Comme tous les joueurs de la LNH, Pierre-Luc Dubois a eu un choix à faire au moment où tout s’est arrêté, il y a environ un mois : rester dans la ville de son équipe et attendre que la normalité revienne… ou bien rentrer à la maison au plus vite.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Dans son cas à lui, la maison, ce n’est plus au Québec, puisque ses parents n’y sont plus. En lieu et place, la maison, maintenant, c’est Winnipeg ! Ce qui signifie, depuis Columbus, un beau et long voyage de quelque 17 heures en voiture…

PHOTO GRAHAM HUGHES, PRESSE CANADIENNE

Pierre-Luc Dubois, des Blue Jackets de Columbus, a déjoué le gardien Carey Price sous les yeux de Shea Weber (6) au Centre Bell le 2 février 2020.

« Mon père Éric est entraîneur adjoint avec le Moose du Manitoba (de la Ligue américaine), et il vit à Winnipeg avec ma mère depuis quelques années, de raconter Dubois en entrevue téléphonique avec La Presse. Je n’allais pas rester seul dans mon appartement à Columbus, alors j’ai pris la voiture avec mon chien. C’est sûr que c’est long, 17 heures de route, mais je voulais que cette période de confinement soit quelque chose de bon, alors c’était la décision à prendre dans les circonstances. »

Pour l’attaquant des Blue Jackets, le confinement, il fallait que ce soit avant tout une affaire de famille. C’est pourquoi il a choisi de mettre le cap sur Winnipeg, et c’est aussi pourquoi il a choisi d’aider du mieux qu’il le peut au Québec.

Ainsi, les habitants de la résidence Julie-Viger, à Saint-Basile-le-Grand, vont recevoir une belle surprise mardi : Dubois, en partenariat avec IGA, fera don de 23 paniers d’épicerie aux aînés qui y sont… incluant ses grands-parents paternels.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Pierre-Luc Dubois, des Blue Jackets de Columbus, a expliqué son point de vue à Jeff Petry, du Canadien, au Centre Bell le 2 février 2020

Pour le joueur de 21 ans, qui connaît bien ce coin du Québec puisque son père y est originaire, c’était la chose à faire en ces temps difficiles.

« On aimerait voir les grands-parents ces temps-ci et évidemment, on ne peut pas, alors je cherchais à leur faire un cadeau, si on veut, d’expliquer Dubois. Mes grands-parents approchent les 80 ans et ils font partie de la population qui est à risque présentement, surtout que mon grand-père a déjà subi une opération au cœur. Je me dis qu’au moins, avec ça, ils n’auront pas besoin de s’inquiéter de l’épicerie pour la semaine.

« Il faut réaliser que ce n’est pas facile en ce moment pour les personnes âgées comme mes grands-parents. C’est sûr que présentement, ils aimeraient mieux être avec nous. On fait ce qu’on peut, on essaie de garder contact avec eux en les appelant. L’idée avec les paniers d’épicerie, c’était d’aider, tout simplement. »

PHOTO JEFFREY T. BARNES, AP

Pierre-Luc Dubois, contrôlant la rondelle durant un match entre les Blue Jackets et les Sabres à Buffalo le 31 mars 2019.

Du reste, Pierre-Luc Dubois passe ses jours à attendre des jours meilleurs. Il se tient informé des derniers développements, et garde le contact avec les divers représentants de l’Association des joueurs, pour savoir un peu ce que le futur immédiat réserve au monde du hockey. La période de quarantaine des joueurs et des équipes, qui doit en principe se terminer mercredi, sera de toute évidence prolongée.

Et ensuite ?

« Ce serait le fun qu’on puisse jouer les séries quelque part cet été, ajoute-t-il. C’est ce que je souhaite. Comme tout le monde, j’ai entendu parler d’un tournoi de 24 équipes et j’espère que ça va arriver, même si ce n’est pas à nous les joueurs de décider ça. Il va falloir suivre les consignes et s’ajuster selon ce qui est décidé, mais je me dis qu’il n’y a pas de mal à y croire. Je participe aux appels qu’on fait avec notre équipe, et je me tiens informé, mais pour le moment, on n’en sait pas plus. Je garde la forme ici et j’espère. »

De toute façon, pour le moment, ce qui compte en premier, c’est la famille. Pierre-Luc Dubois fait partie de ceux qui le réalisent pleinement.