Andrei Markov était en train de s’amuser avec ses enfants lorsque La Presse lui a passé un coup de fil. Ce genre de scène familiale sera son quotidien dans le futur immédiat, et le nouveau retraité du hockey n’a aucun problème avec ça.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« J’étais prêt à passer à autre chose, je savais que pour moi, le temps était venu, a-t-il expliqué en entrevue téléphonique avec La Presse lundi. Je le savais avant même le début de la saison. Je me suis cassé un os dans le pied en début de calendrier cette saison, et je n’ai pas été en mesure de jouer beaucoup ensuite. Mais les blessures, ça fait partie du travail quand on joue au hockey. »

Ce travail, Markov l’a aimé et adoré pendant de longues années : 16 saisons en tout chez le Canadien de Montréal, l’équipe qui l’avait repêché avec un lointain choix de sixième tour au repêchage de 1998, puis trois autres saisons pour finir dans la KHL, dont la dernière à Yaroslavl, où il n’aura pu disputer seulement que 23 matchs en raison des ennuis de santé.

Ce n’est probablement pas la conclusion idéale, mais Andrei Markov n’a aucun regret. Au bout du fil, on ne détecte plus l’amertume de jadis, la déception de celui qui aurait bien aimé pouvoir revenir à Montréal le temps d’un dernier tour de piste.

Parce que cette déception n’est plus en lui.

« J’ai essayé de revenir avec le Canadien une dernière fois l’année dernière, mais ça n’a pas fonctionné… J’aurais aimé pouvoir jouer 1000 matchs avec l’équipe, et ce n’est pas arrivé. J’étais déçu mais je ne le suis plus. Je suis très bien capable de vivre avec le fait que je n’ai pas atteint la barre des 1000 matchs avec le Canadien. C’est sûr que c’est un beau nombre, 1000, mais il n’y a plus rien que je puisse y faire.

« C’est dur de penser à tous ces bons moments vécus avec le Canadien et de pouvoir en identifier un seul, parce que dans ma tête, il y a tellement de bons souvenirs que je vais conserver de mes années à Montréal. Je dirais que pour moi, chaque année avec le Canadien fut une année spéciale. »

À ce sujet, les chiffres viennent nous rappeler que l’union entre Markov et le Canadien, bien que conclue de manière un peu hâtive en 2017—il voulait un nouveau contrat de deux ans, le Canadien insistait pour une seule année—, aura été très spéciale, en effet. Le défenseur de 41 ans se retire avec une récolte de 572 points en 990 matchs dans le maillot montréalais. En tout, ces 572 points viennent le placer au deuxième rang de l’histoire du club au palmarès des points parmi les défenseurs, à égalité avec Guy Lapointe.

Est-ce que cela serait suffisant pour un retrait de chandail, ou encore suffisant pour une cérémonie spéciale un de ces jours au Centre Bell ?

« Ce n’est pas à moi de prendre une telle décision, s’est-il contenté de répondre. Si jamais le Canadien décide de me revoir, je suis sûr qu’ils vont me le faire savoir. S’ils décident de m’inviter au Centre Bell, ça va me faire plaisir d’y aller. »

Mais tout cela ne fait pas partie des priorités d’Andrei Markov pour le moment. Dans l’immédiat, ce qu’il veut, c’est de passer du temps en famille. Il n’exclut pas un retour dans le monde du hockey un de ces jours, si jamais quelqu’un, quelque part, lui fait une offre intéressante.

Avant de prendre congé, Andrei Markov veut rajouter quelque chose. Non, il n’a certes pas été le joueur le plus démonstratif de l’histoire du hockey, mais il a, de toute évidence, savouré chaque coup de patin qu’il a donné par ici.

Et il aimerait que ça se sache.

« Les partisans du Canadien sont les meilleurs partisans du monde… J’aimerais les remercier pour leur appui et leur aide. Et je voudrais aussi leur dire d’être patients ; un jour, ils vont être récompensés ! »