Guillaume Latendresse a toujours eu l’appui de ses parents dans ses projets. Mais comme toute bonne mère, Linda Sanche voulait s’assurer que son grand garçon ne se mette pas les pieds dans les plats avec son nouveau projet, un baladodiffusion au style décontracté qu’il anime avec Maxim Lapierre.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

« Ma mère avait des questionnements. “Là Guillaume, t’as pris une bière, es-tu sûr ?” »

– Ben oui maman, c’est ça le but du show ! C’est pour ça qu’on a appelé ça La Poche bleue !

La Poche bleue, c’est donc ce nouveau balado qui permet aux deux vieux amis de refaire équipe « officiellement » pour la première fois depuis leurs belles années chez le Canadien, il y a une décennie.

>>> Écoutez le balado La Poche Bleue

Et au-delà des apparences d’un gag, le nom est plutôt songé, bien ancré dans l’actualité !

« Le nom est super drôle. Sur des vêtements, ça peut être très accrocheur, rappelle Latendresse au bout du fil. Mais dans les faits, l’idée nous est venue après le lancement du Panier bleu. Peu importe le temps que ça va durer, on va se souvenir que le projet est né pendant le confinement. La poche, c’est la poche de hockey qui est pleine d’anecdotes. Et le bleu, c’est pour la promotion des athlètes d’ici, des bières d’ici, du Québec. »

Décontracté

Le premier épisode officiel a été enregistré — et diffusé en direct sur la chaîne YouTube du duo-samedi dernier. L’idée est maintenant d’en faire un rendez-vous hebdomadaire, tous les jeudis, 21 h, sur cette même chaîne YouTube. Latendresse nous promet d’ailleurs un « gros nom » pour le prochain épisode ; son identité sera dévoilée sur Instagram sous la forme d’une devinette d’ici à jeudi.

Le produit : une émission au ton décontracté, aucunement formel. L’inspiration : le balado Spittin Chiclets, qui connaît un succès bœuf du côté anglophone avec les anciens joueurs Ryan Whitney et Paul Bissonnette.

« On veut vous parler comme on jase à nos coéquipiers dans l’autobus en revenant d’une game de hockey, sans restriction », explique Maxim Lapierre en introduction de l’épisode de samedi.

Dans cet épisode, justement, les anciens joueurs Georges Laraque et Éric Bélanger, de même que le skieur acrobatique Mikaël Kingsbury se sont succédé au micro, et les internautes avaient droit de parole lors d’une période de questions à la fin. Les moments forts ? Kingsbury qui boit un gin tonic dans son globe de cristal pour la première fois, Bélanger qui admet que Mikko Koivu n’était pas son coéquipier préféré, Laraque qui raconte comment il a averti Lapierre de laisser Sidney Crosby tranquille. Mais ces questions mènent aussi à des réflexions plus poussées, par exemple quand Lapierre, Latendresse et Laraque débattent sur l’utilité des bagarres.

Beaucoup de hockey, mais on souhaite aussi inviter des athlètes d’autres sports, comme ce fut le cas avec Kingsbury.

« On veut du monde énergique, des Marianne St-Gelais, des Roseline Filion, des athlètes qui ont des histoires à raconter, rappelle Latendresse. On veut aussi faire la promotion des athlètes olympiques. Et des joueurs qui jouent dans l’ECHL, en Russie. Leurs histoires sont aussi bonnes que des joueurs de la Ligue nationale ! Des podcasts, il y en a beaucoup, mais des podcasts d’anciens joueurs en français, il n’y en a pas autant. Et même si on n’a pas d’invités, on a notre vécu de joueurs, on a nos histoires à raconter. »

En rodage

Il y a évidemment des imperfections à corriger. Les délais dans la première entrevue avec Laraque rendent l’écoute difficile ; c’était d’ailleurs moins chaotique avec Kingsbury. Idem pour le lancement du thème en début d’émission. Le tout est fait avec les moyens du bord, on comprendra ! « Plus on va en faire, plus on va s’améliorer, rappelle Latendresse. Selon les invités, le ton sera différent. Des fois, c’est plus wild, on laisse tomber un ou deux sacres, mais sans exagérer. »

Et dans un monde idéal, le tout sera enregistré dans un même studio, quand les règles de confinement seront relâchées. « Max a une pièce qu’il n’utilise pas chez lui. On va pouvoir la peinturer à nos couleurs, acheter 2-3 caméras. On a reçu plein d’appels, des gens de marketing qui veulent faire grossir ça. Le message qu’on reçoit, c’est que les gens aiment l’authenticité et le côté humain de l’émission. »

Le duo se donne les prochains mois pour faire du rodage. Lapierre devrait ensuite repartir au milieu de l’été pour l’Allemagne, où il poursuit sa carrière sur glace. Si, bien sûr, les conditions le permettent.

Pour Latendresse, c’est un projet qui s’ajoute dans une après-carrière drôlement bien remplie. Il y a ses apparitions à RDS et au 91,9 Sports. Mais le gros de son temps, il le consacre aux Riverains du Collège Charles-Lemoyne (Ligue de hockey midget AAA du Québec), dont il est directeur général et gouverneur.

« Là, je suis déjà dans les commandes de vêtements, les réservations d’hôtels et d’autobus pour la saison prochaine. Je fais des genres de podcasts pour la page Facebook de l’équipe, pour présenter les membres de notre équipe. J’ai commencé avec notre préparateur physique, je vais en faire un avec le physiothérapeute. C’est pour que le jeune apprenne à nous connaître. »