex Ovechkin, Nicklas Backstrom, Mike Green, Semyon Varlamov, Mathieu Perreault, John Carlson et Braden Holtby, mais il a continué à frapper des coups de circuit dans la dernière décennie malgré une position généralement défavorable.

Ses trois premiers choix en 2009, en première, deuxième et troisième ronde, sont devenus des joueurs réguliers dans la LNH : Marcus Johansson (24e), Dmitry Orlov (55e) et Cody Eakin (85e).

L’année suivante, il repêchait au 26e rang l’un des meilleurs joueurs de la cuvée 2010, Evgeny Kuznetsov, et en quatrième ronde un éventuel gardien numéro un, Phillip Grubauer. Kuznetsov a mis cinq ans à quitter la KHL, mais l’attente en a valu la peine, c’est un centre de 75, 80 points.

Mahoney n’avait pas de choix parmi les trois premières rondes en 2011 et quatre choix au total. Le miracle n’a pas eu lieu. Mais en 2012, avec deux choix de première ronde, il a mis la main sur Filip Forsberg au 11e rang et Tom Wilson au 16e rang. Forsberg a été bêtement échangé aux Predators par McPhee pour un vétéran en fin de carrière un an plus tard. Il s’acheminait vers une sixième saison consécutive de plus de 25 buts. Wilson est l’un des attaquants de puissance les plus craints de la Ligue, capable de marquer entre 20 et 25 buts.

Ses meilleurs coups des cinq dernières années demeurent sans doute Jakub Vrana, 13e au total en 2013, en route vers une saison de 30 buts cette année, et le gardien Ilya Samsonov, 22e au total en 2015, dauphin de Holtby.

Difficile de trouver meilleur recruteur.

Meilleur coup

Evgeny Kuznetsov, centre, 26e au total en 2010.

Six joueurs repêchés avant lui ont disputé moins de 100 matchs dans la LNH, onze n’y sont plus ou jouent des rôles marginaux.

Pire coup

Lucas Johansen, défenseur, 28e au total en 2016

Il n’a toujours pas disputé le moindre match dans la LNH à 22 ans. Préféré à Sam Steel, Alex DeBrincat, Carter Hart, Filip Hronek et Samuel Girard. Les erreurs de Mahoney sont difficiles à relever.

Meilleur espoir

Connor McMichael, centre, 25e au total en 2019.

Il vient d’amasser 102 points en 52 matchs à London dans la Ligue junior de l’Ontario, et obtenu sept points en autant de rencontres au Championnat mondial junior.

ÉCHANGES

À compter de 2010, George McPhee a fait plus de mauvais échanges que de bons. Échanger un choix de première ronde en 2011 aux Hawks (Phillip Danault) pour Troy Brouwer n’était pas une très bonne idée. Au moins, l’échange de Semyon Varlamov au Colorado pour des choix de première et deuxième ronde en 2012 a rapporté Filip Forsberg. Mais rien cependant ne peut surpasser la perte de Forsberg, échangé pour le vétéran Martin Erat dans les derniers instants de la date limite des échanges en 2013. Ironiquement, Ross Mahoney avait dû s’absenter du quartier général des Capitals pour la première fois de sa carrière ce jour-là, m’avait confié McPhee quelques années plus tard. Jamais Mahoney n’aurait permis un tel échange.

MacLellan, lui, le bras droit de McPhee depuis 2004, a fait beaucoup mieux. Obtenir T.J. Oshie pour Troy Brouwer des Blues en 2015 constitue un vol. Oshie a obtenu quatre saisons de 25 buts ou plus en cinq ans. Il a amassé 21 points en 24 matchs lors de la conquête de la Coupe. Brouwer est resté un an avec les Blues, obtenu 39 points, dont 18 buts.

L’acquisition en 2016 de Lars Eller du Canadien pour deux choix de deuxième ronde a été payante. Eller a obtenu 18 points en 24 matchs l’année de la Coupe et il allait franchir la marque des 40 points cette année.

Kevin Shattenkirk, par contre, a coûté un choix de première ronde en 2017. Il n’a fait que passer à Washington.

Meilleur coup

T.J. Oshie pour Troy Brouwer.

MacLellan rachetait ainsi le choix de première ronde offert par McPhee pour Brouwer quelques années plus tôt.

Pire coup

Filip Forsberg pour Martin Erat. L’un des pires, sinon le pire de la dernière décennie.

JOUEURS AUTONOMES

Comme les Capitals sont coincés par le plafond salarial depuis cinq ans, ils ont été bien discrets sur le marché des joueurs autonomes. Leur dernière dépense importante remonte à 2015 avec Justin Williams, deux ans pour 6,5 millions. Williams leur a donné deux belles saisons de 22 et 24 buts.

En 2014, on a revampé la défense en accordant 40 millions pour sept ans à Matt Niskanen et 27 millions pour cinq ans à Brooks Orpik, deux rivaux des Penguins.

Meilleur coup

Matt Niskanen a été payé cher, mais il a solidifié la défense des Capitals et permis d’alléger la pression sur les épaules de John Carlson, un droitier comme lui, le temps de voir Carlson s’épanouir.

Pire coup

Roman Hamrlik, deux ans, 7,5 mllions en 2011. Hamrlik quittait le Canadien pour Washington. Il était déjà au bout du rouleau. Après une première saison difficile, il était soumis au ballottage et réclamé par les Rangers.

Dix saisons (neuf rondes remportées, une exclusion)

2010-2011 : 48-23-11, 1er Est, deuxième ronde.

2011-2012 : 42-32-8, 7e Est, deuxième ronde.

2012-2013 : 27-18-3, 3e Est, défaite première ronde.

2013-2014 : 38-30-14, 9e Est, OUT.

2014-2015 : 45-26-11, 4e Est, deuxième ronde.

2015-2016 : 56-18-8, 1er Est, deuxième ronde.

2016-2017 : 55-19-8, 1er Est, deuxième ronde.

2017-2018 : 49-26-7, 3e Est, Coupe Stanley.

2018-2019 : 48-26-8, 3e Est, défaite première ronde.

2019-2020 : 41-20-8, 3e Est, (dix points d’avance sur le dernier club exclu des séries).

(Demain : les Jets de Winnipeg)

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