Depuis la cessation des activités de la LNH, nous vous offrons chaque jour une analyse détaillée des 31 clubs de la LNH : le travail du directeur général, le repêchage, les échanges, les joueurs autonomes, les perspectives d’avenir. Aujourd’hui, les Predators de Nashville.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

SITUATION ACTUELLE

Les Predators sont l’une des bonnes équipes de la dernière décennie. Ils font partie d’un groupe restreint de huit clubs à avoir remporté sept rondes tout en ayant été exclu des séries deux fois ou moins. Ils ont atteint la finale de la Coupe Stanley pour la première fois de leur histoire en 2017. Il faut retenir les décisions du printemps 2014. Après deux exclusions consécutives des séries éliminatoires, le DG David Poile a congédié son entraîneur Barry Trotz, en poste depuis la naissance de l’organisation en 1998, pour le remplacer par un coach axé davantage sur les systèmes de jeu offensif. Deux ans plus tard, en janvier 2016, Poile échangeait son brillant jeune défenseur Seth Jones pour obtenir un centre offensif, Ryan Johansen. Quelques mois plus tard, Poile échangeait courageusement son capitaine Shea Weber en retour du dynamique P. K. Subban. Dès la saison suivante, l’équipe atteignait la finale de la Coupe Stanley. Les Predators demeurent une formation redoutable, même si l’acquisition de Matt Duchene l’été dernier n’a pas donné les résultats espérés. Le noyau défenseur demeure solide malgré le départ de Subban l’an dernier avec Roman Josi, Ryan Ellis et Matthias Ekholm, tous repêchés et développés par l’organisation. Il faudra néanmoins trouver un remplaçant éventuel au gardien Pekka Rinne, 37 ans, dont le rendement décline d’année en année. Seras-ce Juuse Saros, selon vraisemblance le nouveau gardien numéro un cette saison ? Nashville a une fiche de 16-11-1 depuis le congédiement de Laviolette en janvier et l’arrivée de John Hynes. Ils viennent de se replacer dans le groupe des clubs qualifiés pour les séries.

REPÊCHAGE (2009-2019)

Les Predators sont réputés pour leur efficacité en la matière. Jeff Kealty a dirigé les opérations de 2008 à 2018, avant d’être promu adjoint a directeur général. Tom Nolan est le nouveau patron depuis deux ans, mais il répond encore de Kealty. Le cœur défensif des Predators a été repêché en 2008 et 2009 (Josi, Ellis, Ekholm). Depuis, les résultats sont plus mitigés. L’équipe recruteurs des Predators a été privée de nombreux choix de première ou deuxième ronde et certains solides choix ont été échangés. Les Predators n’ont pas eu de choix de première ronde en 2011, 2012, 2015 et 2018. Ces choix ont été échangés au fil des ans pour Mike Fisher (2011), Paul Gaustad (2012), Cody Franson (2015) et Ryan Hartman (2018). Du joli gaspillage dans la majorité des cas. En 2018, les Predators n’ont pas repêché avant le 111e rang, en quatrième ronde. Leur brillant choix de deuxième ronde en 2016, Samuel Girard, a été échangé à l’Avalanche dans un échange à trois pour obtenir Kyle Turris. Poile a aussi cédé un choix de deuxième ronde dans la transaction. Girard est désormais le défenseur le plus utilisé au Colorado. Turris est un désastre. Un autre bon choix de l’équipe, Kevin Fiala, 11e au total en 2014, est passé au Wild pour Mikael Granlund. La plupart des observateurs donnaient l’avantage à Poile au moment de l’échange. Fiala, 23 ans, avait 54 points en 64 matchs cette saison, Granlund, 28 ans, 30 points en 63 rencontres. Un autre premier choix échangé, Seth Jones, quatrième au total en 2013, a permis à l’équipe d’obtenir un centre numéro un, Ryan Johansen, mais Jones est devenu l’un des meilleurs défenseurs de la Ligue. Johansen n’a jamais atteint la marque des 65 points en quatre saisons à Nashville et il comptait seulement 36 points cette année. À moyen et long terme, les Predators pourraient souffrir de ces choix au repêchage et de ces espoirs échangés.

Meilleur coup

Viktor Arvidsson, ailier, quatrième ronde, 112e au total en 2014.

Les Predators ont repêché Arvidsson même s’il avait 21 ans, un fait singulier. Il a marqué 31, 29 et 34 (en seulement 54 matchs, 48 sur une saison complète) buts lors des trois saisons précédentes.

Pire coup

Auston Watson, attaquant, première ronde, 18e au total en 2010.

Watson est toujours avec les Predators, mais dans un rôle de soutien. Il a été préféré à Kevin Hayes, Evgeny Kuznetsov, Charlie Coyle et Brock Nelson.

Meilleur espoir

Philip Tomasimo, ailier, première ronde, 24e au total en 2019.

Il vient de connaître une saison de 98 points en 62 matchs dans la Ligue junior de l’Ontario.

ÉCHANGES

David Poile a réussi l’un des plus gros échanges de la décennie à la date limite des échanges en 2013 en obtenant Filip Forsberg, alors âgé de 19 ans, pour un vétéran en fin de parcours, Martin Erat. George McPhee toujours directeur général des Capitals de Washington et il cherchait du renfort en prévision des séries éliminatoires. Forsberg, un choix de première ronde des Caps en 2012, est le meilleur attaquant des Predators depuis son arrivée il y a six ans. Il n’a jamais marqué moins de 26 buts. Erat a constitué un flop. L’arrivée de P. K. Subban en retour de son capitaine Shea Weber a aussi permis au club d’atteindre la finale, alors que l’équipe n’avait jamais réussi à franchir le deuxième tour depuis sa naissance.

Sinon, le bilan de Poile n’est pas reluisant depuis dix ans. Son obsession à dénicher des centres de qualité lui a coûté cher : Samuel Girard et un choix de deuxième ronde (Turris), Seth Jones (Johansen), un choix de première ronde en 2012 (Gaustad) et un autre choix de première ronde en 2011 (Fisher).

Meilleur coup

Filip Forsberg pour Martin Erat. Obtenir un jeune marqueur de 30 buts pour un vétéran en fin de carrière constitue un coup de génie.

Pire coup

Samuel Girard et un choix de deuxième ronde en 2018 pour Kyle Turris. Échanger un jeune défenseur numéro un ou deux pour un centre sur la pente descendante constitue une affreuse gaffe.

JOUEURS AUTONOMES

L’expérience de Kyle Turris n’ayant pas fonctionné, David Poile s’est tourné vers le marché des joueurs autonomes l’été dernier et offert 56 M$ pour sept ans au centre Matt Duchene. Poile n’en a pas eu pour son argent puisque Duchene a obtenu seulement 42 points en 66 matchs cette saison, cinq points de moins que Phillip Danault, du Canadien, pourtant d’abord réputé pour son jeu en défense. Duchene avait 8 points à ses 19 derniers matchs au moment de l’interruption de la saison. Son autre grosse dépense remonte à 2017, Nick Bonino, un autre centre, payé 16 M$ pour quatre ans. Bonino a déçu lui aussi. Il n’a jamais connu de saison de plus de 35 points en trois ans à Nashville.

Meilleur coup

Mike Ribeiro, un an, un peu plus d’un million en juillet 2014. Ribeiro a obtenu 62 points cette année-là et signé une prolongation de contrat de deux ans. Il a connu une autre bonne saison, avant de voir sa carrière écourtée par des problèmes de consommation.

Pire coup

Matt Duchene a encore le temps de se reprendre, mais à première vue, ce contrat de 56 M$ pour sept ans, huit millions annuellement, pourrait hanter Poile.

Dix saisons (sept rondes remportées, deux exclusions)

2010-2011 : 44-27-11, 5e Ouest, deuxième ronde.

2011-2012 : 48-26-8, 4e Ouest, deuxième ronde.

2012-2013 : 16-23-9, 14e Ouest, OUT.

2013-2014 : 38-32-12, 10e Ouest, OUT.

2014-2015 : 47-25-10, 3e Ouest, première ronde.

2015-2016 : 41-27-14, 7e Ouest, deuxième ronde.

2016-2017 : 41-29-12, 8e Ouest, finale de la Coupe Stanley.

2017-2018 : 53-18-11, 1er Ouest, deuxième ronde.

2018-2019 : 47-29-6, 3e Ouest, première ronde.

2019-2020 : 35-26-8, 8e Est, (sur un pied d’égalité avec Vancouver pour la dernière place donnant accès aux séries).

(Demain : les Devils du New Jersey)

À LIRE

Avez-vous lu notre dossier sur les uniformes les plus laids de l’histoire ? J’ai opté pour les Mighty Ducks d’Anaheim, principalement à cause de leur nom et de leur logo, une stratégie marketing douteuse. Pour la laideur de l’uniforme, les Coyotes de Phoenix de l’époque étaient durs à battre.