(Sunrise) Roberto Luongo a été et demeurera longtemps le #1 dans le cœur des partisans des Panthers de la Floride. Et l’organisation a fait en sorte que cela ne change jamais.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Voilà que le dossard du gardien québécois flotte fièrement dans les hauteurs du BB&T Center, domicile des Panthers. Il s’agit du premier joueur de la jeune histoire de cette équipe à recevoir un tel honneur.

Les yeux dans l’eau, les quatre membres de la petite famille Luongo ont regardé la bannière monter vers le plafond de l’enceinte. Roberto, sa femme Gina ainsi que leurs enfants Gianni et Gabriella n’ont pas tenté de retenir leurs émotions pendant ce moment que peu de joueurs ont la chance de vivre.

PHOTO WILFREDO LEE, ASSOCIATED PRESS

Dans une cérémonie d’environ une heure, l’organisation a retracé les exploits de la carrière de Luongo, alors que la foule répondait régulièrement par le « Luuuu! » devenu caractéristique après un arrêt spectaculaire du gardien.

Son ancien entraîneur Rob Tallas et son ex-adjoint devenu ami Jamie McLellan ont prononcé des allocutions humoristiques, vantant notamment l’amour des cartes de Luongo. Les Panthers lui ont d’ailleurs offert une table de blackjack aux couleurs de l’équipe.

Le propriétaire de la franchise, Vinny Viola, a pour sa part souligné le « leadership » de Luongo à la suite de la tuerie de Parkland, en 2018. Le gardien de but avait alors pris la parole publiquement, avant un match, sur les enjeux de la sécurité dans les écoles et du contrôle des armes à feu.

PHOTO STEVE MITCHELL, USA TODAY SPORTS

« En plus du calme et de la sagesse que tu as démontrés, tu as inspiré la confiance en Floride et partout au pays, a dit M. Viola. Tes mots étaient clairs, ils venaient du cœur. »

L’émotion a encore monté d’un cran lorsque le roi de la soirée a prononcé un discours, déclamé sans notes. Il a remercié sa grand-mère, qui le gardait chaque jour et qui descendait jouer au hockey avec lui dans le sous-sol. Il a également rendu hommage à ses parents et aux sacrifices qu’ils ont faits, alors que leurs trois garçons jouaient au hockey.

« Ma mère me disait : pourquoi tu ne deviens pas comptable, tu es bon en maths… Mais je n’ai jamais voulu rien faire d’autre. Si je n’avais pas joué au hockey, peut-être bien que je vivrais encore chez elle! », a raconté l’ancien gardien.

Il a également salué ses deux frères, avec qui il « ruinait » les murs du sous-sol familial en y jouant au hockey avec eux. Ils sont plus tard devenus ses confidents pendant sa carrière professionnelle.

Il multiplié les mercis pour ses agents, ses ex-coéquipiers, ses entraîneurs.

Mais sa voix a brisé lorsqu’il a exprimé tout son amour à ses enfants et à sa femme.

« Je sais que ça n’a pas toujours été facile, avec les longs voyages sur la route, mais il n’y a personne d’autre avec qui j’aurais voulu vivre ça. Tu es toute ma vie et je vais t’aimer pour toujours », a-t-il dit en regardant sa conjointe Gina.

Son ultime hommage a été réservé aux partisans, devenus ses concitoyens, alors qu’il a fait de la Floride sa maison.

« Ç’a été incroyable, ce l’est encore, a dit le jubilaire. Vous avez été derrière moi dès le premier jour. Ç’a été un honneur. »

Longévité

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE

Roberto Luongo fait un arrêt in extremis lors d'un match contre le Canadien en septembre 2018.

Un peu plus tôt, devant les journalistes, Luongo avait souligné devant les journalistes à quel point il était fier de sa « longévité » dans la LNH, où il a joué plus de 1000 matchs et signé presque 500 victoires.

« J’ai été capable de jouer à un haut niveau pendant plusieurs saisons, a-t-il dit. Ce n’est pas facile, parce que la position de gardien de but évolue. Si tu regardes mon style, j’ai continué d’évoluer avec la game. Je ne suis pas resté dans mes habitudes. J’ai continué à m’améliorer, à apprendre de nouvelles techniques pour rester sommet de ma forme. »

Et les chiffres lui donnent raison. Le Québécois avait 37 ans, au printemps 2016, lorsqu’il a conclu une 9e saison de plus 60 matchs. Il avait alors signé 35 victoires.

C’est d’ailleurs la seule campagne qui s’est conclue pour lui chez les Panthers avec un accès aux séries éliminatoires.

Même si le rêve n’a duré qu’une ronde, il s’agit tout de même d’un élément marquant à ses yeux dans l’uniforme des félins.

Participer aux séries, « c’est une des raisons pour lesquelles je suis revenu », a-t-il dit, en référence à son retour de Vancouver en 2014. Il avait été échangé aux Canucks en 2006 après cinq saisons en Floride.

« J’étais déçu d’être parti sans avoir eu la chance de faire les séries comme membre des Panthers », a-t-il ajouté.

Aujourd’hui conseiller spécial au directeur général Dale Tallon, il se surprend encore de voir des chandails portant son nom dans la foule, les soirs de match à domicile.

Cela lui rappelle à quel point les partisans des Panthers l’ont gardé dans leur cœur, et c’est pourquoi il a tenu à leur exprimer toute sa gratitude.

Sa carrière sur la glace est peut-être terminée, mais son aventure avec les Panthers et leur communauté, elle, est loin de l’être et ne le sera sans doute jamais, a-t-il insisté.

« Un chapitre se termine, un autre se commence. »