Sur le coup, quand Maxim Lapierre a appris que sa saison de hockey en Allemagne était annulée, il a trouvé ça un peu moche. Maintenant, quelques semaines plus tard, il comprend un peu mieux pourquoi cette décision a été prise.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« Quand ça a commencé en Allemagne, la crise, personne ne savait comment aborder ça, explique-t-il en entrevue téléphonique. C’est comme si sur le coup, personne ne savait comment réagir ni quoi faire. Mais aujourd’hui, on voit bien qu’annuler la saison, c’était la chose à faire. J’ai trois jeunes enfants et on a essayé de sortir de là au plus vite ! »

Lapierre venait à peine de disputer sa première saison avec le club de Berlin, les Polar Bears. Quand la crise a frappé, il s’est rué au supermarché le plus proche.

« Je suis parti pour aller faire des provisions parce qu’on a trois jeunes enfants, mais c’est comme si j’étais le seul dans la place à faire ça à ce moment-là, ajoute-t-il. Ce n’était pas encore la panique. Je pense que je suis rentré à Brossard avec la famille quatre ou cinq jours après la fin de notre saison. »

Pour l’instant, l’attaquant québécois fait comme le reste du monde du hockey, comme le reste du monde tout court : il attend. Il lui reste une année de contrat avec le club de Berlin, et si tout va bien, il va reprendre l’avion à la fin de juillet pour aller y poursuivre sa carrière.

C’est du moins le plan.

« Comme on dit dans le milieu du hockey, ce sera une décision d’avant-match ! C’est ce que je veux faire, mais je dois aussi penser à l’école pour mes enfants à Berlin ; est-ce que l’année scolaire pourra commencer à la date prévue là-bas ? On ne le sait pas encore, mais tout ça est très loin pour le moment. »

PHOTO DAVID W CERNY, ARCHIVES REUTERS

Maxim Lapierre a joué pour l’équipe nationale canadienne aux Jeux olympiques de PyeongChang, en Corée du Sud, en 2018.

Pour l’heure, Lapierre garde la forme avec les moyens du bord.

« J’ai quelques affaires chez nous, un tapis, des poids, mais évidemment que ce n’est pas la même chose… J’ai 35 ans et les dirigeants de mon équipe me laissent tranquille un peu avec la question de l’entraînement à la maison, mais ils me font confiance, j’ai encore mon entraîneur personnel qui est à Montréal. »

C’est sûr que ce n’est pas pareil ; s’entraîner à la maison, ça ne veut pas dire qu’on est en forme pour disputer des matchs de hockey. Je ne sais pas quand ça va recommencer, mais je dirais que ça va prendre au moins deux à trois semaines aux joueurs avant de pouvoir retrouver leur forme de match.

Maxim Lapierre

« En plus, tu ne peux pas recommencer en te poussant à fond en partant, parce que ça va mener à des blessures. Pour les joueurs de hockey, le retour à la compétition devra être fait de façon graduelle. »

Et pendant que la LNH étudie tous les scénarios possibles, incluant celui de présenter des matchs cet été devant des gradins vides, Maxim Lapierre estime que les réalités ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

« En Europe, les ligues de hockey ne touchent pas les mêmes revenus de télé que les clubs de la LNH. En Europe, les clubs vont avoir besoin de l’argent des guichets. »

En attendant, Maxim Lapierre reste chez lui avec sa famille, et tente de contribuer comme il le peut. « Je trouve que l’initiative du Panier bleu est excellente. J’écoute ce que M. Legault dit à tout le monde et je suis le courant moi aussi. Si on peut acheter des produits d’ici, pourquoi ne pas le faire ? »