C’est pour protéger les jeunes, mais aussi en raison d’une logistique impossible à contourner, que tous les joueurs de hockey mineur au Québec ont vu leur saison être abruptement annulée jeudi soir.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Ainsi en a décidé Hockey Québec, dans une décision qui continue de faire l’objet de critiques depuis. Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les parents qui expriment leur désaccord avec cette fin de saison charcutée depuis jeudi soir.

Mais selon Paul Ménard, directeur général de Hockey Québec, cette décision était la seule décision possible dans les circonstances.

« À partir du moment où vous avez le premier ministre du Québec (François Legault) qui dit à tout le monde qu’il faut annuler les rassemblements de plus de 250 personnes, ça devenait difficile de continuer la saison, a-t-il expliqué en entrevue téléphonique vendredi. Ça devient une question de sécurité, et il faut s’assurer de pouvoir protéger nos jeunes du virus (COVID-19). »

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Le directeur général de Hockey Québec, Paul Ménard.

Aussi, il aurait été impossible de disputer les matchs des séries de hockey mineur à huis clos, selon Paul Ménard.

« En tout, les championnats de hockey mineur au Québec, c’est présenté dans cinq régions différentes de la province, a-t-il fait remarquer. Alors on a beaucoup de parents qui doivent partir de loin pour aller conduire leur jeune à l’aréna. Rendu là, on fait quoi ? On leur demande de ne pas entrer à l’intérieur et d’attendre dehors dans le stationnement ? Du moment où on a su qu’il fallait restreindre les événements à 250 personnes, ça devenait impossible. »

Paul Ménard l’admet ouvertement : cette décision de Hockey Québec n’a pas été accueillie dans la joie, et depuis jeudi soir, plusieurs parents de jeunes hockeyeurs l’ont fait savoir à l’organisme.

« Je dirais que c’est environ 50-50 ; il y a des parents qui comprennent le risque qui est lié à la sécurité des jeunes, et il y en a d’autres qui nous disent qu’on enlève à leur enfant la chance de pouvoir gagner un championnat… mais après les recommandations du premier ministre, c’était la chose à faire, et toutes les associations de hockey mineur dans le reste du Canadien ont également choisi d’annuler leur saison.

« On se fait dire aussi qu’il aurait été préférable de ne pas annuler, de se contenter de reporter la saison, mais il faut savoir qu’à travers la province, la plupart des arénas sont déjà fermés à la mi-avril. On a regardé les différents scénarios et on a bien réalisé que ça n’allait pas être possible de reprendre la saison plus tard. »

Selon Paul Ménard, la situation actuelle ne devrait avoir aucun impact sur la prochaine saison de hockey.

« On a environ 92 000 joueurs de hockey mineur au Québec, ça fait beaucoup, mais il y a aussi des équipes qui ne jouaient déjà plus ou qui allaient être éliminées en fin de semaine… Ce qui se passe présentement, c’est une situation sans précédent, c’est du jamais vu. Le virus est virulent, pourquoi devrait-on exposer nos jeunes ? On a pris la bonne décision, et toutes les autres fédérations de hockey ont fait la même chose. On va finir par revenir à la normale, et quand on va le faire, je pense que nos jeunes joueurs vont avoir hâte de revenir au jeu. »